Sainte-Chapelle, chef-d'œuvre touché par la grâce, menacée un temps de disparaître

Sainte-Chapelle : son origine est liée au roi Saint Louis
La Sainte-Chapelle, aussi appelée Sainte-Chapelle du Palais, est une chapelle palatine (destinée à l'usage du souverain). Elle se situe près du Palais de Justice, de la Conciergerie et de la Tour de l'Horloge. Elle fut édifiée sur l'île de la Cité, à Paris, à la demande de Louis IX (Saint Louis, canonisé en 1297, vingt-sept ans après sa mort) au cœur de sa résidence parisienne, le Palais de la Cité. La Sainte-Chapelle devait abriter la Sainte Couronne d'épines, un morceau de la Vraie Croix ainsi que diverses autres reliques de la Passion que le roi avait acquises à partir de 1239. Premier édifice de ce type, elle fut conçue comme un vaste reliquaire presque entièrement vitré, et se distingue par l'élégance et l'audace de son architecture, qui se manifeste par une élévation importante et une suppression quasi totale des murs au profit des fenêtres de la chapelle haute.
L'acquisition des reliques déposées à la Sainte-Chapelle
Lors du siège de Constantinople en 1204, Baudouin VI de Hainaut pille le palais de Boucoléon, emportant notamment la Vraie Croix et la Sainte Couronne. En 1237, le dernier empereur latin de Constantinople, Baudouin II de Courtenay, se rend en Europe pour tenter de financer la défense de Constantinople contre les Bulgares. En septembre 1238, il engage la Sainte Couronne auprès de Nicolo Quirino, un marchand vénitien proche du Doge de Venise. Le marchand ne devait en devenir propriétaire que si Baudouin ne pouvait le rembourser sous quatre mois.

Saint Louis s'intéresse vivement à l'acquisition de la Sainte Couronne. Après une série d'expertises pour vérifier l'authenticité de la relique, il l'acquiert pour 135 000 livres tournois, soit plus de la moitié des revenus annuels de son domaine royal. Sous la conduite des prédicateurs dominicains Jacques et André de Longjumeau, la relique prend la route de France en 1239. Le 10 août 1239, elle fait une entrée solennelle à Villeneuve-l'Archevêque (Champagne). Le 18 août, la Sainte Couronne entre à Paris, devant une foule nombreuse de spectateurs et tout le clergé de la capitale. Lors d'une grande cérémonie organisée le lendemain, la relique est déposée dans la chapelle Saint-Nicolas du Palais de la Cité. Deux ans plus tard, en 1241, le roi poursuit son ambition en acquérant un important morceau de la Vraie Croix ainsi que sept autres reliques de la Passion du Christ, dont le Saint-Sang et la Pierre du Sépulcre. L'année suivante, des fragments de la Sainte Lance et de l'Éponge Sainte s'ajoutent à la collection sacrée.
Un toit à la hauteur de la vénération des reliques
Avec l'acquisition de cette collection de reliques, Saint Louis décide de faire construire une chapelle conçue comme un véritable reliquaire voué à leur vénération. Le nouvel édifice prend place dans le Palais de la Cité, principale résidence de Saint Louis, et remplace l'ancienne chapelle Saint-Nicolas, alors détruite.
Construction de la Sainte-Chapelle (1241 - 1248)
Bien que construite en seulement sept ans, elle ne présente aucun défaut de construction et sa décoration n'a pas été négligée. Elle fait notamment appel à la sculpture, à la peinture et à l'art du vitrail : ce sont ses immenses vitraux historiés, aujourd'hui les plus célèbres, qui constituent la richesse de la Sainte-Chapelle, celle-ci ayant été dépouillée de ses reliques lors de la Révolution française et ayant ainsi perdu sa raison d'être initiale.

Classée Monument historique en 1862, un an avant l’achèvement de sa restauration, l’une des plus réussies de son époque, elle est également inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991.
Conception de la Sainte-Chapelle Ce chef-d’œuvre de l’architecture gothique rayonnante répond à un plan d’une grande simplicité, sans bas-côtés, ni transept, ni déambulatoire, ce qui constitue l’une des deux principales caractéristiques des Saintes-Chapelles. L’autre tient à une élévation à un seul niveau, sans grandes arcades, conséquence de l’absence de bas-côtés et de triforium. Orientée selon les règles, la chapelle comprend deux niveaux, formant deux chapelles superposées : la chapelle basse et la chapelle haute.
Chapelle basse L’atmosphère sombre de la chapelle basse et ses proportions évoquent une crypte, mais la délicatesse des supports contraste avec cette impression, et la décoration y est aussi élégante que dans la chapelle haute.
Chapelle haute C’est la multitude et l’intensité des couleurs qui marquent le plus l’atmosphère de la chapelle haute, ainsi que son élégance et sa hauteur, presque deux fois supérieure à sa largeur. Bien que lumineuse, la chapelle haute n’est généralement pas inondée de lumière, car les vitraux du XIIIe siècle sont semi-opaques. L’élévation y est bien plus simple et structurée que dans la chapelle basse, et toute l’architecture de la Sainte-Chapelle a été conçue pour dégager cet unique grand espace, sans aucun pilier libre. Elle met en valeur la verticalité de murs presque entièrement évidés.
Le bâtiment La Sainte-Chapelle mesure 36,0 m de long, 17,0 m de large et 42,5 m de haut sans la flèche. Cette dernière culmine à 33,25 m, portant le sommet à 75,75 m au-dessus du sol. À l’intérieur, les deux chapelles s’étendent sur 33,0 m de long et 10,7 m de large. La hauteur sous voûte de la chapelle basse n’est que de 6,6 m, contre 20,5 m pour la chapelle haute. En superficie intérieure, la Sainte-Chapelle est comparable à une église de village, mais la largeur de son vaisseau unique rappelle celle de la nef de la cathédrale de Laon, et sa hauteur évoque celle des premières cathédrales gothiques.
La Révolution, la Sainte-Chapelle et les Reliques La Sainte-Chapelle est fermée au culte vers 1790 – et le reste encore aujourd’hui. Elle est alors vidée de tout son contenu et transformée en « siège du Club de la Sainte-Chapelle ». En 1797, elle devient les archives du tribunal voisin, et l’extension de ce dernier menace son existence même. Son sauvetage est décidé en 1836 sous la pression de l’opinion publique, et sa restauration est lancée l’année suivante pour s’achever vingt-six ans plus tard.
Contrairement à ce qui s’observe ailleurs, les reliques elles-mêmes ne sont pas profanées lors de la Révolution française de 1789, car leur ancienneté impose le respect, même aux révolutionnaires non croyants. Mais elles ont été fondues, perdues ou dispersées. Si le grand reliquaire est fondu en 1791, et les châsses en 1791 et 1793 notamment, toujours dans le but de récupérer les métaux précieux, les reliques sont confiées à Jean-Baptiste Gobel, évêque constitutionnel. Elles sont transportées à Saint-Denis, où beaucoup disparaissent dans des conditions encore non élucidées. La Sainte Couronne est déposée au Cabinet des Antiques en 1793, puis remise au cardinal Jean-Baptiste de Belloy en 1804. Elle est aujourd’hui conservée au trésor de Notre-Dame de Paris. Le camée du Triomphe de Germanicus et le buste de Constantin sont envoyés au Cabinet des Médailles, tandis que le missel et trois évangéliaires à plats d’or rejoignent le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Le reliquaire de la « Pierre du Sépulcre » et la Vierge d’ivoire sont conservés au département des Objets d’art du musée du Louvre ; quant au reliquaire de saint Maxien, saint Lucien et saint Junien, il est conservé au musée de Cluny.
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