Pont au Change, un lien entre le musée Pompidou et le Quartier latin
Le pont au Change relie l’île de la Cité, depuis le Palais de Justice, la Conciergerie et le Tribunal de commerce, à la rive droite au niveau du théâtre du Châtelet. Il se situe à la limite entre les 1er et 4e arrondissements de Paris.
Son frère jumeau, le pont Saint-Michel, prolonge cette perspective, de l’autre côté de la Seine au sud. Il relie le boulevard du Palais, qui passe devant le Palais de Justice, à la place Saint-Michel (dans le Quartier latin, sur la rive gauche).
Le pont au Change, aussi appelé pont-aux-changes, est l’un des trente-sept ponts parisiens qui enjambent la Seine.
Il relie le quai de la Mégisserie, le quai de Grèves et la place du Châtelet (rive droite au nord) aux quais de Corse et de l’Horloge sur l’île de la Cité (rive gauche au sud).
Les tympans des piles du pont portent la lettre N de Napoléon, couronnée de lauriers, sculptée par Cabat.
Le pont au Change, sur le bras principal de la Seine, se situe en aval du pont Notre-Dame et en amont du pont Neuf
Le pont du IXe siècle
Le premier pont construit ici au IXe siècle, sous le règne de Charles le Chauve, s’appelait le « Grand-Pont », par opposition au « Petit-Pont » qui franchit le petit bras de la Seine au sud de l’île de la Cité. Aujourd’hui, c’est le pont Saint-Michel.
Comme la plupart des ponts de l’époque, le pont au Change supportait aussi des maisons et des commerces.
Les crues de la Seine, qui ne datent pas d’hier
Les crues de 1196, 1206 et 1280 emportèrent six arches. Reconstruit, il fut balayé par celle de décembre 1296. En 1280, la Seine débordait à nouveau. Gilles Corrozet écrit : « En l’an mil deux cent quatre-vingts, la rivière de Seine fut si grande à Paris, qu’elle rompit la grande arche du Grand-Pont, une partie du Petit-Pont et enferma toute la ville, qu’on ne pouvait y entrer sans bateau. »
Il est remplacé par un nouveau Grand-Pont qui deviendra le « pont-aux-changeurs ». On construit aussi, un peu en aval, le pont aux Meuniers. Au XIVe siècle, une partie des moulins et des bâtiments édifiés sur ce pont appartenaient au Chapitre de Notre-Dame de Paris. Ce pont servait à se rendre à Notre-Dame lors des entrées solennelles des souverains. Les volaillers devaient alors lâcher deux cents douzaines d’oiseaux au passage du cortège, en échange de l’autorisation qui leur était accordée d’exercer leur commerce sur ce pont les dimanches et jours fériés.
Les crues persistent. Le pont au Change perdit deux piles lors de la crue de 1616. Il fut détruit dans la nuit du 23 au 24 octobre 1621 par la propagation de l’incendie du pont Marchand voisin.
Les deux ponts furent remplacés par un pont provisoire appelé pont de Bois, avant que le pont au Change ne soit reconstruit aux frais des joailliers et orfèvres, de 1639 à 1647.
Origine du nom du pont au Change
Ce pont doit son nom aux changeurs et orfèvres qui s’y installèrent sur ordre de Louis VII.
Son nom actuel vient du fait que les changeurs, les « courtiers de change », y tenaient leur banc pour échanger les monnaies. Ils contrôlaient et régulaient les dettes des communautés de fermiers pour le compte des banques. À l’époque, les bijoutiers, orfèvres et changeurs avaient installé leurs boutiques si serrées que la Seine n’était plus visible depuis le pont.
Le pont de 1647 et les crues suivantes
Le pont fut reconstruit de 1639 à 1647 d’après les plans d’Androuet du Cerceau aux frais de ses occupants : le pont de pierre comptait sept arches et était alors le plus large de la capitale (38,6 m). Il fut encore gravement endommagé par les crues de 1651, 1658 et 1668.
Lors de sa construction, un monument rendant hommage à la gloire du jeune Louis XIV ainsi qu’à ses parents, Louis XIII et Anne d’Autriche, fut érigé à l’extrémité du pont, sur la rive droite. Ce monument fut réparé en 1740, puis détruit entre 1786 et 1787. Les maisons que le pont supportait furent également rasées. Le peintre Hubert Robert a immortalisé leur démolition dans plusieurs toiles, dont deux sont conservées au musée Carnavalet à Paris.
Le Pont-au-Change pendant la Révolution de Juillet
Durant les « Trois Glorieuses », les abords du Pont-au-Change furent le théâtre d’affrontements entre les insurgés et les troupes.
Le Pont-au-Change de 1860 : le pont actuel
Le Pont-au-Change actuel fut construit entre 1858 et 1860 sous le règne de Napoléon III et porte ainsi son monogramme impérial. Pendant les travaux, un pont provisoire fut installé entre les deux rives. Sur le même modèle que ce nouveau pont, le Pont Saint-Michel, reconstruit à la même époque, franchit la Seine en alignement avec la rive gauche opposée de l’Île de la Cité, en direction du sud de la Capitale.
Le Pont-au-Change, long de 103 m et large de 30 m, fut construit par les ingénieurs Vaudrey et Lagalisserie entre 1858 et 1860. Il se compose de trois arches de 31 m chacune (contre 6 ou 7 pour les précédents ponts), en anse de panier. Il prolonge le Pont Saint-Michel, son frère jumeau, vers la rive droite.
Les librairies près du Pont-au-Change
Situé entre la Conciergerie et le Louvre, le quartier compte également de nombreuses librairies sur les quais proches du pont. Depuis 1578, des livres sont exposés sur les berges de la Seine. Autrefois, les marchands circulaient avec des caisses de livres accrochées à leur cou. On leur doit le nom de « col-porteurs ». Ils étaient 120 en 1732 et bien plus nombreux après la Révolution. En 1822, leur profession fut reconnue. En 1891, ils furent autorisés à laisser leurs marchandises sur place avec l’apparition des fameuses boîtes vertes. Fixées aux quais par des cadenas, elles font partie intégrante de l’histoire de Paris.