Arras
Découvrez Arras, une perle méconnue des Hauts-de-France, où l’histoire se mêle à la modernité avec élégance. À seulement 50 minutes en TGV de Paris, cette ville aux deux places baroques classées à l’UNESCO et aux 225 monuments historiques vous promet un voyage dans le temps. Entre patrimoine flamand, mémoire des guerres mondiales et gastronomie généreuse, Arras est une escapade incontournable pour les amoureux d’authenticité.
Localisation et accès : la porte d’entrée des Hauts-de-France
Située dans le Pas-de-Calais, Arras est idéalement placée entre Lille (45 km), Paris (180 km) et Bruxelles (160 km). La gare TGV, desservie par des liaisons directes depuis la capitale (50 min), en fait une destination accessible. En voiture, l’autoroute A1 et la A26 relient la ville aux grands axes européens. Son aéroport international à Lesquin (30 min) facilite les arrivées internationales.
Une fois sur place, explorez le centre-ville à pied ou à vélo : Arras est l’une des villes les plus piétonnes de France, avec un réseau de bus efficace (Artis). Pour les amateurs de nature, les canaux de la Scarpe offrent des balades bucoliques en bateau électrique. Un point de départ parfait pour rayonner vers les plages du nord de la Manche et de la Mer du Nord ou Bruges en Belgique.
Histoire : un livre ouvert sur 2000 ans de civilisation
Fondée par les Atrébates, peuple gaulois, Arras doit son nom à "Nemetocenna", sa capitale antique. Devenue Atuatuca Tungrorum sous les Romains, elle prospère comme place commerciale grâce à sa position stratégique. Au Moyen Âge, elle brille comme centre de la draperie flamande, rivalisant avec Bruges et Gand. Son destin bascule au XIIe siècle quand elle intègre les Pays-Bas bourguignons.
La ville traverse les siècles en résistant aux sièges, aux épidémies et aux révolutions. Chaque époque y a laissé son empreinte, des souterrains médiévaux aux hôtels particuliers Renaissance, en passant par les cicatrices des guerres mondiales. Aujourd’hui, Arras est un musée à ciel ouvert, où chaque pierre raconte une histoire.
Le Moyen Âge : l’âge d’or de la laine et des beffrois
Au XIIe siècle, Arras devient la capitale européenne de la laine. Ses draps fins, teints avec le célèbre bleu d’Arras, s’exportent jusqu’en Italie.
La richesse de la ville se reflète dans ses monuments : le beffroi (classé UNESCO), symbole des libertés communales, domine la Grand’Place depuis 1554. À ses pieds, les maisons à pignons flamands abritaient autrefois les guildes de marchands.
Ne manquez pas les souterrains médiévaux, un réseau de 10 km de galeries creusées sous la ville. Utilisés comme refuges pendant les guerres, ils servaient aussi à stocker la bière et les denrées. Aujourd’hui, des visites guidées (en costume d’époque !) plongent les visiteurs dans l’Arras du XVe siècle. Un voyage souterrain unique en France.
Renaissance et guerre de Trente Ans : entre faste et déclin
La Renaissance marque un tournant pour Arras. Sous l’influence des architectes italiens, la ville se pare d’hôtels particuliers aux façades sculptées, comme l’Hôtel de Guînes (XVIe siècle). Mais les guerres de Religion et la guerre de Trente Ans (1618-1648) plongent la ville dans le chaos. En 1640, Louis XIII assiège Arras, alors espagnole, et la rattache à la France après un siège épique.
Le traité des Pyrénées (1659) scelle définitivement son appartenance à la France. Pour célébrer cette victoire, Vauban y construit la citadelle, surnommée "la Belle Inutile" en raison de son coût exorbitant. Aujourd’hui, ce chef-d’œuvre militaire, classé UNESCO, abrite un mémorial des fusillés et un parc animalier. Une visite émouvante et insolite.
Révolution française : Robespierre, l’enfant terrible d’Arras
Arras est indissociable de Maximilien de Robespierre, figure controversée de la Révolution française. Né en 1758 dans une maison de la rue des Rapporteurs (aujourd’hui transformée en musée), il y étudie avant de devenir avocat. Son parcours radical, de la Terreur à la guillotine en 1794, divise encore les historiens.
La ville conserve plusieurs lieux liés à son héritage : la maison natale de Robespierre, où une exposition retrace sa vie, et le palais Saint-Vaast, où il plaida ses premières causes. Un détour par le musée des Beaux-Arts permet d’admirer des œuvres de l’époque révolutionnaire, comme les portraits de David. Un chapitre dramatique et fascinant de l’histoire française.
Première et Seconde Guerres mondiales : Arras, ville martyre
Arras paie un lourd tribut lors des deux conflits mondiaux. En 1914-1918, la ville est détruite à 80% par les bombardements allemands. Les batailles d’Arras (1917) voient l’utilisation massive de tunnels souterrains par les Alliés pour surprendre l’ennemi. Le mémorial de Vimy, à 10 km, rend hommage aux 11 000 soldats canadiens tombés pour libérer la région.
En 1940, Arras est à nouveau bombardée. La citadelle sert de prison pour les résistants, et 218 d’entre eux y sont fusillés. Aujourd’hui, le musée de la Résistance et les nécropoles militaires rappellent ces sacrifices. La reconstruction, menée avec soin, a permis de restituer le patrimoine architectural tout en modernisant la ville. Un hommage poignant à la résilience.
Espaces verts : respirer entre histoire et nature
Arras surprend par ses parcs et jardins, havres de paix en plein cœur de ville. Le jardin du Gouverneur, derrière la mairie, offre une vue imprenable sur le beffroi. Ses allées ombragées et ses massifs fleuris en font un lieu de détente prisé. À deux pas, le parc de la Citadelle s’étend sur 70 hectares, avec ses étangs, ses sentiers de randonnée et son parc animalier (cerfs, sangliers, daims).
Pour une escapade fluviale, embarquez sur un bateau électrique pour une croisière sur la Scarpe. Les berges aménagées invitent à la promenade, tandis que les jardins familiaux en périphérie rappellent le passé maraîcher de la ville. Un cadre idéal pour un pique-nique ou une pause lecture.
Monuments historiques : un patrimoine exceptionnel
Arras compte 225 monuments classés, dont deux places baroques uniques au monde : la Grand’Place et la place des Héros. Entourées de 155 maisons à pignons flamands, elles forment un ensemble architectural homogène et spectaculaire, classé à l’UNESCO. Le soir, leur éclairage doré crée une atmosphère magique.
Parmi les incontournables : l’abbaye Saint-Vaast (XVIIIe siècle), qui abrite aujourd’hui le musée des Beaux-Arts et la bibliothèque municipale ; la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast, reconstruite après la Révolution sur les plans de Notre-Dame de Paris ; et le théâtre d’Arras, joyau néoclassique du XIXe siècle. Chaque monument raconte une page de l’histoire de la ville.
Patrimoine religieux : entre foi et art
Le patrimoine religieux d’Arras est d’une richesse exceptionnelle. La cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast, reconstruite au XVIIIe siècle, impressionne par ses dimensions (110 m de long) et son trésor, dont une relique de la Sainte Épine. À l’intérieur, admirez les vitraux de Max Ingrand et les orgues classés.
L’église Saint-Jean-Baptiste, de style gothique flamboyant, abrite un retable du XVe siècle et des stalles sculptées. Quant à l’abbatiale Saint-Vaast, son architecture sobre contraste avec la richesse de son mobilier. Ne manquez pas la chapelle des Carmes, chef-d’œuvre baroque, et le couvent des Ursulines, transformé en centre culturel. Un parcours spirituel et artistique.
Patrimoine civil et militaire : des traces indélébiles
Arras est une ville de mémoire militaire. La citadelle de Vauban, classée UNESCO, est un modèle d’architecture défensive du XVIIe siècle. Ses remparts, ses douves et son arsenal en font un site impressionnant. À proximité, le mémorial des fusillés rend hommage aux résistants exécutés pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le patrimoine civil n’est pas en reste : l’Hôtel de Ville, avec son beffroi et sa salle des mariages Art déco, est un symbole de la ville. Les hôtels particuliers de la rue des Jongleurs ou de la rue des Rapporteurs témoignent de la richesse passée. Enfin, les anciennes halles, transformées en marché couvert, rappellent le rôle commercial d’Arras. Une plongée dans l’histoire au quotidien.
Patrimoine culturel : musées et savoir-faire
Arras regorge de musées passionnants. Le musée des Beaux-Arts, installé dans l’abbaye Saint-Vaast, présente des œuvres de Brueghel, Rubens et Van Dyck, ainsi qu’une collection de tapisseries flamandes. Le musée de la Résistance, quant à lui, retrace l’engagement des Arrageois pendant la Seconde Guerre mondiale.
Pour les amateurs d’archéologie, le musée d’Archéologie expose des vestiges gallo-romains et médiévaux. Le musée du compagnonnage met en lumière les savoir-faire artisanaux, tandis que la Maison Robespierre plonge dans l’histoire révolutionnaire. Enfin, le centre historique minier de Lewarde (à 30 min) offre une immersion dans l’univers des mineurs. Une offre culturelle variée et captivante.
Folklore et gastronomie : les saveurs du Nord
Arras est une ville où l’on mange bien et festif. La gastronomie locale puise ses racines dans la tradition flamande : carbonade (bœuf mijoté à la bière), waterzooi (ragoût de poisson), et tarte au maroilles (fromage fort en goût). Sans oublier les gaufres, les spéculoos et les bières artisanales (comme la Page 24).
Le folklore arrageois est tout aussi riche. Le carnaval d’Arras, l’un des plus anciens de France (depuis 1571), voit défiler chars et géants (comme Tiot Tourni, symbole de la ville). Les fêtes médiévales et les marchés de Noël animent la ville toute l’année. Une ambiance chaleureuse et conviviale, typique du Nord.
Bonnes adresses pour manger : où se régaler ?
Pour une expérience gastronomique, réservez à La Faisanderie (1 étoile Michelin), où le chef revisite les classiques du Nord avec créativité. Les amateurs de brasseries opteront pour Le Petit Rat Porteur, installé dans une cave voûtée, ou L’Atelier Gourmand, pour des plats maison généreux.
Côté bistrots, Le Bouchon d’Arras propose une cuisine du marché dans une ambiance chaleureuse. Pour un en-cas, La Maison du Waffle sert des gaufres croustillantes, tandis que La Chocolaterie régale les gourmands avec ses pralines artisanales. Enfin, Le Comptoir des Saveurs est idéal pour un déjeuner rapide et savoureux. Une scène culinaire dynamique qui ravira tous les palais.
Cinéma, littérature et chansons : Arras à l’écran et en musique
Arras a inspiré de nombreux artistes. Au cinéma, la ville a servi de décor à "Un long dimanche de fiançailles" (2004) de Jean-Pierre Jeunet, où ses places baroques symbolisent l’espoir. "La Vie en rose" (2007) y a aussi tourné des scènes, tout comme "Les Poupées russes" (2005) de Cédric Klapisch.
En littérature, Victor Hugo évoque Arras dans "Les Misérables", tandis que Marguerite Yourcenar y situe une partie de son enfance. En musique, la ville est célébrée dans des chansons comme "Arras" de Pierre Bachelet, ou "Les Corons" de Pierre Perret, qui rend hommage au bassin minier voisin. Une source d’inspiration intarissable.
Personnalités liées à Arras : des noms qui ont marqué l’histoire
Arras a vu naître ou grandir des personnalités illustres. Outre Robespierre, la ville a donné le jour à Joseph Le Bon, révolutionnaire radical, et à Édouard Branly, inventeur de la télégraphie sans fil. Le peintre Jean Béraud, maître de la Belle Époque, y a passé son enfance, tout comme l’écrivain Jules Verne, dont la famille était originaire de la région.
Plus récemment, Yannick Noah a fréquenté le lycée d’Arras, et Dany Boon y a tourné des scènes de "Bienvenue chez les Ch’tis". La ville a aussi accueilli Charles de Gaulle, qui y a étudié au collège jésuite. Une galaxie de talents qui a façonné la culture française.
Pourquoi visiter Arras ? Ce qui la rend unique
Arras est une ville à part, où chaque pierre raconte une histoire. Son patrimoine UNESCO, ses souterrains médiévaux et sa citadelle de Vauban en font une destination culturelle incontournable. Mais c’est aussi une ville vivante et chaleureuse, où l’on déguste une carbonade en terrasse ou l’on flâne dans les parcs.
Proche de la Belgique, et à 150 km de Brugge, elle est idéale pour un week-end ou un séjour plus long. Son mélange de tradition et de modernité, son folklore festif et sa gastronomie généreuse en font une escapade inoubliable. Alors, prêt à tomber sous le charme d’Arras ?