L’incendie de Notre-Dame en fin d’après-midi du 15 avril 2019 a choqué le monde entier. Le feu s’est déclaré vers 18h20. La flèche centrale, ajoutée au XIXe siècle par l’architecte Viollet-le-Duc, s’est effondrée dans la nef à 20h, en direct sur la plupart des journaux télévisés. Les Français étaient sous le choc. Et le reste du monde l’a appris durant la nuit et le lendemain.
Plus d’informations détaillées sont disponibles sur notre site :
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La situation avant l’incendie – Une sécurité incendie perfectible
La cathédrale Notre-Dame de Paris, construite entre les XIIe, XIIIe et XIVe siècles sur l’Île de la Cité, au cœur de Paris, avait été restaurée au XIXe siècle. Consultez notre article « Notre-Dame-de-Paris ». Jusqu’à présent, elle n’avait jamais été touchée par un incendie, bien que les feux d’églises fussent fréquents avant l’invention des paratonnerres au XVIIIe siècle.

La négligence et l’irresponsabilité administratives sont également en cause. En 2016, Paolo Vannucci, professeur de génie mécanique à l’Université de Versailles, a mené pour le CNRS une étude sur les risques d’incendie à Notre-Dame-de-Paris, notamment en cas d’attentat terroriste. Son rapport, qui soulignait l’absence quasi totale de systèmes de protection incendie sur la toiture, a été classé « Confidentiel-Défense » par le gouvernement de Manuel Valls, au motif qu’il contenait des informations susceptibles d’inspirer des incendiaires. Malgré les échanges entre les auteurs de l’étude et le CNRS, le rapport n’a pas été exploité. Saisi par ailleurs, le Conseil de Paris a indiqué que Notre-Dame-de-Paris ne relevait pas de sa compétence.
Depuis plusieurs mois, une partie du monument était en travaux de restauration, notamment pour nettoyer l’extérieur de la flèche et un ensemble de sculptures métalliques, oxydées et noircies par la pollution. Pour permettre ces travaux, une imposante structure d’échafaudage extérieur était en cours d’installation, ainsi que des plateformes et autres aménagements dans les combles de la flèche. L’échafaudage extérieur était desservi par deux ascenseurs situés à 45 et 65 mètres de la flèche.
15 avril 2019 : Notre-Dame-de-Paris en flammes !
L’incendie s’est déclaré le lundi 15 avril 2019, vers 18 h 20. Il a pris naissance dans la charpente à la base de la flèche, conçue par l’architecte Viollet-le-Duc et composée de 500 tonnes de bois et 250 tonnes de plomb. Haute de 93 mètres, la flèche se situe au niveau de la croisée du transept. Selon les pompiers, les flammes ont démarré dans l’échafaudage installé sur la toiture et se sont propagées extrêmement rapidement, gagnant l’ensemble de la toiture et détruisant la charpente. Il s’agissait de la plus ancienne structure de toiture de Paris, pour les parties de la nef et du transept. Elle était composée de 1 300 chênes, représentant 21 hectares de forêt.
Mesures de sécurité : incidents en début d’incendie
Selon les informations du procureur de la République de Paris Rémy Heitz, la première alarme incendie s’est déclenchée à 18 h 18, cinq minutes après le début de la messe célébrée par le chanoine Jean-Pierre Caveau. Elle a été suivie d’un premier doute, signalé comme négatif après vérification.
Cette première alerte a été déclenchée par l’activation automatique d’un des détecteurs de fumée de la cathédrale. Un agent de sécurité s’est alors rendu dans les combles du bâtiment, mais n’a remarqué aucun incendie ni incident, ce qui pourrait laisser supposer une erreur humaine lors de l’alarme. Selon le New York Times, une mauvaise interprétation des messages d’alerte ou un dysfonctionnement dans la communication aurait pu amener l’agent à se rendre dans les combles de la sacristie plutôt que dans la nef.
Entre-temps, l’alarme incendie s’est déclenchée dans la cathédrale, ponctuée de messages en français et en anglais invitant tous les visiteurs et fidèles présents à rester calmes et à évacuer rapidement. Pensant à une fausse alerte ou à un dysfonctionnement du système de sécurité incendie (SSI), les personnes présentes sont restées quelques minutes avant d’évacuer la cathédrale par le portail central, tandis que le personnel quittait les lieux par la sacristie.
Un peu plus tard, à 18 h 50, une seconde alarme s’est déclenchée, cette fois-ci provoquée par l’activation d’un déclencheur manuel dans la cathédrale. Une nouvelle évacuation a été ordonnée, suivie d’une seconde vérification confirmant que l’incendie avait pris dans la charpente.

Notre-Dame en feu : l’intervention des pompiers
Le centre de secours le plus proche (Poissy) a été alerté à 18 h 51. Le premier véhicule de secours est arrivé sur place à 18 h 58, tandis qu’une trentaine d’autres véhicules étaient mobilisés simultanément. Les pompiers ont ensuite gravi les escaliers de la cathédrale à pied pour atteindre la charpente, où ils ont installé leurs lances à incendie à l’intérieur et sur les corniches, dans l’espoir de limiter la propagation des flammes. La cathédrale n’est pas équipée de « colonnes sèches », ce qui aurait grandement facilité leur intervention initiale.
Propagation de l’incendie : la flèche du XIXe siècle réduite en cendres
Peu après la seconde alarme incendie, à 18 h 50, une épaisse fumée et des flammes ont commencé à se propager depuis les zones de travaux dans la charpente. Les premiers pompiers sont arrivés sur les lieux à 18 h 58. De nombreux témoins ont assisté à la scène depuis les abords de la cathédrale.

À 19h50, la flèche de la cathédrale (500 tonnes de chêne et 250 tonnes de plaques de plomb) s’est effondrée sous les yeux des passants et des médias. L’incendie a progressivement diminué d’intensité, malgré quelques reprises soudaines qui ont soudainement doublé la hauteur des flammes, libérant un épais panache de fumée jaune visible à plusieurs kilomètres à l’extérieur de Paris. Peu après 21h, le feu a repris de la vigueur et a atteint la tour nord de la cathédrale.
Quatre cents pompiers et dix-huit lances à incendie ont été mobilisés. Vers 22h50, le général Jean-Claude Gallet, commandant du bataillon des sapeurs-pompiers de Paris, a annoncé que les tours avaient été sauvées, les pompiers ayant réussi à empêcher la propagation du feu vers la tour nord. Le lendemain à 9h50, il a confirmé que l’incendie était totalement éteint. Au total, le sinistre a duré quinze heures.
Plusieurs hypothèses sur les causes de l’incendie de Notre-Dame
L’incendie de Notre-Dame a donné lieu à une enquête approfondie sur ses origines. Plusieurs causes possibles ont rapidement été identifiées, bien que l’hypothèse criminelle ait été rapidement écartée. Les investigations se sont concentrées sur des défaillances accidentelles, liées aux travaux de rénovation en cours au moment des faits.
Des travaux de rénovation déjà en cours sur la flèche et la toiture de la cathédrale
Au moment de l’incendie, Notre-Dame faisait l’objet de travaux de restauration, principalement sur la flèche et la toiture. Ces travaux, lancés en 2018, visaient à consolider les éléments vieillissants de la cathédrale et à réparer les dégâts causés par le temps et la pollution. La flèche, en particulier, présentait des signes de faiblesse, ce qui avait conduit à l’installation d’un important échafaudage autour d’elle.
Les travaux concernaient également la charpente, surnommée « la forêt » en raison du grand nombre de poutres en chêne qu’elle contenait. Cette charpente datait du Moyen Âge et constituait l’une des parties les plus anciennes de la cathédrale. Or, c’est précisément dans cette zone que le feu a pris, orientant les enquêteurs vers une possible cause liée aux travaux de rénovation.
Court-circuit ou dysfonctionnement électrique
Parmi les premières hypothèses, l’une des causes possibles de l’incendie pourrait être un dysfonctionnement électrique. Des installations temporaires, comme des ascenseurs de chantier, avaient été mises en place pour faciliter les travaux autour de la flèche, et un court-circuit aurait pu déclencher le sinistre. Cependant, cette piste, bien que envisagée, n’a jamais été confirmée avec certitude.
Le 23 avril 2019, le magazine Marianne publiait en ligne des informations révélées le même jour par Le Canard enchaîné : les cloches installées en 2007 et 2012 au-dessus du chœur et dans la flèche avaient été électrifiées, « en totale contradiction avec toutes les règles applicables à ces bâtiments anciens ». Elles avaient sonné pour la dernière fois le 15 avril, à 18 heures, quelques minutes avant l’incendie.
Pourtant, un expert du secteur de la construction affirmait : « L’incendie ne pouvait pas démarrer à partir d’un court-circuit, d’un simple incident ponctuel. Il faut une réelle charge thermique pour déclencher un feu de cette ampleur. Le chêne est un bois particulièrement résistant. » Des artisans familiers de la cathédrale arrivaient à la même conclusion : « Le bois était dur comme de la pierre, vieux de plusieurs siècles. »
Une cigarette mal éteinte, un protocole de sécurité discutable
Une autre hypothèse étudiée par les enquêteurs était qu’un des ouvriers du chantier aurait mal éteint une cigarette. Bien que cette piste ait été évoquée, les entreprises en charge des travaux avaient indiqué que leurs employés avaient reçu pour consigne stricte de ne pas fumer sur le site.
Malgré de nombreuses hypothèses, l’enquête sur la cause exacte de l’incendie n’a pas encore abouti à une conclusion définitive. Il est cependant admis que l’incendie a été accidentel et s’est propagé rapidement en raison des matériaux anciens et inflammables présents dans la structure. L’enquête, confiée au parquet de Paris, est toujours en cours en 2024. Les ouvriers ayant participé à la restauration ont été entendus, mais aucun n’a été tenu pour responsable.
Les moyens déployés pour combattre l’incendie de Notre-Dame

L’incendie a généré une puissance maximale estimée à 2 500 MW. Ces estimations s’appuient sur des valeurs de combustion du chêne de 17,5 MJ/kg, avec une charpente de 1 000 tonnes consumée à moitié en une heure, soit un total de 1 800 MW. À titre de comparaison, les feux d’appartements bien connus dépassent rarement 2 à 5 MW, et les bases de calcul pour les tunnels routiers sont de 30 MW pour un camion-citerne et de 200 MW pour un réservoir d’essence. Pour évacuer cette énergie, un tuyau d’incendie standard de 500 L/min peut théoriquement absorber 20 MW (en chauffant et vaporisant toute l’eau). Il aurait donc fallu 120 tuyaux parfaitement efficaces pour maîtriser le feu. Les pompiers n’ont pu en déployer que 18.

À l’intérieur de la nef, les pompiers ont utilisé un robot lanceur d’eau (le Colosse de Shark Robotics), un engin de cinq cents kilogrammes capable de transporter deux cents mètres de tuyau et de déverser trois mille litres d’eau par minute. Le feu a été combattu depuis l’intérieur des tours, et non de l’extérieur. Cette technique française évite de repousser les gaz chauds vers la tour et limite l’élévation de la température. L’absence de colonne sèche dans l’édifice a réduit l’efficacité de l’intervention des pompiers dès le départ. Seule la rosace nord sera refroidie de l’extérieur à l’aide d’une grande échelle.
Des drones aériens sont utilisés par la police pour survoler la cathédrale et repérer les départs de feu. Un schéma opérationnel est également établi pour identifier les différents foyers et les meilleures méthodes pour les maîtriser, ainsi que la stratégie à adopter.
Des critiques ont été émises quant à l’absence d’utilisation d’avions Canadair, comme pour les feux de forêt. Cette solution a été écartée dès le départ, par crainte de fragiliser les murs porteurs sous le poids de l’eau. De plus, les Canadair sont basés dans le sud de la France, à Nîmes, et leur arrivée à Paris aurait pris plusieurs heures.
Le 16 avril, vers 4 heures du matin, le lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, a annoncé que le feu était maîtrisé et partiellement éteint. À 9 heures, l’incendie était totalement éteint.
Le scénario de propagation de l’incendie dans Notre-Dame
Une fois déclenché, l’incendie s’est propagé rapidement à travers la charpente, véritable labyrinthe de poutres en chêne. Cette structure vieille de huit cents ans a servi d’excellent combustible, permettant aux flammes de se propager à une vitesse fulgurante. En quelques minutes seulement, le feu a englouti une grande partie de la toiture.
L’effondrement de la flèche de Notre-Dame en direct à la télévision
L’un des moments les plus marquants de l’incendie, capté en direct par de nombreux médias, fut l’effondrement de la flèche de la cathédrale. Conçue par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc lors de la restauration du XIXe siècle, la flèche était un élément emblématique du paysage de Notre-Dame. Haute de 93 mètres, elle s’est effondrée après avoir été consumée par les flammes, provoquant une onde de choc dans le monde entier. L’effondrement de la flèche a marqué un tournant dans l’évolution de l’incendie, car il a permis aux flammes d’envahir l’intérieur de la cathédrale, menaçant le reste de l’édifice.
L’intervention des pompiers en l’absence de « colonne sèche »
Le service de secours de Paris a joué un rôle crucial pour éviter que l’incendie ne se transforme en une catastrophe encore plus grave. Rapidement sur place, les pompiers ont dû faire face à des conditions extrêmement difficiles, avec des flammes atteignant des températures très élevées et un feu se propageant rapidement vers le haut. Leur priorité était de sauver les deux tours emblématiques de la façade ouest, ainsi que les trésors artistiques et religieux à l’intérieur de la cathédrale.
Grâce à leur intervention, les deux tours, qui supportent les cloches monumentales de Notre-Dame, ont été préservées, tout comme la façade principale et de nombreuses œuvres d’art. Cependant, l’incendie a duré plusieurs heures, et ce n’est qu’en fin de nuit que le feu a été totalement maîtrisé.
Aucun mort lors de l’incendie
L’incendie n’a fait aucune victime civile. En revanche, un pompier blessé a été hospitalisé. D’autres victimes concernaient les premiers pompiers du Bataillon de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) arrivés sur les lieux dès le début du sinistre. Il s’agissait de cas médicaux liés à l’inhalation de gaz et de fumée. Au total, moins de dix personnes ont été prises en charge par les secours.
Dégâts subis par l’édifice de Notre-Dame
La flèche de la cathédrale s’est effondrée lors de l’incendie à 19h50. Elle était composée d’une charpente de 500 tonnes, recouverte de 250 tonnes de plomb en feuilles (oxydé en surface). Sous l’effet de la chaleur, le plomb a fondu et s’est en partie vaporisé (passage à l’état gazeux) à une température d’ébullition de 1 749 °C.

Les deux tiers de la toiture, dont la charpente en chêne, étaient alors enflammés. Cette structure, datant de la construction de la cathédrale au début du XIIIe siècle pour la nef et du XIIe siècle pour le chœur, a été détruite. Une partie de la voûte est également touchée. Selon un ingénieur du CNRS spécialiste de la cathédrale, la résistance de l’édifice aux vents violents et aux tempêtes est désormais fortement compromise.
Les deux tours, la structure architecturale et les vitraux des XIIe et XIIIe siècles, ainsi que les rosaces, ont été préservés. Plusieurs autres vitraux plus récents ont subi d’importants dommages, dont les deux petites rosaces des pignons du transept.
Le pignon nord du transept, fragilisé et instable, a dû être consolidé et sécurisé pour éviter son effondrement à l’intérieur du monument, ce qui aurait pu causer d’autres dégâts.
L’incendie du 15 avril 2019 a causé d’importants dégâts, mais heureusement, la structure générale de Notre-Dame a été sauvée. L’un des foyers les plus touchés fut la toiture de la cathédrale, presque entièrement détruite. La couverture en plomb, qui recouvrait la charpente en bois, a fondu sous l’effet de la chaleur intense. Cette toiture, datant du XIIIe siècle, était l’un des symboles emblématiques de la cathédrale, visible à des kilomètres à la ronde.
La charpente en bois, surnommée « la forêt » en raison de la quantité impressionnante de poutres nécessaires à sa construction, a également été entièrement détruite. Cette structure, l’une des plus anciennes de Notre-Dame, est considérée comme un patrimoine historique irréparable, bien que sa reconstruction soit envisagée.
La Couronne d’épines et d’autres œuvres du trésor de Notre-Dame de Paris ont été sauvées
Parmi les pièces les plus précieuses figurait la Couronne d’épines, un objet de dévotion d’une importance capitale pour les catholiques. Le ministère de la Culture a annoncé que la plupart des trésors de la cathédrale, comme la Sainte Couronne et la chemise de Saint Louis, avaient été sauvés. C’est également le cas pour d’autres reliques et plusieurs œuvres d’art : un fragment de la Vraie Croix et un clou de la Passion, ainsi que l’ensemble des pièces conservées dans la section dite du « trésor », dont la *Visitation* de Jean Jouvenet et la grande *Pietà* de Nicolas Coustou.
La presse internationale salue le rôle décisif joué par l’abbé Jean-Marc Fournier, aumônier des pompiers de Paris, dans le sauvetage du trésor de Notre-Dame.
Cependant, certaines parties de l’intérieur ont été endommagées par les débris et l’eau, et non directement par les flammes, notamment le maître-autel, qui a subi des dégâts lorsque la flèche s’est effondrée à travers la voûte de la nef.

Malgré l’intensité de l’incendie, l’intérieur de Notre-Dame a été relativement épargné grâce à l’intervention des pompiers. De nombreuses œuvres d’art, sculptures et objets liturgiques ont été sauvés ou protégés des flammes et de l’eau utilisée pour éteindre le feu.
Les vitraux, rosaces et autres œuvres peu ou pas endommagés par l’incendie
Les vitraux et les rosaces figuraient parmi les principales préoccupations au moment de l’incendie. Les célèbres rosaces de Notre-Dame, ces immenses fenêtres circulaires du XIIIe siècle situées sur les façades nord, sud et ouest de la cathédrale, ont résisté aux flammes. En revanche, certains vitraux plus récents ont subi des dommages liés à la chaleur et devront être restaurés.
Par chance, les seize statues en cuivre (les douze apôtres et les quatre tétramorphes symbolisant les évangélistes), installées par Viollet-le-Duc à la base de la flèche, avaient été retirées du chantier dès le 11 avril 2019 pour être transférées en Dordogne, à Socra, une entreprise spécialisée dans la restauration d’œuvres d’art.
La statue de la Vierge à l’Enfant du XIVe siècle, dite Notre-Dame de Paris et située au pied du pilier sud-est du transept, n’a été que mouillée par les jets d’eau des pompiers. Les tableaux accrochés dans la cathédrale n’ont pas subi de dommages.
Le grand orgue Cavaillé-Coll de 1868, temporairement rendu inutilisable par la suie et la poussière (il devra être entièrement démonté), a a priori été sauvé par la dalle de pierre reliant les deux tours.
L’orgue de chœur n’a pas non plus brûlé, et les tuyaux n’ont pas fondu, mais il a pris l’eau. Johann Vexo, organiste du chœur de Notre-Dame depuis quinze ans, jouait dans la cathédrale lorsque l’alarme a retenti vers 18h30.
Les dix grosses cloches des deux tours ne semblent pas avoir subi de dommages, bien que les beffrois (structures en bois) qui les soutiennent aient été endommagés par l’incendie, notamment dans la tour nord.
Les dégâts les plus importants sous la flèche
En revanche, les trois petites cloches de la charpente et les trois de la flèche (dont la cloche « du chapitre ») ont été perdues dans l’incendie, tout comme l’ensemble de ce qui se trouvait sous la flèche.

Au sommet de la flèche se trouvait un coq-girouette contenant trois reliques : un morceau de la couronne d’épines, une relique de saint Denis et une autre de sainte Geneviève. Ce coq devait être descendu de la flèche lorsque l’échafaudage aurait atteint son sommet en juin 2019, pour être transféré à Socra en Dordogne en vue d’une restauration. D’abord considéré comme perdu, il a été retrouvé le lendemain de la catastrophe dans la nef, sans avoir subi de graves dommages.
L’autel moderne, représentant les silhouettes stylisées des quatre Évangélistes, commandé à l’artiste Jean Touret par le cardinal Jean-Marie Lustiger en 1989, a été écrasé sous un amas de pierres et de poutres calcinées. L’autel traditionnel de la Pietà (maître-autel) situé au fond du chœur a été épargné, tout comme sa grande croix en bois doré.
À la base de la flèche se trouvait une grande horloge Collin datant de 1867. Elle a été détruite par l’incendie, ne laissant que quelques vestiges parmi les décombres de la flèche. Contrairement au cadran, l’horloge de Notre-Dame n’a jamais été numérisée, et aucun plan ne semble disponible. Cependant, la découverte d’une horloge à l’église de la Sainte-Trinité à Paris, identique en tout point (même modèle, mêmes ateliers, construite la même année), devrait permettre de reconstruire à l’identique celle de Notre-Dame.
L’environnement et la pollution
Une fumée blanche à jaunâtre, très opaque, était visible à des kilomètres à la ronde pendant l’incendie. En plus des 250 tonnes de plomb recouvrant la flèche, 210 tonnes de plomb issues des tuiles du toit se sont répandues sur le reste de l’édifice. Pour éviter tout risque d’intoxication, les habitations voisines ont été évacuées.
Selon Airparif (l’observatoire de la qualité de l’air en Île-de-France), les relevés effectués le 16 avril indiquaient des conditions météorologiques « particulièrement dispersives, avec un vent d’est-sud-est à 3 m/s » (et une couche limite à 1,2 km d’altitude), canalisant le panache de fumée dans le couloir de la Seine, du côté parisien du fleuve, empêchant ainsi la pollution de stagner. « La majeure partie du panache de pollution semble avoir été transportée hors de Paris, les cinq stations de mesure de la qualité de l’air les plus proches de l’incendie n’ayant enregistré aucune augmentation des particules fines, pas plus que les capteurs situés plus loin. »
Les témoins présents sur place au début de l’incendie ont cependant décrit un air irrespirable, ou une forte odeur de brûlé, lorsque les flammes sont devenues visibles sur la toiture. Airparif n’exclut pas une pollution très localisée.
Les trois ruches installées sur le toit de la sacristie en 2013 ont été épargnées, et les 200 000 abeilles qu’elles abritent ont survécu à l’incendie. En revanche, on ignore si les deux faucons pèlerins nichant sur le transept nord de la cathédrale pourront se reproduire avec succès.
Toutefois, le 27 avril, un communiqué préfectoral recommandait de nettoyer les habitations et autres locaux situés à proximité de la cathédrale avec des lingettes humides. Le 18 juillet 2019, l’Agence régionale de santé (ARS) révélait des taux de plomb très élevés (jusqu’à 1 300 000 μg/m², soit 1,3 g/m²) sur le parvis, dans les bandes de sable et les jardins publics environnants, ainsi que dans la cour de l’ensemble scolaire rue Saint-Benoît. À partir du 7 août, la Ville de Paris a lancé une opération de dépollution en utilisant un gel absorbant le plomb, appliqué sur les sols contaminés, puis retiré trois jours après séchage.
Fin juillet 2020, une étude basée sur l’analyse de trente-six échantillons de miel prélevés dans des ruches en juillet (trois mois après l’incendie) révélait que, à l’ouest de Paris (sous le panache de fumée), plus on se rapprochait de l’incendie, plus le miel contenait de plomb : 0,08 microgramme par gramme dans une ruche située à moins de cinq kilomètres à l’ouest de la cathédrale, contre un taux moyen avant l’incendie de 0,009 microgramme de plomb par gramme.
La vie religieuse transférée à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois
Jusqu’en septembre 2019, les messes dominicales et autres cérémonies diocésaines habituellement célébrées à Notre-Dame se tiendront à Saint-Sulpice. À la rentrée scolaire, Saint-Germain-l’Auxerrois accueillera la liturgie de la cathédrale, tandis que Saint-Sulpice n’accueillera que les cérémonies exceptionnelles, comme les ordinations épiscopales et sacerdotales ou les funérailles d’État, comme celle de l’ancien président Jacques Chirac.
Après l’émotion initiale et l’extinction de l’incendie
Le soir de l’incendie, les Français étaient sous le choc, tout comme une grande partie du monde, dans l’attente de la suite. Que deviendrait Notre-Dame ? Quelques jours plus tard, l’ouverture des dons pour sa reconstruction atteignait près de 900 millions d’euros. Après quelques hésitations et des consultations de la population locale, il a été décidé de reconstruire l’édifice à l’identique. Le président Macron s’est fixé pour objectif de rouvrir Notre-Dame de Paris en 2024, année des Jeux Olympiques de Paris.
La suite de l’histoire récente de Notre-Dame-de-Paris est sur notre site. Pour en savoir plus, cliquez sur Sécurisation de Notre-Dame après l’incendie de 2019.