La mort de Louis XVI sur la guillotine. Il n’avait que 39 ans. Né Louis-Auguste de France, comte de Berry, il n’était pas l’héritier naturel du trône à sa naissance, le 23 août 1754. Le roi régnant, Louis XV, avait un fils, Louis de France, décédé le 20 décembre 1765, et le futur Louis XVI avait également deux frères aînés, le duc de Bourgogne (1751-1761) et Xavier de France (1753-1754), duc d’Aquitaine. Après la mort de ses deux frères aînés et de son grand-père Louis XV, le 10 mai 1774, le dauphin Louis-Auguste de France devint roi sous le nom de Louis XVI.
L’état du royaume à l’avènement de Louis XVI
Héritant d’un royaume au bord de la faillite, il lança plusieurs réformes financières, notamment sous l’impulsion des ministres Turgot, Calonne et Necker, comme le projet de contribution directe égalitaire. Mais toutes échouèrent face à l’opposition des parlements, du clergé, de la noblesse et de la cour. Il apporta des changements dans le droit personnel (abolition de la torture, du servage, etc.) et remporta une victoire militaire majeure contre l’Angleterre en soutenant activement l’indépendance américaine. Cependant, l’intervention française en Amérique ruina le royaume.
La personnalité de Louis XVI
À la fin de son règne et pendant la Révolution, les pires choses furent écrites à son sujet et sur Marie-Antoinette. Mais avec le temps, les historiens ont fini par le décrire comme une personnalité sensible, intelligente et soucieuse de son pays, contrairement à son prédécesseur Louis XV.
Toutefois, la personnalité de Louis XVI mêlait des intentions bienveillantes, de l’intelligence et un sens du devoir à de l’indécision, de la passivité et une incapacité à s’adapter aux pressions révolutionnaires. Son caractère et son style de gouvernance furent des facteurs déterminants dans l’évolution de la Révolution française et dans son funeste destin.

Perspectives historiques : Louis XVI à la fin révolutionnaire d’un siècle
Il est vrai que la fin de ce siècle fut tout sauf ordinaire et n’a aucun équivalent dans les mémoires. La Révolution anglaise de 1688-1689 et la mort de Louis XIV en 1715, monarque absolu de droit divin, avaient ouvert la voie à un mouvement de remise en question de l’ordre établi. Ce fut le siècle des Lumières (Montesquieu, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot, d’Alembert), qui tous se penchèrent sur le même sujet : questionner les structures politiques traditionnelles et les systèmes de valeurs (religion, monarchie absolue, éducation, science, etc.).
Certains historiens estiment que Louis XVI fut une victime des circonstances, son caractère ne se prêtant guère aux bouleversements révolutionnaires de la France de la fin du XVIIIe siècle. Ses réformes, bien qu’insuffisantes, témoignent de sa volonté de répondre aux défis du pays.
Le règne de Louis XVI ou une succession de problèmes
Les malheurs s’enchaînèrent
- Louis XVI devint roi à l’âge de 20 ans, succédant à son grand-père, Louis XV, et à son image ternie. Ce dernier lui laissa un pays en faillite. Il mesurait 1,93 m (6 pieds 4 pouces), une taille exceptionnelle pour l’époque.
- Crise économique et financière (1774–1789)
Les réformes de Turgot et Necker échouèrent. Les tentatives de réduction des dépenses et d’instauration de nouveaux impôts se heurtèrent à l’opposition de la noblesse.
- Révolution américaine (1775–1783)
Le soutien financier de la France à la Révolution américaine aggrava encore son endettement.

- Ouverture des États généraux (mai 1789)
Cette assemblée représentative du peuple français n’avait pas été convoquée depuis 1614. Cette initiative, visant à obtenir l’approbation de nouveaux impôts, ouvrit malgré elle la voie à des revendications révolutionnaires.

- Début de la Révolution française (1789) avec la prise de la Bastille (14 juillet 1789)
Cet événement emblématique marqua le début de la Révolution française.
- Marche sur Versailles (octobre 1789)
Les foules révolutionnaires contraignirent la famille royale à quitter Versailles pour Paris, signe de la perte de contrôle de la monarchie sur la situation.
- Période de la monarchie constitutionnelle (1789–1792)
Adoption de la Constitution de 1791 : Louis XVI accepta à contrecœur le principe d’une monarchie constitutionnelle.
- Fuite à Varennes (juin 1791)
Louis XVI et sa famille tentèrent de quitter la France pour rallier des soutiens contre-révolutionnaires.
- Guerres étrangères et déclin de la monarchie (1792)
Guerre contre l’Autriche et la Prusse : Le gouvernement révolutionnaire déclara la guerre à l’Autriche en avril 1792.
- Prise des Tuileries (10 août 1792)
Les forces révolutionnaires attaquèrent le palais royal, entraînant l’emprisonnement de Louis XVI et l’abolition de la monarchie par la Convention nationale.
La mise en place du procès qui mena à la mort de Louis XVI
En septembre 1792, lors d’une perquisition dans les appartements royaux, un lot de documents fut découvert dans une cachette murale, connue sous le nom de « armoire de fer ». Le 1er octobre, une commission fut chargée d’étudier la possibilité d’un procès du roi, s’appuyant notamment sur les documents saisis au palais des Tuileries et dans l’armoire de fer. Le 13 novembre, un débat crucial s’engagea sur la question de savoir qui devait mener le procès.
Le 20 novembre 1792, Jean-Marie Roland déposa les archives – ou du moins ce qu’il en restait, ce qui était considérable – sur le bureau de la Convention nationale, mettant ainsi fin à toutes les manœuvres visant à empêcher le procès de Louis XVI.
Le député de la Vendée, Morisson, affirma que le roi avait déjà été condamné en étant destitué. S’opposant à lui, certains comme Saint-Just réclamaient sa mort, déclarant notamment que le roi était l’ennemi naturel « du peuple » et qu’il n’avait pas besoin d’un procès pour être exécuté. Les preuves de la culpabilité du roi restèrent ténues jusqu’au 20 novembre. Lors d’un discours célèbre le 3 décembre, Robespierre exigea solennellement la mort immédiate du roi déchu.
Après des débats houleux, la Convention décida que Louis Capet (c’est ainsi que les révolutionnaires nommèrent Louis XVI, en référence à un de ses ancêtres, fondateur de la lignée des rois de France) serait bien jugé, le tribunal étant la Convention elle-même. Le 6 décembre, elle confirma que Louis Capet serait « traduit à la barre pour interrogatoire ».
Le procès du ancien roi, jugé en tant que simple citoyen et désormais appelé Citoyen Capet, s’ouvrit le 11 décembre 1792. À partir de ce jour, il fut séparé du reste de sa famille, vivant isolé dans un appartement du deuxième étage de la Maison du Temple, en compagnie de son valet, Jean-Baptiste Cléry.
Qu’était l’armoire de fer ? Le consensus parmi les historiens modernes est que les documents trouvés dans l’armoire de fer étaient en grande partie authentiques, aucune preuve concrète de falsification n’ayant été établie. Cependant, le contexte et l’intention derrière ces communications restent sujets à débat. Les dirigeants révolutionnaires y virent une preuve évidente de trahison, tandis que certains historiens estiment qu’il pourrait s’agir de manœuvres diplomatiques classiques plutôt que d’un complot avéré.
Les interrogatoires de Louis Capet
Le premier interrogatoire eut lieu le 11 décembre. Vers 13 heures, deux figures éminentes vinrent le chercher : Pierre-Gaspard Chaumette (accusateur public de la Commune de Paris) et Antoine Joseph Santerre (commandant de la Garde nationale). Ils l’appelèrent Louis Capet, ce à quoi il rétorqua : « Capet n’est pas mon nom, c’est le nom d’un de mes ancêtres. […] Je vais vous suivre, non pour obéir à la Convention, mais parce que mes ennemis ont la force en main. » Arrivé dans la salle du Manège (située dans le jardin des Tuileries), l’accusé fut accueilli par Bertrand Barère, président de la Convention.
Louis XVI affirma avoir toujours agi conformément aux lois en vigueur à l’époque, qu’il s’était toujours opposé à l’usage de la violence et qu’il avait désavoué les actions de ses frères. Enfin, il nia reconnaître sa signature sur les documents qui lui étaient présentés et obtint l’assistance d’un avocat pour se défendre. Après quatre heures d’interrogatoire, le roi fut ramené à la Tour du Temple et confia à Cléry, son unique interlocuteur désormais : « Je n’étais pas préparé à toutes les questions qui m’ont été posées. »
Alors que l’assistance d’un avocat avait été autorisée par la Convention, Louis XVI accepta l’offre de défense proposée par trois avocats connus, au risque de leur propre vie : François Denis Tronchet (futur rédacteur du Code civil sous Napoléon Ier), Raymond de Sèze et Malesherbes (qui fut lui-même guillotiné le 22 avril 1794, en même temps que sa fille et sa petite-fille). Il refusa en revanche l’aide proposée par la féministe Olympe de Gouges.
Le procès de Louis XVI
Louis XVI fut jugé par la Convention nationale, le gouvernement révolutionnaire de l’époque, sur la base de plus de 30 chefs d’accusation, mais principalement pour trahison et conspiration contre l’État. Au début du procès, l’avocat de Louis XVI, Raymond de Sèze, prit la parole et réfuta un à un les 33 chefs d’accusation.
Le procès de Louis XVI était-il légal et équitable ?
La volonté de juger Louis XVI ne faisait pas l’unanimité. Pourtant, beaucoup estiment qu’avant même l’ouverture du procès, le sort de Louis XVI était scellé, sous la pression des extrémistes révolutionnaires comme Saint-Just et Robespierre. Il était clair qu’il s’agissait d’un procès politique.
En réalité, Raymond de Sèze (l’un des avocats de Louis XVI) termina sa plaidoirie par ces mots : « Citoyens, je vais vous parler ici avec la franchise d’un homme libre : je cherche des juges parmi vous, et je ne vois que des accusateurs. Vous voulez décider du sort de Louis, et vous avez déjà fait connaître vos intentions ! Vous voulez décider du sort de Louis, et vos opinions sont connues dans toute l’Europe ! Louis sera donc le seul Français pour qui aucune loi ni aucune forme ne vaudront ? Il n’aura ni les droits d’un citoyen, ni les prérogatives d’un roi. Il ne jouira ni de son ancienne condition, ni de la nouvelle. Quel étrange et inconcevable destin ! »
Même aujourd’hui, ce jugement fait débat dans la société et parmi les historiens : si la nécessité de consolider la République « imposait » l’élimination du roi, la procédure était-elle parfaitement légale au regard des lois de l’époque, et la mort était-elle nécessaire ?
Le déroulement du procès
Le 14 janvier 1793, la Convention commença à discuter des modalités du procès. Après de vifs débats entre ses membres, la solution proposée par le député Boyer-Fonfrède fut adoptée. Le vote fut divisé en quatre questions à soumettre à chaque député de l’Assemblée de la Convention :
- Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d’atteintes à la sûreté générale de l’État, oui ou non ?
- Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple, oui ou non ?
- Quelle peine sera infligée à Louis ?
- Y aura-t-il un sursis à l’exécution pour Louis Capet, oui ou non ?
La fin du procès : le vote de la peine de mort
Le 15 janvier 1793, les 749 députés de la Convention optèrent pour un vote public et nominatif de chaque représentant depuis la tribune. Objectivement, cette mesure sonna le glas pour les défenseurs du roi, car la pression populaire à l’intérieur comme à l’extérieur de l’hémicycle avait sans doute fait changer d’avis certains députés indécis ou craintifs.
La question de la culpabilité (vote du 15 janvier)
642 des 718 députés présents répondirent « oui ».
La question de l’appel au peuple (vote du 15 janvier)
L’appel au peuple était un moyen de renverser la tendance d’un jugement trop influencé par les sans-culottes parisiens. Finalement, la menace de guerre civile brandie par ces mêmes sans-culottes fit plier les députés réticents. À la seconde question, 423 des 721 députés présents répondirent « non ».
La question de la peine (votes des 16 et 17 janvier)
En effet, tout député n’ayant pas voté pour la mort fut conspué, insulté, voire menacé par les foules venues assister au procès. À la troisième question, 366 des 721 députés présents votèrent « mort sans condition » (cinq voix de plus que la majorité absolue).
Un second vote nominal sur la même question porta le nombre des voix en faveur de la mort à 361, soit une seule voix de plus que la majorité absolue ! Certains accusèrent par la suite Philippe d’Orléans, rebaptisé Philippe Égalité, d’avoir voté contre son cousin Louis XVI, faisant ainsi basculer la balance en faveur de la peine capitale…
La question de la grâce (vote du 19 janvier)
À cette question, 380 des 690 députés présents répondirent « non ».
Appel des avocats de Louis XVI
Le roi et ses avocats firent appel de la décision, comme ils en avaient le droit, c’est-à-dire qu’ils demandèrent un nouveau jugement en appel. Sans surprise, cette requête fut rejetée par la Convention, ce qui signifiait que le roi était définitivement condamné et que la sentence serait exécutée sans délai.
Il est à noter que la peine de mort infligée à Louis XVI ne faisait pas l’unanimité à la Convention, comme en témoignent les résultats des votes. La décision d’exécuter le roi à une majorité de seulement 73 voix sur 743 députés illustra les profondes divisions au sein de la Convention nationale. Des révolutionnaires de premier plan comme Maximilien Robespierre et Saint-Just (tous deux guillotinés le 28 juillet 1794), Georges Danton (guillotiné le 5 avril 1794) et Jean-Paul Marat (assassiné le 13 juillet 1793) soutinrent l’exécution du roi. Leur tour vint moins de deux ans plus tard. N’est-ce pas une juste rétribution ?
Un vote honteux : celui de Louis-Philippe d’Orléans
Louis-Philippe d’Orléans, opportuniste de nature, était le cousin de Louis XVI, descendant en ligne masculine du régent Philippe d’Orléans et du roi Louis XIII, mais aussi de Louis XIV par Françoise-Marie de Bourbon. Député pendant la Révolution française – il se faisait appeler Philippe Égalité – il vota pour la mort de son cousin, le roi Louis XVI, sans appel. Georges Bordonove relate son intervention dans ce régicide, alors que ses amis montagnards l’encourageaient eux-mêmes à voter pour la clémence. *« Occupé uniquement par mon devoir, convaincu que tous ceux qui ont attaqué ou attaqueront par la suite la souveraineté du peuple méritent la mort, je vote pour la mort. »*
Il s’oppose ensuite au vote de l’amendement Mailhe visant à sauver le roi, ce qui entraîne le rejet de l’amendement.
Il assista en personne à l’exécution de Louis XVI, caché dans un cabriolet sur le pont de la Concorde. Mais il ignorait ce qui l’attendait : il fut lui-même guillotiné à Paris le 6 novembre 1793.
Il fut le père de Louis-Philippe Ier, roi des Français de 1830 jusqu’à son renversement par la révolution de 1848.
La mort de Louis XVI – Exécution de la sentence
- L’exécution eut lieu place de la Révolution (anciennement place Louis XV, aujourd’hui place de la Concorde) à Paris.
- Il fut exécuté par guillotine, un appareil devenu le symbole de la Révolution et présenté comme une méthode d’exécution plus humaine et égalitaire.
Le jour de la mort de Louis XVI

- Préparatifs du matin de l’exécution de Louis XVI :
- Louis XVI passa la nuit précédant son exécution avec son confesseur, l’abbé Edgeworth de Firmont, et rédigea une lettre d’adieu à sa famille.
- Tôt le matin du 21 janvier 1793, il fut conduit de la prison du Temple au lieu de l’exécution en voiture. La prison du Temple se situait dans le nord du Marais, dans le 3e arrondissement de Paris. Elle fut détruite en 1808. Le trajet à travers les rues de Paris se fit dans un silence pesant, sous haute surveillance militaire pour éviter tout soulèvement.
- Place de la Révolution (Place de la Concorde)
- La guillotine occupait le centre de la place lors des exécutions. Pour celle de Louis XVI, elle fut installée près du centre de la place, à l’emplacement où se dressait autrefois la statue de Louis XV, détruite en 1792.
- Environnement : La place était alors relativement austère, dépourvue des embellissements ultérieurs comme l’obélisque ou les fontaines. Son aspect sévère reflétait la fonction révolutionnaire et utilitaire qui lui était assignée.
- Les bâtiments entourant la place, dont l’Hôtel de Crillon et l’Hôtel de la Marine, offraient des points de vue privilégiés à certains spectateurs.
- Les derniers instants avant la mort de Louis XVI :
- Les récits décrivent une assistance largement silencieuse et tendue, nombre de témoins ayant conscience de la portée historique de l’instant.
- Une fois parvenu sur l’échafaud, Louis XVI gravit les marches avec dignité, selon les témoins. Certains observateurs rapportent avoir ressenti un mélange de fascination et d’horreur.
- Il tenta de s’adresser à la foule, déclarant selon les témoignages : « Je meurs innocent des crimes dont on m’a accusé ; je pardonne à ceux qui sont la cause de ma mort… »
- Son discours fut interrompu par le roulement des tambours, ordonné par les autorités pour étouffer ses paroles.
- La mort de Louis XVI : Exécution de la sentence. Il était 10h22, le 21 janvier 1793
- Louis XVI fut placé sous la guillotine et décapité d’un seul coup : « son cou, sa nuque et sa mâchoire furent horriblement tranchés », selon les témoins.
- Dès que la lame s’abattit, le bourreau brandit sa tête coupée devant la foule, qui éclata en cris de « Vive la République ! ».
- L’acte de décès de Louis XVI fut établi le 18 mars 1793. L’original, perdu lors de la destruction des archives parisiennes en 1871, avait été recopié par des archivistes et reste donc bien connu.
- Le corps du roi fut inhumé dans une fosse commune au cimetière de la Madeleine. Plusieurs années plus tard (18 et 19 janvier 1815), ses restes furent exhumés et transférés à la basilique Saint-Denis, lieu traditionnel de sépulture des monarques français.
- Son exécution mit fin à un procès qui avait passionné l’opinion pendant près de deux mois.
- Marie-Thérèse de France (19 décembre 1778 – 19 octobre 1851), surnommée « Madame Royale », épousa son premier cousin le duc d’Angoulême (1775-1844) en 1799. Elle fut la seule à survivre aux prisons de la Révolution, malgré des conditions de détention effroyables ;
- Louis-Joseph-Xavier-François de France (22 octobre 1781 – 4 juin 1789), dauphin en titre – mort avant les troubles ;
- Louis Charles de France (27 mars 1785 – 8 juin 1795), duc de Normandie, second dauphin et proclamé Louis XVII, surnommé « l’enfant du Temple » pendant sa captivité. Enfant manipulé, rabaissé et humilié par ses geôliers, il mourut de tuberculose.
- Sophie-Béatrice de France (9 juillet 1786 – 19 juin 1787), dite « Madame Sophie » – elle aussi mourut avant les troubles.
- Louis Stanislas Xavier, comte de Provence (1755-1824) (futur Louis XVIII), épousa Marie-Joséphine de Savoie en 1771 (sans descendance).
- Charles-Philippe, comte d’Artois (1757-1836) (futur Charles X), épousa Marie-Thérèse de Savoie en 1773 (deux fils et deux filles). Renversé par la révolution de 1830, il mourut le 6 novembre 1836 à Görtz (Autriche).
- Marie Adélaïde Clotilde, dite « Madame » (1759-1802), épousa Charles-Emmanuel IV de Savoie, roi de Sardaigne, en 1775 (sans descendance). Déclarée « vénérable » (deuxième titre de reconnaissance des mérites attribués par l’Église catholique à une personne, après celui de « serviteur de Dieu » sur la voie de la sainteté (béatification et canonisation), la « héroïcité de ses vertus » ayant été reconnue).
- Élisabeth Philippine, dite « Madame Élisabeth » (1764-1794) (sans mariage ni postérité). Sœur du roi Louis XVI, elle lui apporta un soutien indéfectible durant la Révolution française. Emprisonnée avec la famille royale en 1792, elle fut citée à comparaître devant le Tribunal révolutionnaire sous la Terreur, condamnée à mort et exécutée à Paris le 10 mai 1794. Le procès en béatification est en cours.
Les suites de la mort de Louis XVI
La mort de Louis XVI marqua un tournant décisif dans la Révolution française, symbolisant la fin de la monarchie absolue en France et consacrant l’avènement du gouvernement révolutionnaire et de la période de la Terreur.
Que devint la famille royale après la mort de Louis XVI ?
Marie-Antoinette fut guillotinée le 16 octobre 1793, également place de la Révolution à Paris.
Louis XVI et Marie-Antoinette eurent quatre enfants, qui n’eurent pas de descendance :
Louis XVI avait une demi-sœur (issue du premier mariage de son père) et onze frères et sœurs (issus du second mariage de son père). Beaucoup moururent à la naissance ou en bas âge. Au moment de la Révolution, les personnes suivantes étaient encore en vie :
Peut-on justifier les révolutionnaires responsables de tant de malheurs ? N’y avait-il pas une solution moins barbare ? Ou bien, lorsque la fureur s’empare des hommes, l’ignorance, la bêtise et la bestialité de l’humanité deviennent-elles incontrôlables ?
Et si la mort malheureuse de Louis XVI était due à la malédiction des Templiers ?
Jacques de Molay, grand maître de l’ordre du Temple, périt sur le bûcher en mars 1314. La légende la plus connue et la plus ancienne concernant Jacques de Molay évoque la malédiction qu’il aurait lancée contre Philippe le Bel et les Capétiens (ses descendants), ainsi que contre le pape Clément V, alors qu’il se trouvait sur le bûcher (lien à ajouter).

Selon l’historienne Colette Beaune, cette légende naît d’un épilogue stupéfiant pour les contemporains de Philippe le Bel : comment le plus puissant roi de la chrétienté de l’époque a-t-il pu voir sa lignée directe s’éteindre avec trois fils n’ayant malheureusement pas de descendance ? Comment ce drame a-t-il plongé le royaume dans la guerre de Cent Ans ? Dans l’esprit médiéval, comment expliquer la chute de cheval, l’adultère de ses brus et la mort précoce de ses trois fils, sinon par une raison surnaturelle ?
C’est au XVIe siècle que la malédiction est clairement formulée. Paolo Emilio rédige alors une histoire de France pour François Ier, dans laquelle il relate la mort de Jacques de Molay maudissant le roi et le pape, et les convoquant devant le tribunal de Dieu.
Cette légende perdure jusqu’au roman historique Les Rois maudits de Maurice Druon, écrit entre 1955 et 1977. La série et ses adaptations télévisuelles ont popularisé Jacques de Molay et sa malédiction (telle que définie par Maurice Druon) :
« Pape Clément !… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !… Dans l’année, je vous cite à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste jugement ! Maudit ! Maudit ! Maudit ! Maudit jusqu’à la treizième génération de votre race ! » — Les Rois maudits, 1955
En réalité, Jacques de Molay fut brûlé vif le 11 ou 18 mars 1314, Philippe le Bel mourut le 29 novembre 1314, Guillaume de Nogaret (homme de main de Philippe le Bel, qui fit arrêter les Templiers) en avril 1313 (avant la prétendue malédiction de Jacques de Molay) et le pape Clément V le 20 avril 1314. Troublant, n’est-ce pas ?
Par ailleurs, une version populaire de la légende attribue la mort de Louis XVI sur l’échafaud à la malédiction, qu’elle place à la treizième génération après Philippe le Bel. Or, la treizième génération correspond plutôt à celle des enfants de Louis XIV, lui-même cinq générations avant Louis XVI – à moins qu’on ne compte pas les générations intermédiaires qui n’ont pas régné, comme le père de Louis XVI, mort avant son propre père, Louis XV ? Alors, qu’en pensez-vous ?
Quelques anecdotes sur la guillotine à l’époque de la mort de Louis XVI
Le docteur Guillotin et la guillotine
Médecin et homme politique français. Pendant la Révolution française, il est connu pour avoir fait adopter la guillotine comme unique méthode d’exécution capitale. Il réclama que « la décapitation soit le seul supplice adopté, et qu’une machine soit trouvée pour remplacer la main de l’exécuteur ». L’utilisation d’un dispositif mécanique pour appliquer la peine de mort lui semblait une garantie d’égalité, ouvrant selon lui la voie à un avenir où la peine capitale serait enfin abolie. La proposition de Guillotin visait aussi à supprimer les souffrances inutiles. Jusqu’alors, la peine de mort s’appliquait différemment selon le crime et la condition sociale du condamné : les nobles étaient décapités à l’épée, les roturiers à la hache, les régicides et criminels d’État écartelés, les hérétiques brûlés, les voleurs roués ou pendus, les faux-monnayeurs bouillis vivants dans un chaudron – un beau programme !
Son idée fut adoptée en 1791 par la loi du 6 octobre, qui stipulait que « la peine de mort consistera dans la simple privation de la vie, sans qu’aucun supplice ne soit infligé au condamné » et que « tout condamné à mort aura la tête tranchée ».
Le dispositif fut perfectionné en 1792 par son collègue Antoine Louis, chirurgien militaire et secrétaire perpétuel de l’Académie de chirurgie (d’où son prénom, Louison). Après plusieurs essais sur des moutons, puis trois cadavres à l’hospice de Bicêtre le 15 avril 1792, la première personne guillotinée en France fut un voleur, Nicolas Jacques Pelletier, le 25 avril 1792.
Le Dr Guillotin n’était pas du tout fier que le nom « guillotine » soit un diminutif de son propre patronyme.
Pour être guillotiné en premier
La lame de la guillotine était réaffûtée chaque nuit, car elle s’ébréchait à chaque utilisation. Généralement, 5 à 10 condamnés étaient guillotinés à la suite. On raconte ainsi que les plus chanceux demandaient à l’exécuteur d’être guillotiné en premier, afin de « bénéficier » d’une lame en bon état.
La comtesse du Barry demande cinq minutes de plus au bourreau
La dernière favorite de Louis XV (qui était bien plus jeune qu’elle) fut condamnée à la guillotine le 8 décembre 1793. Traînée avec grand tumulte et difficulté jusqu’à l’échafaud, elle continua à se débattre, tentant même de mordre l’exécuteur. Ses derniers mots seraient : « Encore un instant, Monsieur le bourreau ! » Elle fut enterrée au cimetière de la Madeleine, où reposent 1 343 victimes de la guillotine de la place de la Concorde.
Le dernier guillotiné en France, le 10 septembre 1977, bien après la mort de Louis XVI
Le 10 septembre 1977, la tête du dernier condamné à mort de l’histoire de France fut tranchée. Il s’appelait Hamida Djandoubi (coupable du viol, de la torture et du meurtre de son ancienne compagne de 21 ans). Selon une légende tenace, Christian Ranucci aurait été le dernier condamné à mort. Il fut décapité le 28 juillet 1976 pour l’enlèvement et le meurtre d’une fillette de huit ans, le lundi de Pentecôte 1974.