Un premier dépoussiérage pour lancer la réhabilitation intérieure de Notre-Dame
La réhabilitation intérieure de Notre-Dame était une opération délicate. Après l’incendie, il était impossible de connaître l’état précis des voûtes de la nef, du chœur et du transept. Personne n’était autorisé à marcher ou à travailler en dessous. Avant tout début de travaux, des techniciens en accès par corde sécurisent les voûtes en appliquant une couche temporaire de plâtre et de fils métalliques depuis le haut. Cela empêche provisoirement les pierres de se détacher et de tomber dans la cathédrale. Un échafaudage intérieur peut ensuite être installé depuis le sol de la cathédrale, offrant un accès à toutes les parties hautes du monument. Un échafaudage extérieur sert à soutenir les poutres en bois qui soulagent la pression des arcs-boutants sur les voûtes (voir « Reconstruction de Notre-Dame après l’incendie, pour les siècles à venir »).
Vous trouverez plus d’informations détaillées sur notre site :
- Notre-Dame en feu – Que s’est-il passé ? Quelles conséquences ?
- Sécurisation de Notre-Dame après l’incendie de 2019
- Reconstruction de Notre-Dame après l’incendie, pour les siècles à venir
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Les 4 étapes de la rénovation de Notre-Dame
Pour en savoir plus sur les 3 étapes qui ont précédé cette phase de réhabilitation, cliquez sur les liens suivants :
- Notre-Dame en feu – Que s’est-il passé ? Quelles conséquences ?
- Sécurisation de Notre-Dame après l’incendie de 2019
- Reconstruction de Notre-Dame après l’incendie, pour les siècles à venir

Préparer la réhabilitation de l’intérieur de Notre-Dame
Échafaudage de reconstruction de la cathédrale
L’échafaudage est composé de milliers de tubes métalliques, dont la complexité technique permet de répartir harmonieusement le poids des charges qu’il devra supporter. Chaque demi-cintre en bois installé sous les voûtes pèse entre 1 et 6 tonnes. Plus de 1 200 tonnes d’échafaudage sont ainsi installées au sol de la cathédrale, s’élevant jusqu’à 27 mètres de hauteur ! À cette hauteur, l’échafaudage est recouvert d’un plancher hermétiquement clos, permettant aux architectes d’inspecter de près l’état des voûtes et aux charpentiers d’installer les suspentes sous voûtes qui les consolideront. La cathédrale de pierre est désormais soutenue par une véritable cathédrale de fer.

Dégâts à l’intérieur du bâtiment
L’intérieur de la cathédrale a subi indirectement les conséquences de l’incendie, et surtout l’effondrement d’une partie des voûtes de la nef et du transept. Par les brèches ouvertes dans les voûtes effondrées, des poussières de plomb issues de la combustion de la charpente et du revêtement en plomb du bâtiment se sont infiltrées et doivent être nettoyées. Dans le même temps, les murs et la décoration intérieure de Notre-Dame de Paris, souillés par les siècles, font l’objet d’une restauration. Une véritable renaissance, telle que la cathédrale n’en avait plus connu depuis ses origines.
Pour soulager cette pression, les architectes ont décidé de délester les arcs-boutants de leur propre poids en y plaçant des structures lourdes en dessous. Celles-ci devaient rester en place jusqu’à la reconstruction des voûtes et de la charpente de la cathédrale.

Début 2022, l’intérieur de Notre-Dame a subi sa première opération de dépoussiérage. Des milliers de mètres carrés ont été aspirés à l’aide d’aspirateurs THE (Très Haute Efficacité), équipés de filtres retenant les particules de plomb. Cette opération a été rendue possible grâce à la présence d’échafaudages dans toute la cathédrale, y compris dans les parties hautes, installés pour sécuriser les voûtes et permettre leur restauration.
Restauration des murs intérieurs, peintures et statues
La réhabilitation des intérieurs et des vitraux de Notre-Dame de Paris, menée entre 2023 et 2024, a constitué une étape essentielle de la restauration de la cathédrale après l’incendie de 2019. Cette phase a exigé des efforts méticuleux et des techniques spécialisées pour respecter l’esthétique et le patrimoine historique originels du monument. Elle a également intégré des innovations pour garantir la durabilité et la sécurité des œuvres d’art et des vitraux.
- Peintures et mobilier
Les œuvres d’art et le mobilier intérieur ont été restaurés ou reproduits pour redonner à la cathédrale son apparence d’avant l’incendie. - Nouveaux équipements de sécurité
Des dispositifs de protection et des systèmes d’alarme incendie ont été installés pour prévenir de futurs accidents.
Nettoyage approfondi des pierres et des murs
Les murs en pierre ont été nettoyés en profondeur à l’aide de techniques douces comme le laser et la micro-abrasion, afin d’éliminer la suie et les résidus sans endommager la structure d’origine. Ce nettoyage a permis de révéler les couleurs et textures originales de la pierre, restaurant ainsi la splendeur intérieure de la cathédrale.
Pour éliminer définitivement les poussières, les tailleurs de pierre ont appliqué un latex vaporisé sur les parements des élévations intérieures ainsi que sur les décors sculptés non peints de la cathédrale en pierre. Le latex durcit jusqu’à former une couche sur les murs qui capte les particules volatiles. Sur les parties sculptées, comme les chapiteaux et les nervures, l’application est réalisée avec une précision chirurgicale par des restaurateurs de sculptures.
Quelques jours plus tard, le latex est retiré comme une seconde peau, emportant avec lui la poussière. Après un dernier essuyage à l’éponge humide, les murs retrouvent leur état d’origine et retrouvent toute la clarté de la pierre blonde, disparue sous des décennies d’encrassement accumulé.
Parallèlement, certains manques dans les décors sculptés doivent être comblés, comme sur la frise située sous la rosace nord de la cathédrale.
Le nettoyage des peintures murales s’inscrit aussi dans la réhabilitation intérieure de Notre-Dame
Contrairement aux parements de la nef et du déambulatoire, ou encore aux chapelles de la nef, les chapelles qui bordent le chœur ont été entièrement peintes lors de la restauration menée par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Il en va de même pour l’enclos du chœur, vaste paroi ornée de bas-reliefs historiés du XIVe siècle représentant la vie du Christ. Ceux-ci sont restaurés les uns après les autres, selon un protocole établi lors de la phase de sécurisation.
Une fois les échafaudages installés sur 4 niveaux, les restaurateurs ont commencé par refixer le support sur lequel repose la peinture, afin d’enrayer sa dégradation. À l’aide d’une préparation chimique sélectionnée lors des tests du chantier, ils ont nettoyé la surface peinte pour éliminer les salissures accumulées. Enfin, ils ont réintégré les pigments manquants, en veillant à choisir des produits réversibles pour distinguer les parties originales des parties restaurées.
Entamée juste avant l’été 2022, la restauration des chapelles Sainte Marie-Madeleine, au sud, ainsi que celles de Saint Marcel et Saint Germain, au nord, touche à sa fin. Leur lisibilité a été rétablie, révélant l’éclat de leurs teintes d’origine.
Les chapelles de Saint Louis, de Saint Marcel et de Saint Jean l’Évangéliste/Sainte Agnès suivent l’opération de nettoyage, laissant peu à peu apparaître des décors jusqu’alors entièrement masqués par les saletés accumulées au fil des années. Les autres chapelles, comme la chapelle axiale ou celle de Saint Georges, ont été équipées sans délai d’échafaudages pour permettre aux restaurateurs de peintures murales d’intervenir sur leurs décors.
Enfin, les travaux de restauration ont commencé sur l’enclos du chœur, tant sur le côté nord que sur le côté sud.
Réhabilitation intérieure de Notre-Dame : le nettoyage des statues en pierre

Chacune des sculptures en pierre et en marbre restées à l’intérieur de la cathédrale lors de l’incendie fait l’objet d’un nettoyage par des restaurateurs spécialisés.
Quatre mausolées du chœur ont été entièrement nettoyés par les sculpteurs-restaurateurs à partir de l’automne 2022 :
- Le mausolée de Jean Juvénal des Ursins et de son épouse Michelle de Vitry, dans la chapelle Saint-Guillaume ;
- Le mausolée du cardinal Jean-Baptiste de Belloy, dans la chapelle Saint-Marcel ;
- Le mausolée de Monseigneur Dominique Auguste Sibour, dans la chapelle Sainte Marie-Madeleine ;
- Le mausolée de Monseigneur Hyacinthe-Louis de Quélen, dans la chapelle Saint Marcel.
- Les sculpteurs-restaurateurs sont ensuite passés au mausolée d’Albert de Gondi, dans la chapelle axiale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Les sculptures de la nef ont été traitées en 2023.
Réhabilitation intérieure de Notre-Dame : la restauration des grilles
L’une des caractéristiques architecturales distinctives de Notre-Dame de Paris est la présence de tribunes autour de la nef centrale. Celles-ci sont caractéristiques du style gothique primitif du XIIe siècle.
Au XIXe siècle, elles ont été équipées de garde-corps métalliques néo-gothiques, conçus d’après les dessins de Viollet-le-Duc.
Démontés et transportés dans l’atelier, ces garde-corps sont restaurés et re-dorés en 2022, avant d’être replacés à leur emplacement d’origine.
En décembre 2022, le nettoyage de l’intérieur du bras sud du transept sud a été achevé. Ses échafaudages ont été démontés, révélant l’état final que prendra l’ensemble du monument à sa réouverture en 2024 : grâce au travail de nombreux artisans utilisant une grande variété de techniques, Notre-Dame de Paris sera plus belle qu’elle ne l’a été depuis des siècles.
Restauration des sculptures et des œuvres d’art

Les sculptures, les fresques et les éléments décoratifs ont été restaurés par des équipes de conservateurs et de restaurateurs spécialisés. Certaines pièces, fragilisées par l’incendie, ont nécessité un renforcement minutieux et des retouches pour assurer leur préservation à long terme.
Traitement des sols et des aménagements intérieurs
Les sols en pierre et les chapelles latérales ont été rénovés, et les aménagements endommagés ont été soit restaurés, soit remplacés par des répliques fidèles.
Une restauration intérieure de Notre-Dame complexe et exigeante : la restauration des vitraux
Les rosaces et les vitraux, dont certains remontent au XIIIe siècle, ont été méticuleusement restaurés, notamment les célèbres rosaces.
Nettoyage et consolidation
Les vitraux de la cathédrale, bien que partiellement épargnés par l’incendie, avaient accumulé des résidus de plomb toxiques et des dépôts de suie. Les maîtres verriers ont effectué un nettoyage très délicat, utilisant des solvants doux pour préserver les couleurs et les formes originales du verre.
Remplacement des éléments endommagés
Certaines parties des vitraux ont dû être reconstruites à partir de modèles originaux, en respectant scrupuleusement les techniques de l’époque. Des pièces de verre soufflé à la bouche ont été fabriquées et intégrées par des artisans spécialisés pour remplacer les éléments endommagés.
Systèmes de protection modernes
Pour protéger les vitraux des intempéries et des variations thermiques, des systèmes de protection modernes et discrets ont été installés à l’extérieur. Cela permet de préserver les vitraux sans altérer l’apparence esthétique de la cathédrale.
Un éclairage et une acoustique améliorés également prévus dans la restauration intérieure de Notre-Dame
Installation d’un nouvel éclairage
Un éclairage moderne a été installé pour sublimer l’intérieur de Notre-Dame, mettant en valeur son architecture et ses œuvres d’art, tout en restant discret et respectueux de l’atmosphère spirituelle du lieu.
Nouvelle acoustique
La rénovation a également inclus une optimisation de l’acoustique. Le système sonore a été modernisé pour répondre aux besoins des cérémonies religieuses et des concerts, en tenant compte des exigences acoustiques d’un édifice aussi vaste et réverbérant.
Préservation des nouvelles réalisations et des innovations
Systèmes de sécurité renforcés
De nouveaux systèmes de sécurité incendie et de surveillance ont été intégrés pour protéger les vitraux, les sculptures et les éléments en bois.
Intégration de dispositifs climatiques
Des dispositifs modernes de contrôle de l’humidité et de la température ont été installés pour préserver les œuvres d’art, les peintures et les vitraux, évitant ainsi leur dégradation due aux variations climatiques.
Respect des normes écologiques et patrimoniales
Utilisation de matériaux écoresponsables
Utilisation de matériaux écoresponsables
La restauration des intérieurs et des vitraux a intégré l’utilisation de matériaux écoresponsables, comme des peintures et des produits de conservation respectueux de l’environnement.
Respect des techniques traditionnelles
Les artisans ont employé des méthodes et des matériaux proches de ceux utilisés au Moyen Âge et à l’époque gothique, afin de préserver la cohérence du patrimoine de l’édifice.
Notre-Dame : défis et innovations lors de la phase de réhabilitation intérieure
La phase de réhabilitation a redonné vie à l’intérieur de Notre-Dame et à ses emblématiques vitraux, tout en respectant son patrimoine historique et en s’adaptant aux exigences modernes de conservation.
Le défi du nettoyage et de la préservation des matériaux historiques
Élimination de la suie et des résidus toxiques
La fumée et la chaleur ont laissé des dépôts de suie et de plomb sur les pierres, les sculptures et les vitraux. Nettoyer ces matériaux sans les endommager représentait un défi de taille.
Innovations mises en œuvre
Le nettoyage au laser a été utilisé pour la première fois à une telle échelle sur la cathédrale, tant sur la pierre que sur les œuvres d’art. Cette technique permet un nettoyage précis, éliminant les particules de suie sans altérer la surface, et préservant ainsi l’aspect historique des matériaux.
Réhabilitation intérieure de Notre-Dame et restauration des vitraux grâce à des technologies de pointe

Les défis du nettoyage et de la conservation des anciens vitraux
Les vitraux, en particulier les trois grandes rosaces, ont été endommagés par la chaleur et la fumée. Leur restauration a nécessité une expertise en conservation du verre et des techniques de nettoyage avancées.
Solutions technologiques
Les vitraux ont été démontés et nettoyés dans des ateliers spécialisés, où chaque pièce a été examinée, restaurée ou, si nécessaire, remplacée par du verre d’époque compatible. Des techniques de protection, comme des films anti-UV et anti-intempéries, ont été ajoutées pour prolonger la durabilité des vitraux sans altérer leur transparence.
Intégration de systèmes de sécurité modernes sans altérer l’architecture
Garantir la sécurité tout en préservant l’authenticité du bâtiment
L’incendie de 2019 a souligné l’importance des systèmes modernes de détection et de suppression des incendies. Intégrer ces dispositifs sans déformer l’architecture a représenté un défi particulier.
Innovations et systèmes discrets
Des systèmes d’extinction automatique, des détecteurs de fumée et des capteurs thermiques ont été installés de manière discrète pour préserver l’intégrité visuelle de l’intérieur. Ces dispositifs modernes permettent une détection rapide des risques et une protection contre d’éventuels incidents futurs.
Gestion logistique et coordination des travaux avec des centaines d’artisans et d’experts
Coordonner une équipe internationale
La restauration de Notre-Dame a mobilisé des centaines d’artisans, d’architectes, de charpentiers, de tailleurs de pierre, de verriers et d’ingénieurs du monde entier. La coordination logistique et organisationnelle de ces équipes a constitué un défi majeur.
Technologies de gestion collaborative
Des logiciels avancés de gestion de projet ont été utilisés pour suivre l’avancement des travaux, assurer la communication entre les équipes et anticiper les obstacles. Ces outils numériques ont permis de respecter les délais ambitieux de restauration.
Réhabilitation intérieure de Notre-Dame : sensibilisation et implication du public
Engagement et financement public
La restauration de Notre-Dame a suscité un engagement du public et un financement mondial, mobilisant des dons et des contributions de pays et d’institutions du monde entier. Ce soutien a permis de financer les étapes cruciales de la restauration.
Innovation en matière de communication
Des dispositifs et applications numériques ont été développés pour montrer au public l’avancement des travaux. Des visites et expositions virtuelles ont sensibilisé l’opinion à l’importance du patrimoine, créant un lien étroit entre la restauration et les donateurs.
La restauration de Notre-Dame de Paris témoigne de la capacité humaine à préserver et transmettre un patrimoine, alliant techniques traditionnelles et innovations modernes pour sauver un édifice emblématique. Lorsque la cathédrale rouvrira ses portes, elle portera les marques de cette collaboration unique entre patrimoine historique et technologie de pointe, prête à défier le temps et les générations futures.