Rue Royale à Paris, shopping Concorde à Madeleine, son village

La rue Royale à Paris est une artère de 282 m de long située dans le 8e arrondissement, entre la place de la Concorde et la place et l’église de la Madeleine.

La rue Royale à Paris est un ancien marais reliant la place Louis XV (place de la Concorde) à l’emplacement où se dresse aujourd’hui l’église de la Madeleine. L’architecte Gabriel, en concevant la place de la Concorde, a également créé cette rue, bordée d’hôtels particuliers pour l’aristocratie.

Aujourd’hui, la rue Royale à Paris est une artère prestigieuse, abritant les plus grandes enseignes du luxe, notamment dans la mode (Gucci, Dior et bien d’autres) et la gastronomie. C’est en effet sur cette rue que l’on trouve l’établissement célèbre Maxim’s ainsi que Ladurée, mondialement connu pour ses macarons. La rue Royale est perpendiculaire à la rue Saint-Honoré (et ses célèbres couturiers, menés par Hermès) et aux Champs-Élysées.

N’oubliez pas d’admirer la perspective formée par les bâtiments de l’Assemblée nationale à l’ouest, de l’autre côté de la place de la Concorde et de la Seine, ainsi que l’église de la Madeleine à l’est.
Origine du nom
Cette rue Royale à Paris a remplacé la « Porte Saint-Honoré », qui se trouvait à l’angle de la rue Saint-Honoré, construite sous Louis XIII et détruite en 1733. La rue fut aménagée conformément aux lettres patentes du 21 juin 1737, par lesquelles le roi Louis XV ordonna « que les façades des bâtiments à élever dans la nouvelle rue fussent établies selon une architecture uniforme ». Le nom de la rue menant à la place Louis XV (devenue place de la Concorde), créée vers 1755-1760 avec la statue du roi en son centre, était naturellement « royale ».
Construction de la 1re section de la rue
Il s’agit de la section de la rue Royale située entre la place de la Concorde (ou place Louis XV à l’époque) et les rues Saint-Honoré et du Faubourg-Saint-Honoré.

La « rue Royale des Tuileries », comme on l’appelait alors, fut commencée en 1758, selon un projet de façade uniforme d’Ange-Jacques Gabriel. Cette somptueuse opération immobilière fut conçue pour accompagner la création de la place Louis XV (de la Concorde) et fut principalement réalisée par l’architecte et entrepreneur Louis Le Tellier. Il reproduisit des plans et des formules décoratives similaires d’un lot à l’autre. Ces immeubles comptent cinq niveaux, le deuxième étage étant toujours l’étage noble. L’escalier d’honneur se situe à la jonction du retour de la cour et du bâtiment sur rue. L’extrémité sud de la rue, menant à la place de la Concorde, est encadrée par deux hôtels particuliers identiques de Gabriel, dont les façades à colonnes dominent la place : l’hôtel de la Marine à l’est (devenu un musée) et l’hôtel des Monnaies à l’ouest (devenu l’hôtel de Crillon et siège de l’Automobile Club de France).
La rue Royale et la catastrophe de la foule de 1770
Le 30 mai 1770, lors des festivités célébrant le mariage du Dauphin (futur Louis XVI) et de Marie-Antoinette, une bousculade mortelle fit 132 victimes et de nombreux blessés. Comment la police parisienne, enviée dans toute l’Europe, avait-elle pu échouer à ce point ?

En fin de journée, les spectateurs se pressaient vers la place Louis-XV (devenue place de la Concorde). Le procureur général Séguier évalua leur nombre à 400 000, tandis que l’écrivain Louis-Sébastien Mercier affirmait que 2 Parisiens sur 3 étaient dehors. Le chaos débuta lorsque la foule présente sur la place tenta de rejoindre au nord la foire des boulevards, tandis que les forains cherchaient à gagner la place Louis-XV. Les deux colonnes se heurtèrent dans la rue Royale, bloquées par une file de voitures en attente.

Dans le sillage de la tragédie, le Parlement de Paris lança une enquête en réponse à l’indignation populaire. L’instruction devait vraisemblablement impliquer les principaux responsables de la police parisienne, le prévôt des marchands (chef de la municipalité parisienne) et le Bureau de la Ville, le lieutenant général de police et le Châtelet, ainsi que les officiers de la garde et de la milice parisiennes.

L’enquête a mis en lumière le manque de cohésion entre les troupes chargées du maintien de l’ordre. À l’issue de celle-ci, un nouveau règlement confirma pour l’avenir l’hégémonie du Lieutenant général de police sur le maintien de l’ordre public.
La Révolution et la rue Royale à Paris
Avec un nom pareil, la rue Royale ne pouvait manquer d’être particulièrement visée pendant la Révolution française. Vers 1792, elle fut rebaptisée « rue de la Révolution ». Plus tard, elle devint « rue Royale Saint-Honoré », puis, en 1795, « rue de la Concorde », dans un esprit d’apaisement en ces temps troublés, en lien avec le nouveau nom de la place Louis XV. Elle retrouva son nom d’origine par décret préfectoral le 27 avril 1814.
Construction de la 2e section de la rue Royale
Par ordonnance du 20 juin 1824, le secteur autour de l’église de la Madeleine fut réaménagé et plusieurs voies ouvertes, tandis que la rue Royale était prolongée. Le roi Louis XVIII mourut le 16 septembre 1824.

Le prolongement de la rue Royale entre la rue Saint-Honoré et l’église de la Madeleine, passant de 22,80 m à 43 m.
Article 1 : les alignements des nouvelles constructions sont clairement définis sur le plan.
Article 2 : Les propriétaires des immeubles voisins seront tenus de respecter les alignements indiqués pour toute construction qu’ils souhaiteraient édifier.

La rue Royale résidentielle devient l’un des quartiers commerçants de luxe de Paris
L’évolution fut lente après la Restauration. À partir de la fin du XIXe siècle, en revanche, la rue Royale devint l’un des principaux pôles du commerce de luxe à Paris. Les grands joailliers quittèrent le quartier du Palais-Royal pour s’installer rue Royale. Aujourd’hui, on y trouve les enseignes de marques de luxe telles que Chanel, Dior, Gucci et Cerruti.
L’insurrection de la Commune de 1871 et l’incendie de la rue Royale
La sanglante révolte de la Commune, qui embrasa Paris au printemps 1871, n’épargna pas la rue Royale. Ce n’est qu’à la fin de l’insurrection, cependant, que les immeubles portant les nos 15, 16, 19, 21, 23, 24, 25 et 27 furent incendiés, et le quartier subit de lourds dégâts durant les combats. L’incendie débuta le 24 mai 1871, cinq jours avant la fin de l’insurrection communale.
La rue Royale : des édifices remarquables et des monuments chargés d’histoire

N° 1, côté nord de la rue Royale, dans l’ancien Hôtel des Monnaies, où furent signés les traités reconnaissant l’indépendance des États-Unis d’Amérique par la France de Louis XVI. Le premier traité reconnaissant l’indépendance des États-Unis fut signé le 6 février 1778 par Benjamin Franklin, Silas Deane, Arthur Lee et le Français Conrad Alexandre Gérard. Le nom « Hôtel des Monnaies » vient du fait que la centralisation de la frappe monétaire avait été envisagée dans ce bâtiment, mais le choix définitif se porta sur l’immeuble du 6 quai Conti, dans le 6e arrondissement.
Entre la place de la Concorde et le restaurant Maxim’s, sur le pilier sud de l’entrée du n° 1, on peut voir une reproduction d’une affiche de mobilisation française de 1914. L’affiche originale, longtemps oubliée et détériorée par le temps, a été remplacée par une affiche similaire, protégée par une vitrine. N° 2 rue Royale abrite aujourd’hui le Musée Hôtel de la Marine. Jusqu’à la Révolution française, il servait de Garde-Meuble de la Couronne, où étaient entreposés les meubles royaux. Pendant deux siècles, il fut le siège de la Marine nationale, jusqu’en 2015, date à laquelle il fut entièrement restauré. Une partie du bâtiment est désormais un musée rattaché au Centre des Monuments Nationaux et ouvert au public. N° 3 : il s’agit de l’Hôtel de Richelieu. Le restaurant Maxim’s occupe cette adresse depuis 1893. Il se distingue par sa façade et son décor intérieur Art nouveau (1899). Maxim’s appartient aujourd’hui aux héritiers du couturier Pierre Cardin. En 2020, le restaurant est ouvert du mercredi au samedi, pour le déjeuner de 12h30 à 14h et pour le dîner de 19h30 à 22h. N° 5 : ancienne adresse de la boutique de mode Molyneux, fondée en 1919. Edward Molyneux, surnommé « le capitaine Molyneux », né à Londres le 5 septembre 1891 et mort à Monte-Carlo le 23 mars 1974, était un couturier et parfumeur britannique. En 1935(?), le parfum Rue Royale (sic) aurait été créé ici. N° 6 : Hôtel Le Roy de Senneville, construit en 1769 par Louis Le Tellier pour Jean-François Le Roy de Senneville (1715-1784). Il fut ensuite occupé par Marc-Antoine Randon de La Tour, trésorier général de la Maison du roi, condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire le 7 juillet 1794 et guillotiné le même jour.
Madame de Staël loua l’appartement donnant sur la cour lors de son dernier séjour à Paris, à partir d’octobre 1816, et y vécut en recluse après avoir été frappée d’une attaque d’apoplexie en février 1817, alors qu’elle se rendait à un bal chez le duc Decazes. Elle mourut le 14 juillet 1817 dans une maison appartenant à Sophie Gay, près de la rue Neuve-des-Mathurins.
En 1881, avant d’occuper également le n° 9, la célèbre maison de décoration Jansen s’installa dans la baie située à gauche de la porte cochère, intégrant l’ancien appartement de Mme de Staël. À droite de la porte cochère, en 1901, le joaillier Fouquet fit réaliser un décor remarquable de style 1900 pour sa boutique, conçu par Alfons Mucha et réalisé avec l’aide de la Maison Jansen. À l’étage, deux salons ont conservé leur décor d’origine des années 1770. Le passage charretier conserve toujours son plafond voûté plat. L’escalier d’honneur, avec sa rampe en fer forgé de style Louis XV, est toujours présent. N° 8 : Hôtel de La Tour du Pin-Gouvernet, construit en 1769 par Louis Le Tellier. L’architecte Ange-Jacques Gabriel y vécut un temps. Adrien Hébrard, propriétaire de la fonderie Hébrard, y organisa une galerie où il exposait les œuvres de ses artistes. En 1933, la maison de haute couture Jenny Sacerdote s’y installa. Elle ferma en 1940. N° 9 : hôtel construit par Louis Le Tellier après 1781. Louis-Nicolas-Joseph Robillard de Péronville, père de Jacques-Florent Robillard, baron d’Empire sous Napoléon Bonaparte, éditeur du « Musée Royal » pour Napoléon Bonaparte et du « Musée National », y mourut le 24 juillet 1809. Jacques-Florent Robillard, baron de Magnanville, né le 19 juillet 1757 à Étampes et mort le 5 avril 1834 à Versailles, était un marchand français qui fut l’un des premiers régents de la Banque de France, alors institution privée représentant les deux cents plus grandes fortunes françaises (« les 200 familles »). La Banque de France fut finalement nationalisée en 1946 par le général de Gaulle.
Dans le même immeuble de la rue Royale, François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld-Liancourt mourut le 27 mars 1827. Fondateur en 1780 de l’école d’ingénieurs qui existe toujours aujourd’hui et deviendra l’ENSAM (École nationale supérieure des Arts et Métiers), quelques années avant Polytechnique (1794), il était un intime de Louis XVI. Partisan fervent d’une monarchie constitutionnelle, il était isolé à la Cour. C’est lui qui annonça au roi l’assaut de la Bastille alors qu’il se levait le 15 juillet 1789. « Mais est-ce une révolte ? » s’exclama Louis XVI, effrayé par l’agitation du peuple. Il répondit : « Non, sire, c’est une révolution. »
Le Duc voyagea beaucoup à l’étranger pour étudier les meilleures techniques industrielles et agricoles, qu’il expérimenta dans son domaine de Liancourt avant 1789, puis davantage encore après, lorsqu’il fut exilé comme émigré. >br>À sa mort en 1827, les élèves des Arts et Métiers, venus de Compiègne à Paris pour rendre hommage à leur bienfaiteur, se virent refuser le droit de porter son cercueil. Ils en vinrent aux mains avec les sbires qui refusaient de lâcher prise. Le cercueil du Duc s’ouvrit sur le trottoir… Le Duc repose désormais dans le caveau familial du cimetière de Liancourt (Oise). Son premier monument funéraire fut reconstitué dans la « ferme de Liancourt », propriété de la Fondation des Ingénieurs des Arts et Métiers, qui sert aujourd’hui de centre de conférences. Les Ingénieurs Arts et Métiers possèdent également un hôtel particulier au 9 bis, avenue d’Iéna – 75116 PARIS, entre Trocadéro et l’Arc de Triomphe. Ses salons somptueux abritent un restaurant gastronomique, autrefois réservé aux membres, désormais ouvert à tous à prix modéré (tél. 33 1 40 69 27 00).
N° 11 : hôtel construit par Louis Le Tellier, après 1781. Le grand salon aux angles biseautés fut remonté à Paris au musée Nissim-de-Camondo, et la chambre à coucher au Palacio Errázuriz (es), musée des Arts décoratifs de Buenos Aires. La reine Nathalie de Serbie (1859-1941) y vécut. Salle d’exposition Brunner en 1910. N° 13 : hôtel construit par Louis Le Tellier, également après 1781. L’écrivain Jean Baptiste Antoine Suard, secrétaire perpétuel de l’Académie française, y mourut le 20 juillet 1817. Un salon de l’appartement donnant sur la rue fut remonté au Philadelphia Museum of Art, à Philadelphie (Pennsylvanie). N° 14, angle de la rue Saint-Honoré : à l’emplacement de l’agence du Crédit Lyonnais, présente depuis au moins 1910, un cabaret portant le nom de La Porte Saint-Honoré se tenait à la fin du XIXe siècle. Ce nom rappelait l’ancienne porte de l’enceinte de Louis XIII, qui se dressait à cet endroit et fut démolie en 1733. Le physiologiste Claude Bernard vécut dans cette maison en 1859. Le 5 avril 1939, le bâtiment devint le siège de L’Oréal, dont l’actionnaire principal était alors Eugène Schueller, et dont les descendants (famille Bettencourt Meyers) le sont toujours aujourd’hui. Les locaux de l’entreprise occupent tous les immeubles de cette adresse, s’étendant jusqu’à la rue Saint-Florentin, qui lui est parallèle. N° 15 : joaillier Heurgon, fondé en 1865. Depuis, cette célèbre enseigne parisienne s’est étendue à tout l’immeuble et jusqu’au 25, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Cette BOUTIQUE PARIS 8 se situe à quelques dizaines de mètres de là, au 58, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. N° 16 : la pâtisserie Ladurée fut fondée à cette adresse de la rue Royale en 1862. En 1871, après l’incendie du bâtiment dû à la Commune, la pâtisserie se transforma en salon de thé. Ernest Ladurée eut l’idée de mêler le café parisien et la pâtisserie, donnant ainsi naissance à l’un des premiers salons de thé de la capitale. C'était un lieu de rencontre pour les femmes qui avaient abandonné les cercles plus à la mode. Le bâtiment est classé et a conservé la même décoration depuis sa reconstruction après l'incendie. Ladurée est une entreprise capitalistique toujours célèbre pour ses macarons, avec plusieurs boutiques à Paris et dans le monde entier.
N° 20 : Le photographe Eugène Druet y a ouvert une galerie d'art en 1908.
N° 21 : Ce bâtiment a abrité la brasserie Weber de 1899 à 1961. Avant 1914, il était un lieu de rencontre pour écrivains, journalistes et artistes. Après les émeutes du 6 février 1934 (manifestation de rue à Paris organisée par plusieurs ligues d'extrême droite ; la police a tiré et tué 15 manifestants), les blessés furent transportés à Weber pour les premiers soins. À partir de 1905, il fut la propriété de l'hôtelier Arthur Millon, puis de son gendre René Kieffer (1880-1945).
N° 22 : Le duc Pasquier est mort à cette adresse en 1862.
N° 23 : Construit en 1907 sur l'emplacement d'une ancienne salle des Missions évangéliques et d'un théâtre éphémère connu sous le nom de Théâtre Royal (1906). En 1889, le photographe Eugène Pirou y avait ses studios photographiques.
N° 24 : Jean-Jacques Lubin (1765-1794), peintre et membre de l'insurrection de la Commune de Paris, fut guillotiné le 11 Thermidor an II (29 juillet 1794). Il habitait au 24, rue de la Révolution (anciennement rue Royale) au moment de son exécution.
Môme, humoriste de l'époque de la Belle Époque, célèbre pour son écriture acerbe et son humour absurde, ainsi que pour ses calembours et ses vers holorimes. Il est parfois considéré comme l'un des plus grands conteurs de la langue française.
N° 25 : Entrée de la Cité Berryer, qui s'étend jusqu'au 24 rue Boissy-d'Anglas ; emplacement de l'ancien marché d'Aguesseau, inauguré en juillet 1746. Du 1927 au 1987, le cinquième étage abritait l'agence de presse photographique Keystone. C'est en 1746, sur un terrain non bâti, que naquit cette cité à la frontière entre la Cour de Commerce et le Passage caché. Le quartier était très prisé à l'époque. Les structures et les façades des bâtiments, classés monuments historiques depuis 1987, ont été préservées lors de la rénovation des années 1990. Désormais, ce ne sont plus des commerces alimentaires, mais des boutiques de luxe (Dior, Chanel, Alain Martinière...) qui bordent la Cité Berryer. Ses jolies maisons, balcons fleuris, pavés et réverbères d'autrefois composent un tableau charmant.
N° 27 et n° 3 place de la Madeleine, un bâtiment qui abritait autrefois la Brasserie Autrichienne, gravement endommagée par des projectiles tirés pendant la Commune, dans la seconde quinzaine de mai 1871. Le Restaurant Larue, ouvert au même endroit en 1886, a accueilli Proust au début des années 1900, et, de 1924 à 1925, les dîners mensuels « Dîner Bixio ».
N° 33 (bâtiment disparu). C'était un établissement de boissons appelé l'Irish and American Bar, fréquenté par Henri de Toulouse-Lautrec, qui en a dessiné plusieurs représentations, dont Gabriel Sue et le duo de clowns Foottit et Chocolat.