Tombeau de Dalida, dernier repos de la chanteuse au destin douloureux
La tombe de Dalida est l’une des plus visitées du cimetière de Montmartre, 35 ans après sa mort. C’est en effet le 3 mai 1987 qu’elle met fin à ses jours dans sa maison du Bute Montmartre, au 11 bis rue d’Orchampt, située à 250 m en direction de la place du Tertre. Son nom de scène est Dalida et son nom civil Iolanda Christina Gigliotti.
Les circonstances de sa mort
Le 2 mai 1987, elle devait passer la soirée à voir la comédie musicale *Cabaret* de Jérôme Savary, jouée au théâtre Mogador, puis dîner en ville avec François Naudy. Mais, en réalité, François Naudy ne confirme pas ce rendez-vous. Dans la nuit du 2 au 3 mai 1987, seule dans sa maison de la rue d’Orchampt à Montmartre, elle se suicide en absorbant une surdose de barbituriques, qu’elle avale avec de l’alcool. Sa femme de chambre découvre son corps inanimé le 3 mai en fin d’après-midi.
La dépression de Dalida, qui mène à sa mort
Dans les dernières années de sa vie, Dalida est atteinte d’une dépression chronique. Sa dernière apparition en gala a lieu en concert en Turquie, à Antalya, dans l’ancien théâtre d’Aspendos, les 28 et 29 avril 1987, quelques jours seulement avant sa mort. De retour de ces derniers concerts, elle semble éteinte, ne sort plus, fume de manière compulsive.
Elle laisse deux lettres, l’une à son producteur et frère Orlando, l’autre à son compagnon François Naudy, ainsi qu’un mot sans doute destiné à son public : *« La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi. »*
Funérailles et inhumation de Dalida
Le 4 mai 1987, pour annoncer la mort de la chanteuse, *Le Républicain lorrain* titre dans son journal *« Ciao ciao Dalida »*, en référence à sa chanson *Ciao, ciao bambina*.
Plusieurs personnalités françaises, issues du monde de la chanson ou d’ailleurs, expriment publiquement leur tristesse : Sheila, Charles Aznavour, Brigitte Bardot, François Mitterrand, Jacques Chirac, Alain Delon, entre autres.
L’église Saint-Jean-de-Montmartre, au pied de la colline, était trop petite pour la cérémonie, aussi les obsèques eurent lieu, par dérogation, en l’église de la Madeleine. Environ 40 000 personnes assistent à l’hommage le 7 mai 1987. Elle est ensuite enterrée au cimetière de Montmartre (division 18).
Dramas et désillusions ont marqué la vie de Dalida
Sa vie privée fut une succession de drames et de déceptions sentimentales. Plusieurs de ses compagnons ou amis se sont donné la mort.
Tout commence dans sa jeunesse. Son père, de nationalité italienne, est interné en Égypte par les Britanniques, dans un camp de prisonniers. Traumatisé par cet épisode, son père devient violent, et sa relation avec Iolanda et le reste de sa famille se révèle difficile.
Mariages et vies de couple sans lendemain
Dalida épouse le 8 avril 1961 Lucien Morisse, directeur de la radio Europe 1, qui avait divorcé de sa première femme et avec qui elle entretenait une relation depuis cinq ans. Mais Dalida, qui l’épouse davantage pour la reconnaissance professionnelle que par amour, le quitte rapidement pour Jean Sobieski. Le 11 septembre 1970, Lucien Morisse, avec qui elle entretient de bonnes relations, se suicide d’une balle dans la tempe dans leur ancien appartement du 7 rue d’Ankara à Paris.
Dalida entretient une liaison avec l’acteur et peintre Jean Sobieski de 1961 à 1963. Il est l’un des rares hommes de sa vie à ne pas avoir connu une fin tragique.
Après sa séparation avec Sobieski, Dalida vit une histoire d’amour avec le journaliste Christian de La Maziere dont elle se sépare en 1966. À Rome, elle connaît une brève idylle avec Alain Delon.
Un espoir éphémère dans sa vie sentimentale
Le 26 janvier 1967, Dalida participe au festival de la chanson de Sanremo avec Luigi Tenco, son nouveau compagnon. Elle le convainc de participer à la compétition. Ce soir-là, les amoureux ont l’intention d’annoncer à leurs proches leur projet de mariage. Craignant un échec au festival, Tenco consomme de l’alcool et prend des sédatifs. Dalida et Luigi Tenco interprètent tour à tour la chanson. Malgré l’interprétation de Dalida, leur titre Ciao amore, ciao n’est pas retenu par le jury, jugé médiocre. Profondément déçu, le chanteur regagne sa chambre d’hôtel où il se suicide d’une balle dans la tête. Inquiète pour Tenco, Dalida quitte le festival pour se rendre à son hôtel où elle le découvre sans vie. Sous le choc, elle caresse le visage de Tenco et se couvre de son sang. Dans les semaines qui suivent, elle enchaîne les émissions télévisées et les enregistrements.
Le 26 février, elle fait croire à son entourage qu’elle embarque à l’aéroport de Paris-Orly pour rejoindre sa famille. En réalité, elle retourne à l’hôtel Prince de Galles et tente de se suicider en absorbant une forte dose de barbituriques.
L’aventure avec Lucio, l’avortement et la stérilité
Un autre drame marque la chanteuse cette même année 1967. Pas encore remise de sa tentative de suicide, elle rencontre Lucio, un étudiant romain de 22 ans. Bien que leur relation ne dure pas, Dalida se retrouve enceinte et décide d’avorter. L’intervention, pratiquée en Italie (l’avortement n’étant pas autorisé en France), la rend stérile. Cette relation avec Lucio inspire la chanson Il venait d’avoir 18 ans, un texte proposé à Dalida par Pascal Sevran.
La vie continue de la blesser
Entre 1969 et 1971, elle est liée au philosophe et écrivain Arnaud Desjardins. Mais celui-ci étant marié, ils préfèrent mettre fin à cette relation. Vers 1972, elle a une brève aventure avec le chanteur Richard Stivell, qui avoue être lui aussi déjà marié.
L’un de ses meilleurs amis, le chanteur Mike Brant, meurt le 25 avril 1975. Dalida lui avait permis de chanter en première partie de son passage à l’Olympia à l’automne 1971. Cette prestation avait contribué à son succès en France. Elle avait également été la première à se rendre à son chevet lors de sa première tentative de suicide, le 22 novembre 1974.
Un compagnon finalement encombrant
Sa relation avec Richard Chanfray prend fin en 1972, grâce à Pascal Sevran. Richard Chanfray se faisait appeler « comte de Saint-Germain », un aventurier alchimiste et immortel qui aurait fréquenté la cour de Louis XV – rien que ça ! Elle vit avec lui une idylle tumultueuse de neuf ans. Épuisée par ses frasques, elle met fin à leur relation en 1981. Deux ans plus tard, en 1983, Richard Chanfray se suicide par asphyxie, avec sa nouvelle compagne.
Constatant que ses trois grands compagnons (Luigi Tenco, Lucien Morisse et Richard Chanfray) se sont suicidés, Dalida déclare : « J’apporte le malheur aux hommes que j’aime. »
Dalida compte encore quelques compagnons et, à partir de 1985, elle forme un couple avec le docteur François Naudy. Sa déception est grande quand elle constate qu’il ne veut pas quitter sa femme et devient de plus en plus évasif.
Dalida et son engagement politique
Son soutien politique à François Mitterrand divise son public. Mais son amitié avec le président Mitterrand – qui cesse de s’enquérir d’elle après son élection – semble s’achever en 1983. En avril de cette année-là, lors d’un événement organisé par Line Renaud, elle offre un chaleureux baiser au principal opposant de l’époque, Jacques Chirac. Les médias s’interrogent sur la portée politique de ce geste et y voient au moins la fin de l’engagement de Dalida en faveur de Mitterrand.
Lieux et monuments à la mémoire de Dalida
Une place Dalida à Montmartre, à Paris – qui abrite un buste à son effigie (voir photo dans ce post) – porte son nom. Elle se situe près de la rue d’Orchampt, où elle a vécu.
Sa tombe, surmontée d’une statue, est réputée être la plus fleurie du cimetière de Montmartre. Des visiteurs anonymes viennent s’y recueillir.
On ne peut manquer sa tombe. Elle se trouve sur les hauteurs du cimetière de Montmartre, dans la 18e division, près de l’entrée, au coin de la rue Caulaincourt et de la rue Joseph de Maistre.
La statue grandeur nature qui orne sa sépulture, sculptée dans la pierre par Aslan, porte son nom en lettres dorées. L’inscription sur la stèle : « Yolande Gigliotti dite Dalida, nous a quittés le 3 mai 1987 ».
Durant la dernière année de sa vie, Dalida préparait une comédie musicale dans laquelle elle devait incarner Cléopâtre, ainsi qu’une pièce de théâtre. Elle revenait tout juste du tournage de *Le Sixième Jour*, où elle avait joué le rôle de la lavandière Saddika, avec laquelle elle s’identifiait. Pourtant, Dalida sombra dans une profonde dépression.
Elle peinait de plus en plus à dissimuler son désespoir. Elle mit fin à ses jours dans sa maison de la rue d’Orchampt, dans la nuit du 2 au 3 mai 1987.