Tour de France 2025, étapes, histoire et légendes du passé

Le Tour de France 2025 est une course cycliste masculine par étapes annuelle créée en 1903 par Henri Desgrange. Elle est organisée chaque mois de juillet par l’Organisation Sportive Amaury (ASO) et constitue la plus prestigieuse des trois Grands Tours (aux côtés du Giro d’Italia et de la Vuelta a España). Cette année marque la 112ᵉ édition du Tour de France.

Le Tour de France 2025 : la course cycliste la plus prestigieuse au monde

Considéré comme la plus prestigieuse des trois et la plus grande course cycliste au monde, le Tour se déroule traditionnellement principalement en juillet. Bien que son parcours change chaque année, le format de la course reste identique : au moins deux contre-la-montre, le passage par les massifs montagneux des Pyrénées et des Alpes, et une arrivée sur les Champs-Élysées à Paris. Les éditions modernes du Tour de France comportent 21 étapes et 2 jours de repos, répartis sur 23 jours, pour un parcours total de près de 3 500 kilomètres.

Le Tour de France attire entre 10 et 12 millions de spectateurs sur place, et plus de 2 milliards dans le monde, dans 190 pays.

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Le parcours du Tour de France

La course se déroule sur les routes de France. Toutefois, le départ a parfois lieu dans un pays voisin (5 départs en Belgique, 6 aux Pays-Bas, 4 en Allemagne, 3 au Royaume-Uni et même 1 au Danemark, sans compter quelques autres pays). Chaque étape s’étend entre 30 et 250 km entre la ville de départ et celle d’arrivée de la journée.

Bien sûr, toute circulation automobile est interdite deux heures avant le passage des coureurs. Ceux-ci sont précédés par la « caravane publicitaire », composée de véhicules aux couleurs des marques partenaires de l’épreuve, équipés de haut-parleurs et d’animateurs. Pour des raisons de sécurité, les véhicules des organisateurs eux-mêmes doivent se tenir à distance des coureurs.

Pour les spectateurs, assister au Tour de France 2025 est gratuit. Le passage des coureurs est souvent bref (moins d’une heure), mais il faut arriver tôt pour accéder à l’emplacement souhaité. Une fois la course passée, les bouchons peuvent durer plusieurs heures pour le retour des spectateurs. Malgré cela, c’est un festival populaire, bon enfant et exceptionnel.

Le parcours du Tour de France 2025 peut également être suivi en direct à la télévision, dès le départ de chaque étape, généralement vers 10 h ou 11 h. C’est bien moins fatigant et plus instructif, car le reportage couvre l’intégralité de la course en simultané. De plus, les caméramen s’attachent à montrer les paysages traversés par les coureurs, notamment lors des étapes de montagne.

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La Grande Boucle, comme on surnomme parfois le Tour de France 2025, remporté en 2023 par Jonas Vingegaard et marqué par son duel face à Tadej Pogačar, a enregistré son meilleur score d’audience moyenne l’après-midi sur France 2 depuis 2011, avec 4,2 millions de téléspectateurs (+130 000 par rapport à 2022), pour une part d’audience de 44,1 % (PDA), selon les chiffres Médiamétrie Télévision.

Le parcours du Tour de France 2025

Le Grand Départ de la 112ᵉ édition du Tour de France aura cette fois lieu à Lille, en France. Ce sera la troisième fois que la métropole du Nord accueille le Grand Départ (après 1960 et 1994). Comme à l’accoutumée, l’arrivée se fera à Paris, sur les Champs-Élysées, au terme de 21 étapes, 2 jours de repos et 3 320 km.

Le parcours n’est pas continu, mais ponctué de transferts entre les villes d’arrivée (en fin de journée) et de départ (le lendemain matin).

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Les étapes du Tour de France 2025 : du samedi 5 juillet au dimanche 27 juillet

Les étapes se répartissent en 7 étapes de plaine, 6 étapes accidentées, 6 étapes de montagne avec cinq arrivées en altitude à Hautacam, Luchon-Superbagnères, Mont Ventoux, Courchevel Col de la Loze et La Plagne Tarentaise, ainsi que 2 contre-la-montre.

Le dénivelé total du Tour de France 2025 s’élèvera à 52 500 m. Le Col de la Loze (2 304 m) sera le point culminant du Tour 2025. Pour la première fois, l’ascension se fera par son versant est, côté Courchevel.

ÉtapesDateDépart – ArrivéeDistanceType d’étape
Étape 1sam. 5 juillet 2025Lille Métropole – Lille Métropole185 kmPlat
Étape 2dim. 6 juillet 2025Lauwin-Planque – Boulogne-sur-Mer212 kmBosselée
Étape 3lun. 7 juillet 2025Valenciennes – Dunkerque178 kmPlat
Étape 4mar. 8 juillet 2025Amiens Métropole – Rouen173 kmBosselée
Étape 5mer. 9 juillet 2025Caen – Caen33 kmContre-la-montre
Étape 6jeu. 10 juillet 2025Bayeux – Vire Normandie201 kmBosselée
Étape 7ven. 11 juillet 2025Saint-Malo – Mûr-de-Bretagne Guerlédan194 kmBosselée
Étape 8sam. 12 juillet 2025Saint-Méen-le-Grand – Laval Espace Mayenne174 kmPlat
Étape 9dim. 13 juillet 2025Chinon – Châteauroux170 kmPlat
Étape 10lun. 14 juillet 2025Ennezat – Le Mont-Dore Puy de Sancy163 kmMontagne
Jour de reposmar. 15 juillet 2025
Étape 11mer. 16 juillet 2025Toulouse – Toulouse154 kmPlat
Étape 12jeu. 17 juillet 2025Auch – Hautacam181 kmMontagne
Étape 13ven. 18 juillet 2025Loudenvielle – Peyragudes11 kmContre-la-montre
Étape 14sam. 19 juillet 2025Pau – Luchon-Superbagnères183 kmMontagne
Étape 15dim. 20 juillet 2025Muret – Carcassonne165 kmPlat
Jour de reposlun. 21 juillet 2025
Étape 16mar. 22 juillet 2025Montpellier – Mont Ventoux172 kmMontagne
Étape 17mer. 23 juillet 2025Bollène – Valence161 kmPlat
Étape 18jeu. 24 juillet 2025Vif – Courchevel Col de la Loze171 kmMontagne
Étape 19ven. 25 juillet 2025Albertville – La Plagne130 kmMontagne
Étape 20sam. 26 juillet 2025Nantua – Pontarlier185 kmBosselée
Étape 21dim. 27 juillet 2025Mantes-la-Ville – Paris Champs-Élysées120 kmPlat

Les cyclistes du Tour de France 2025

Ils seront 184 au départ, répartis en 23 équipes, alignés sur la ligne de départ le samedi 5 juillet 2025 à Lille Métropole (Ville de Lille). Tous sont des professionnels de nationalités variées, souvent européennes mais pas uniquement. On y trouve des Australiens, des Néo-Zélandais, des Américains, des Sud-Africains et quelques autres.

Chaque équipe est composée de 8 coureurs. Le leader est celui qui est censé être le plus fort, les autres coureurs l’aidant à devancer ses adversaires. La plupart des équipes sont internationales, tant au niveau du financement que de la nationalité des coureurs ou des directeurs sportifs.

Arrivée du Tour de France sur les Champs-Élysées - la dernière étape

Les 23 équipes sont composées des 18 UCI WorldTeam, ainsi que de 5 équipes invitées UCI ProTeam.

WorldTeams
Arkéa-B&B Hôtels
Cofidis
Decathlon AG2R La Mondiale
Groupama-FDJ
Alpecin-Deceuninck
Bahrain Victorious
EF Education-EasyPost
INEOS Grenadiers
Intermarché-Wanty
Lidl-Trek
Movistar
Red Bull-BORA-Hansgrohe
Soudal-Quick Step
Team PicNic PostNL
Team Jayco AlUla
Team Visma-Lease a Bike
UAE Team Emirates
XDS Astana Team

ProTeams
TotalEnergies
Israel-Premier Tech
Lotto
Tudor Pro Cycling
Uno-X Mobility

Ces équipes appartiennent à de grands groupes nationaux ou internationaux, à des gouvernements ou à des particuliers. Leur mode de financement reste souvent opaque.

Les 4 maillots distinctifs du Tour de France

Selon leurs performances au cours des étapes, les meilleurs coureurs « dans leur spécialité » porteront un maillot d’une couleur différente de celle de leur équipe – un maillot qu’ils perdront à l’étape suivante s’ils ne confirment pas leur supériorité.

Le maillot jaune est porté par le coureur le plus rapide sur l’ensemble des étapes depuis le départ. Celui qui le porte à l’arrivée finale sur les Champs-Élysées remporte le Tour de France.

Le maillot vert récompense le coureur ayant marqué le plus de points au classement par points, généralement le meilleur sprinteur.

Le maillot blanc à pois rouges est celui du meilleur grimpeur (un cycliste à l’aise dans les montées).

Enfin, le maillot blanc est porté par le coureur de moins de 25 ans ayant le meilleur classement général.

À noter : des bonifications seront attribuées à l’arrivée de chaque étape pour classer les coureurs : 10, 6 et 4 secondes respectivement pour les trois premiers. Un détail crucial quand l’écart entre les premiers est souvent de quelques minutes seulement après 21 jours de course.

Combien gagnent les coureurs du Tour de France 2025 ?

La rémunération dépend des résultats finaux (en fin de course), mais aussi des performances réalisées au cours des étapes.

En 2024, le vainqueur final du maillot jaune a remporté 500 000 euros, la deuxième place a été dotée de 200 000 euros et la troisième de 100 000 euros. Les 173 autres coureurs ont touché entre 70 000 et 1 000 euros, selon leur position au classement.

Prix pour les classements finaux – Tour 2024

Ces sommes sont distribuées à l’arrivée de la course, sur les Champs-Élysées à Paris.

 Classement généralClassement par pointsClassement de la montagneClassement du meilleur jeunePar équipeRider le plus combatif
1.500 000 €25 000 €25 000 €20 000 €50 000 €20 000 €
2.200 000 €15 000 €15 000 €15 000 €30 000 € 
3.100 000 €10 000 €10 000 €10 000 €20 000 € 
4.70 000 €4 000 €4 000 €5 000 €12 000 € 
5.50 000 €3 500 €3 500 € 8 000 € 
6.23 000 €3 000 €3 000 €   
7.11 500 €2 500 €2 500 €   
8.7 600 €2 000 €2 000 €   
9.4 500 €     
10.3 800 €

Rémunération par étape

Chaque étape du Tour de France a ses propres vainqueurs : les dix premiers coureurs à franchir la ligne d’arrivée, le vainqueur du sprint intermédiaire, le plus combatif et l’équipe la plus rapide.

 Vainqueur d’étape / contre-la-montre individuelSprint(s) intermédiaire(s) en courseRider le plus combatifÉquipe
1.11 000 €1 500 €2 000 €2 800 €
2.5 500 €1 000 €  
3.2 800 €500 €  
4.1 500 €   
5.830 €   
6.780 €   
7.730 €   
8.670 €   
9.650 €   
10.600 €

Rémunération selon le maillot porté

Selon le maillot porté, un coureur peut également recevoir une prime supplémentaire. C’est le cas pour le maillot jaune, qui bénéficie d’une prime de 500 € pour chaque étape remportée avec ce maillot. Une journée en vert (classement par points), à pois rouges (meilleur grimpeur) ou blanc (meilleur jeune) rapporte le même montant, soit 300 € par jour.

Il existe également des primes spéciales pour les grimpeurs qui passent en tête des sommets intermédiaires, en première, deuxième ou troisième position selon la difficulté de l’étape de montagne.

 Montagne « hors
catégorie »
Montagne 1re
catégorie
Montagne 2e
catégorie
Montagne 3e
catégorie
Montagne 4e
catégorie
1.800 €650 €500 €300 €200 €
2.450 €400 €250 €  
3.300 €150 €

Une autre source de revenus pour les leaders

Plus un coureur est connu et plus il a remporté de courses – et notamment le Tour de France – plus il lui sera demandé de « parrainer » des épreuves régionales ou locales en tant que « star invitée ». Bien sûr, il sera rémunéré pour sa présence dans une course locale tout au long de l’année.

Par ailleurs, les coureurs les plus célèbres prêtent leur image pour promouvoir les marques sportives qui les emploient ou les sponsorisent.

Bien qu’il soit difficile d’établir un calcul précis, les meilleurs et les plus célèbres – comme ceux qui terminent dans le top 5 du Tour de France – ont des revenus annuels compris entre 3 et 5 millions d’euros, voire plus.

Favoris du Tour de France 2025

Histoire du Tour de France

Un autre aspect passionnant du Tour de France réside dans les récits qui se sont écrits au fil de ses 112 éditions. La première édition a eu lieu en 1903. Depuis cette date, l’épreuve pousse hommes et machines à leurs limites. Pourtant, beaucoup de choses ont changé depuis les débuts du Tour : d’une attraction essentiellement nationale, il est devenu le plus grand événement sportif annuel au monde, attirant des milliards de fans à travers la planète. Sur la route aussi, les choses ont évolué depuis 1903 : les parcours sont plus sûrs, mieux encadrés et un peu moins extrêmes.

Le 1er Tour de France pour sauver un journal en déclin

La première édition du Tour de France a été organisée en 1903 par Henri Desgrange et Géo Lefèvre, dans le but de relancer les ventes du journal « L’Auto ». L’événement était parrainé par ce même quotidien, qui espérait qu’une course d’endurance à travers le pays attirerait l’attention du public et redynamiserait ses ventes en chute libre. Le pari fut réussi : la course fut un succès, et des dizaines de milliers de personnes se rassemblent chaque année à Paris pour assister à l’arrivée finale sur les Champs-Élysées, comme c’est encore le cas aujourd’hui.

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Maurice Garin, premier vainqueur du Tour de France

Les premiers Tours de France : des super-hommes inconscients

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[Collection Jules Beau. Photographie sportive] : T. 33. Années 1906 et 1907 / Jules Beau : F. 31v. [Paris-Roubaix. 31 mars 1907] ;

En 1903, les six étapes colossales du Tour de France couvraient un total de 2 428 kilomètres.

Une alimentation inadaptée

La consommation d’alcool était un élément essentiel pour de nombreux coureurs, même pendant la course. Par exemple, le vainqueur du Tour de France 1903, Maurice Garin, était amateur de vin et de cigarettes et aimait faire des haltes dans les bars pour se ravitailler. En 1935, presque tout le peloton s’est arrêté pour boire avec les locaux !

Bien sûr, un effort physique intense nécessite un apport important en glucides et en calories, mais à l’époque, la valeur nutritionnelle était peu prise en compte. Le vainqueur du Tour de France 1904, Henri Cornet, privilégiait une alimentation composée de chocolat chaud, de thé, de champagne et de riz au lait.

De nos jours, le régime des coureurs professionnels est très différent. Avec une saison cycliste s’étalant de février à octobre, les équipes planifient méticuleusement chaque détail pour que leurs coureurs soient au meilleur de leur forme au bon moment.

Les régimes sont soigneusement contrôlés, tandis que les programmes d’entraînement incluent des séances de musculation et de yoga, des massages et des étirements, ainsi que de longues heures en selle. Pendant le Tour, selon la difficulté des étapes, les coureurs peuvent consommer jusqu’à 7 000 calories par jour – trois fois plus qu’un homme moyen en brûle en une journée.

Les supporters du Tour de France

Avec des déplacements limités à l’époque, les premiers jours du Tour étaient surtout suivis par les locaux. Les fans français se déplaçaient pour encourager fièrement leurs champions locaux. En 1904, plusieurs centaines de supporters tentèrent d’aider Antoine Fauré en jetant des clous et des morceaux de verre sur la route, et en s’attaquant à ses rivaux, dont un fut assommé. Les organisateurs durent finalement tirer en l’air pour rétablir l’ordre.

Aujourd’hui, les fans viennent du monde entier pour voir les meilleurs cyclistes au monde. En raison de la popularité grandissante de l’épreuve, le Tour a même régulièrement pris son départ hors de France. Le Grand Départ, ou étape d’ouverture, a eu lieu en Italie, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas.

Si les supporters sont généralement plus respectueux aujourd’hui, ils peuvent parfois s’approcher un peu trop de l’action. Des spectateurs trop enthousiastes ont malheureusement causé de nombreux accidents, notamment sur les routes étroites de montagne. Il est impossible de placer des barrières sur des centaines de kilomètres de route chaque jour, mais le Tour utilise désormais des barrières pour protéger les coureurs des fans trop empressés de prendre des photos lors du final de chaque étape.

La technologie a aussi changé les conditions pour les coureurs

Maurice Garin, premier vainqueur du Tour de France, roulait sur un vélo très différent de ceux d’aujourd’hui (et sans casque). Avec un cadre en acier et des jantes en bois, il pesait pas moins de 18 kilogrammes – plus du double de ceux utilisés aujourd’hui. Et les vélos n’étaient pas seulement lourds, ils étaient aussi monovitesse, ce qui rendait l’escalade particulièrement ardue. Pour empirer les choses, les coureurs roulaient seuls, sans voiture d’équipe ni vélo de rechange. Ils devaient porter des boyaux et chambres à air de rechange enroulés autour des épaules en cas de crevaison inévitable.

Cette année, les coureurs aborderont les différentes étapes du Tour de France sur des vélos en fibre de carbone dernier cri, pesant environ 7 kilogrammes. Le port du casque est désormais obligatoire.

Le Tour de France : anecdotes de l’ère héroïque

Maurice Garin n’a pas volé sa victoire en 1903, mais d’autres furent pris en train de descendre du train avec leur vélo à l’arrivée de la première étape Paris-Lyon (467 km). Ils avaient eu la mauvaise idée de prendre le même train que les commissaires de course !

L’année suivante, lors de la deuxième étape du Col de la République entre Lyon et Marseille, les coureurs furent pris en embuscade par les supporters du coureur de Saint-Étienne, Alfred Faure. Jet de pierres, coups, ruses et même coups de feu pour effrayer les assaillants : le Tour vacilla, et Desgrange alla jusqu’à décider que ce serait la deuxième et dernière édition… avant de changer d’avis deux mois plus tard.

Le 21 juillet de la même année, avec un départ à 3 h 30 du matin, les coureurs de l’étape Luchon-Bayonne (326 kilomètres !!!) devaient franchir des cols qui ont depuis marqué l’histoire du Tour : Peyresourde (1 569 mètres), Aspin (1 489 mètres), Tourmalet (2 115 mètres) et Aubisque (1 909 mètres).

À l’époque, les vélos venaient tout juste d’être équipés de freins, mais on roulait encore en braquet fixe. Pas de temps mort ! Et l’histoire se souviendra que Lapize, à pied à côté de son vélo, au sommet du Tourmalet mais au bord du précipice, injuria les organisateurs avec cette phrase désormais mythique : « Vous êtes des assassins. Oui, des meurtriers ! »

En 1905, les coureurs roulaient sur des clous ! Aïe ! Une attaque contre l’esprit sportif : des milliers de clous furent jetés sur la route entre Meaux et Châlons-sur-Marne ! Fou de rage, Desgranges décida une nouvelle fois d’arrêter le Tour… En 2012, entre Limoux et Foix, la Grande Boucle devait connaître un autre passage semé de clous. L’histoire tourne en rond !

Eugène Christophe, surnommé « le Vieux Gaulois », premier porteur du maillot jaune en 1919, qui – en tête de l’étape Bayonne-Luchon (326 km) du Tour 1913 – cassa sa fourche dans la descente du Tourmalet. Ancien serrurier à Malakoff, le forçat ne renonça pas et parvint à la reforger à Sainte-Marie-de-Campan après 10 km de marche, son cadre de 15 kg sur l’épaule ! À l’époque, toute assistance était interdite…

Le Tour de France depuis la Seconde Guerre mondiale : anecdotes et drames

Sur la route, on se souvient de Jean Robic, dit « Biquet », petit grimpeur breton, léger pour les montées mais trop léger pour les descentes. Jean-Paul Brouchon raconte comment, en 1953, Biquet récupéra une bouteille d’eau au sommet du Tourmalet et effectua une descente « à ciel ouvert ». Plus tard dans l’étape, un spectateur retrouva la boîte… remplie de 9 kg de plomb !

En 1950, les coureurs s’élancèrent le long de la Méditerranée entre Toulon et Menton sous une chaleur étouffante. Soixante-deux coureurs, menés par le facétieux Jean Robic, plongèrent la tête la première, en maillot de laine, dans la baie de Sainte-Maxime !

À l’inverse, en 1978, l’affaire Michel Pollentier fut sans appel ! Vainqueur d’une étape de 240 km à l’Alpe d’Huez, le Belge, alors meilleur grimpeur, réalisa le doublé et s’empara du maillot jaune. Il allait bientôt rire jaune… Obligé de se présenter au contrôle antidopage et certain d’être contrôlé positif, il eut l’idée d’emporter l’urine d’un autre coureur dans une poire qu’il dissimula sous son aisselle. La supercherie fut rapidement découverte et un scandale éclata en altitude. Une mauvaise blague du Belge, qui fut exclu de la course !

Autre hommage à Pascal Simon, qui en 1983 réalisa l’exploit de porter le maillot jaune pendant sept jours avec une omoplate fracturée. Le soir de sa chute, à l’hôpital d’Auch, Simon déclara : « Si je renonce, ce ne sera pas dans ma chambre d’hôtel. Ce sera sur le vélo… »

Le lanternon rouge est la dernière place du classement général. Il fait référence aux feux rouges qui marquent l’arrière d’un véhicule. Ce « trophée » était autrefois recherché, car il permettait au « vainqueur » d’obtenir de meilleurs primes dans les critériums d’après-Tour.

On se souvient aussi du sprint d’Argentières, des cris affolés du journaliste Patrick Chêne, et du visage brisé de Laurent Jalabert, projeté au sol à 70 km/h. Il venait de percuter un policier. Un policier qui s’était avancé pour rendre service à un spectateur en prenant une photo.

Il y a aussi eu des morts sur le Tour de France, comme celle de Tom Simpson en 1967 sur les pentes du Ventoux. Un drame retransmis en direct à la télévision. Canicule, pas un souffle d’air sur cette montagne provençale. Simpson oscille, on le remet en selle. Il retombe, s’effondre. On tente de le ranimer, mais il glisse vers la mort… « Je me fiche des contrôles, dit-il. Je ne veux que les médecins qui me font les piqûres. » Et Roger Pingeon, vainqueur du Tour cette année-là tragique, ajoutait dans *L’Équipe* en 2002 : « Tom avait tendance à forcer, finissant souvent dans un état étrange. »

Le 18 juillet 1984, le champion olympique Fabio Casartelli était déjà en route vers les Jeux : une longue traînée de sang coulait de sa tête, et il était recroquevillé en position fœtale. Mort sur le Tour.

L'affaire Armstrong

En 1987, à l'âge de 16 ans, Armstrong commence à concourir en triathlon. En 1992, il devient cycliste professionnel au sein de l'équipe Motorola. De retour à la compétition en 1998 après un combat contre le cancer qui a failli lui coûter la vie, il évolue au sein de l'équipe US Postal/Discovery de 1998 à 2005, période durant laquelle il remporte ses sept titres du Tour de France, ainsi qu'une médaille de bronze aux Jeux Olympiques d'été de 2000. Armstrong est la cible d'allégations de dopage depuis sa victoire au Tour de France en 1999, et ses exploits laissaient ses adversaires loin derrière, même en montagne. En 2012, une enquête de l'Agence américaine antidopage (USADA) conclut qu'Armstrong a utilisé des substances dopantes tout au long de sa carrière et le désigne comme le leader « du programme le plus sophistiqué, professionnel et efficace que le sport ait jamais connu ». En conséquence, l'Union cycliste internationale (UCI) lui retire tous ses résultats à partir d'août 1998, y compris ses sept victoires au Tour de France. Il est également banni à vie de tous les sports soumis au Code mondial antidopage. L'UCI valide les conclusions de l'USADA et décide que ces sept victoires ne seraient pas attribuées à d'autres coureurs. Armstrong choisit de ne pas faire appel devant le Tribunal arbitral du sport. En janvier 2013, il avoue s'être dopé durant sa carrière cycliste, notamment lors des Tours de France qu'il a remportés.

Ceux qui ont marqué le Tour de France – Le dauphin éternel : Raymond Poulidor

Quatre coureurs ont remporté cinq fois le Tour de France :

Un autre record est celui de Raymond Poulidor (surnommé Poupou) : il a terminé trois fois deuxième du Tour de France (1964, 1965, 1974) et cinq fois troisième (1962, 1966, 1972, 1969, 1976). Il était aussi connu comme le dauphin éternel.

Le champion néerlandais Joop Zoetemelk a terminé six fois deuxième du Tour de France (1970, 1971, 1976, 1978, 1979 et 1982) et l'a remporté une seule fois en 1980.