Palais du Luxembourg, jardins, musée et Sénat au même endroit

Le Palais du Luxembourg a été construit sur l’emplacement d’un hôtel particulier du XVIe siècle ayant appartenu à François de Piney, duc de Luxembourg. Cette famille n’a qu’un lien lointain et indirect avec le duché de Luxembourg. Par ailleurs, à l’époque de l’achat, cette lignée était éteinte depuis longtemps et le duché était détenu par l’Espagne.

Aujourd’hui, le Palais du Luxembourg se situe à proximité du Panthéon et de la Sorbonne, à Paris.
Trois entités en un même lieu
En effet, ce que l’on appelle « le Luxembourg » est composé de trois entités, toutes indépendantes mais placées sous l’autorité du Sénat, la Haute Assemblée de la branche législative de l’État français.

Le Palais du Luxembourg, qui abrite la Haute Assemblée
Le Jardin du Luxembourg, où se trouve le Palais
Le Musée du Luxembourg, dont les origines remontent à 1750

Le Palais du Luxembourg : le bâtiment
La régente Marie de Médicis, veuve d’Henri IV, acheta l’hôtel et le domaine dit « de Luxembourg » en 1612 et ordonna en 1615 la construction du bâtiment, dont les travaux débutèrent en 1624 et s’achevèrent en 1631. Mais elle fut exilée par son fils Louis XIII à la suite de complots (Journée des Dupes). À sa mort en 1642, elle légua le Palais du Luxembourg à son second fils, Gaston, duc d’Orléans, frère cadet du roi Louis XIII. Après une série de successions, le Palais revint dans le giron royal. En décembre 1778, le roi Louis XVI attribua le domaine et le château à son frère, Louis-Stanislas-Xavier, comte de Provence, futur Louis XVIII. Après que ce dernier eut fui en 1791 pour échapper aux révolutionnaires, le Palais du Luxembourg fut déclaré « bien national » et transformé en prison jusqu’en 1795.
Le Luxembourg au cœur du pouvoir
Les cinq Directeurs de la France s’y installèrent (le gouvernement de l’époque, appelé « Directoire », était dirigé par cinq Directeurs). Bonaparte, Premier Consul, s’installa au Palais du Luxembourg le 15 novembre 1799 (le régime français était alors passé au « Consulat », dirigé par trois Consuls dont Bonaparte était le Premier). Le Sénat conservateur, assemblée créée par la Constitution de l’an VIII (promulguée le 28 février 1800), s’y installa par anticipation dès le 28 décembre 1799. En 1800, Napoléon Bonaparte fit transformer le bâtiment par l’architecte Chalgrin, et en 1804, les premiers sénateurs, au nombre de quatre-vingts, s’y installèrent. Ils formaient le « Sénat conservateur », chargé d’approuver les décisions de l’empereur. En 1814, avec le retour de la royauté des Bourbons, le Palais fut attribué à la Chambre des pairs. Il conserva dès lors sa vocation parlementaire. Le Palais du Luxembourg fut ensuite attribué à toutes les chambres hautes successives des différents régimes.

Quelques années plus tard, se posa la question de l’installation des 271 membres qui composaient alors la « Chambre des pairs ». En 1836, Louis-Philippe demanda à l’architecte Alphonse de Gisors d’agrandir le palais. Le bâtiment est celui que nous connaissons aujourd’hui.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le palais fut occupé par les Allemands, puis libéré par les troupes alliées en 1944.
Le Palais du Luxembourg et le Sénat actuel
En 1958, le général de Gaulle créa la Cinquième République : il rétablit le Sénat, celui que nous connaissons encore aujourd’hui. Les 321 sénateurs du Palais du Luxembourg siègent en commissions pour examiner les textes de loi. Il s’agit de la Haute Assemblée, mais elle n’a pas de primauté sur l’Assemblée nationale : les lois sont amendées et votées par les deux chambres (navette parlementaire), mais en « lecture définitive », seuls les textes votés en dernier lieu par l’Assemblée nationale sont promulgués en loi.

Le président du Sénat est la deuxième personnalité de l’État après le président de la République. Cela signifie qu’en cas de vacance de la présidence de la République (décès, maladie, etc.), le président du Sénat devient de facto « président par intérim » de la France en attendant l’élection du nouveau président de la République.

Il convient de noter que la bibliothèque du Sénat compte 450 000 ouvrages.
La visite du Palais du Luxembourg et des espaces occupés par le Sénat
Il est possible de visiter la partie du Palais du Luxembourg occupée par le Sénat, mais celle-ci est très réglementée : il s’agit en effet de l’une des deux assemblées législatives de la France. (Voir ci-dessous les conditions...).
Lorsque la Haute Assemblée siège (généralement les mardis, mercredis et jeudis), il est possible d’assister aux séances, sur invitation d’un sénateur.
Les autres visites sont interdites, sauf pour des groupes de 40 personnes maximum et sur l’initiative de sénateurs. (Délai de 3 mois).

En plus de l’hémicycle où siègent les assemblées, le Sénat abrite des salles et des galeries somptueuses et historiques, comme la Salle des Livres d’Or, la Chapelle, la Bibliothèque de 52 mètres de long et 450 000 volumes, son annexe, la Salle des Conférences, l’Escalier d’Honneur, tous ornés de statues, de boiseries dorées et de plafonds peints.
Les Jardins du Palais du Luxembourg
Marie de Médicis a particulièrement veillé à créer un parc de 24 hectares autour de son palais, avec 2 000 ormes, des fontaines et des grottes à l’italienne, inspirées de la grotte Buontalenti des jardins de Boboli à Florence, sa ville d’origine.

Les jardins du Luxembourg frappent aujourd’hui le promeneur par la juxtaposition de leurs parterres à la française, que traverse le méridien de Paris et qui est encadré par les statues des Reines et Dames illustres, et, le long de la rue Auguste-Comte, de leur jardin à l’anglaise au tracé nonchalant de ses allées. Plus à l’ouest, vers la rue Vavin, un jardin fruitier abrite notamment un conservatoire de vieilles variétés de poiriers comme la Beurré Hardy. Près de la porte Vavin, une ruche a été installée par le Sénat.
Le Musée du Luxembourg, près du Palais dans le Jardin du Luxembourg
Le Musée du Luxembourg se situe dans la partie nord-ouest du Jardin du Luxembourg. L’accès se fait par les jardins et par la rue de Vaugirard.

Marie de Médicis avait commandé à Rubens une série de peintures pour chacun des appartements. Elles devaient former deux cycles, celui de la vie de Marie de Médicis, destiné à la galerie de son appartement, et un cycle de la vie d’Henri IV qui ne fut pas achevé (destiné à la galerie du roi). La série consacrée à la reine mère se trouve aujourd’hui au Louvre.

Le Musée du Luxembourg fut le premier musée français ouvert au public en 1750, près de cinquante ans avant la création du musée du Louvre. Il était destiné à exposer au public les collections appartenant au roi et conservées à Versailles. L’abbé Gougenot rédigeait ce rapport : « La collection des tableaux du roi [...] s’élève aujourd’hui à 1 800 pièces, tant des maîtres étrangers que de notre école. Sur ce nombre, M. de Tournehem vient d’en faire exposer 96. On a lieu d’espérer qu’il nous les fera successivement revoir, au moins celles qui peuvent être aisément transportées. » Ces tableaux du roi étaient exposés à côté des toiles achevées de Rubens. Les visites avaient lieu les mercredis et samedis, en créneaux de seulement trois heures ! La plupart des collections de cette époque furent rapatriées au Louvre.

Depuis 2000, le Musée du Luxembourg présente deux expositions par an. Les grands thèmes du programme sont la Renaissance en Europe, les liens entre l’art et le pouvoir, ainsi que le rôle de Paris comme capitale des arts. Proche du Palais et du Jardin du Luxembourg, le musée, propriété du Sénat, bénéficie d’un cadre exceptionnel en plein cœur du Quartier latin. Ses espaces ont été entièrement repensés par l’architecte Shigeru Ban pour accueillir le restaurant/ salon de thé Angelina ainsi que les ateliers pédagogiques du musée.