Musée Picasso, collection d'art mondialement célèbre, unique, personnelle, 200 000 pièces
Le Musée Picasso est le principal musée national français dédié à la vie et à l’œuvre de Pablo Picasso ainsi qu’aux artistes qui lui étaient liés. Il est installé dans l’hôtel Salé, un bâtiment du XVIIe siècle situé dans le célèbre quartier du Marais à Paris.
L’hôtel Salé, entièrement restauré à l’exception des boiseries du salon qui ont été recouvertes, abrite désormais le Musée Picasso, conçu par l’architecte Roland Simounet et inauguré le 28 septembre 1985. Il abrite la collection la plus riche au monde d’œuvres de l’artiste, couvrant toutes ses périodes.
Il a fait l’objet d’une rénovation entre septembre 2011 et octobre 2014, sous la supervision de l’architecte Jean-François Bodin. Résultat : un espace d’exposition digne d’accueillir les collections du musée, une visite facilitée. On déambule avec émotion dans ce cadre historique modernisé et épuré où près de 500 œuvres du maître sont exposées. Et quand on sait que le musée en possède près de 5 000, les occasions d’admirer ce patrimoine exceptionnel sont nombreuses !
L’immense collection du Musée Picasso
L’inventaire en ligne des œuvres du Musée Picasso, réalisé en 2015, comptait 4 609 œuvres sur un total de 4 949, dont 4 862 réalisées par Picasso. S’y ajoutaient également 17 623 photographies, 384 films, 11 000 livres, dont 89 illustrés par Picasso, et 200 000 documents d’archives.
297 peintures, dont 254 de Picasso et 43 issues de sa collection privée de chefs-d’œuvre : 8 Matisse, 7 Renoir, 4 Le Douanier Rousseau, 3 Cézanne, 3 Corot, 2 Braque, 2 Derain, 2 Miró, 1 Courbet, Gauguin, Vuillard, Marie Laurencin, Modigliani, Van Dongen, Ernst, Balthus, Ortiz de Zárate, Chardin, Le Nain et Maître de la Procession du Bélier ;
environ 3 900 œuvres graphiques :
1 852 dessins, dont 1 773 de Picasso, incluant certains de ses carnets, 26 de Chirico, 9 de Cocteau, 5 de Seurat, 3 de Derain, Giacometti, Matisse et Max Jacob, 2 de Luis Fernández et Roland Penrose, 1 de Balthus, Braque, Brauner, Cézanne, Corot, Dalí, Laurencin et 14 autres artistes ;
2 111 estampes et affiches, dont 1 781 estampes de Picasso, 3 de Julio González, 11 de Degas, 1 de Marcoussis et Dalí ;
264 matrices d’estampes de Picasso, sur cuivre et divers autres supports ;
223 sculptures, dont 2 monumentales, soit 200 de Picasso, et 22 des 110 objets ibériques, africains et océaniens issus de son ancienne collection personnelle ;
108 céramiques de Picasso ;
18 œuvres en trois dimensions de Picasso, dont des assemblages ;
2 objets : une presse et un fauteuil palette ;
51 objets mobiliers de Diego Giacometti.
À titre de comparaison, 20 collections publiques françaises possèdent des œuvres de Picasso. Le Musée national d’art moderne du Centre Georges-Pompidou n’en compte « que » 185, dont 72 peintures et 10 sculptures. Autre exemple : le Musée de l’Orangerie en possède 12 peintures de Picasso.
La diversité des œuvres et des collections de Picasso
Picasso était un artiste qui a exercé son art dans de nombreux domaines. Il en allait de même pour les objets qu’il a collectionnés tout au long de sa vie :
Céramiques
Gravures
Peintures
Photographie
Sculpture
Le Musée Picasso propose une sélection culturelle variée, destinée à tous les publics, avec l’ambition de faire découvrir l’œuvre de Picasso au plus grand nombre.
Rétrospective de la vie de Pablo Picasso
Cette rétrospective retrace la vie de l’artiste, de sa naissance à sa mort, et illustre la longue et riche existence de Picasso. Pour la consulter, cliquez sur « Presque un siècle d’un artiste exceptionnel ».
Plan du Musée Picasso
Pour faciliter votre visite au Musée Picasso, consultez le plan des salles d’exposition en cliquant sur chrome-extension://oemmndcbldboiebfnladdacbdfmadadm/https://www.museepicassoparis.fr/sites/default/files/2021-05/Plan%20PR-F-Rodin.pdf
L’origine des collections du Musée Picasso : principalement des dons des héritiers
La collection personnelle de Picasso, qu’il avait constituée de son vivant en réunissant des œuvres de ses amis (Braque, Matisse, Miró, Derain, etc.), des maîtres qu’il admirait (Cézanne, le Douanier Rousseau, Degas, Le Nain, etc.) ainsi que des œuvres originales, fut donnée à l’État français en 1978, avant sa mort, pour être présentée au musée du Louvre. Elle est naturellement entrée dans les collections du Musée Picasso lors de sa création.
En 1990, quatre ans après la mort de Jacqueline Roque, épouse de Picasso, le musée a reçu un nouveau don. 47 peintures, 2 sculptures, une quarantaine de dessins, des céramiques, des gravures enrichissent et complètent la collection initiale. Enfin, en 1992, les archives personnelles de Picasso ont été données à l’État. Avec leurs milliers de documents et de photographies, qui couvrent toute la vie de l’artiste, elles contribuent à faire du Musée Picasso le principal centre d’étude de sa vie et de son œuvre.
8 millions d’euros : le vol d’un carnet de dessins, estimé à 8 millions d’euros, a été constaté au musée le 9 juin 2009.
Comment l’Hôtel Salé est devenu le Musée Picasso
L’Hôtel Salé est probablement, comme l’écrivait Bruno Foucart en 1985, « le plus grand, le plus extraordinaire, pour ne pas dire le plus extravagant des grands hôtels parisiens du XVIIe siècle ». Il a connu plusieurs occupants, et c’est même une caractéristique de ce lieu, qui, paradoxalement, jusqu’à sa destination muséale, a été peu « habité », mais loué à divers particuliers, hôtes prestigieux et institutions.
Le premier propriétaire de l’Hôtel Salé : Pierre Aubert de Fontenay
L’Hôtel Salé fut construit par Pierre Aubert de Fontenay, en même temps qu’un autre chantier ambitieux : le château de Vaux-le-Vicomte de Nicolas Fouquet. En effet, Pierre Aubert était un protégé de Fouquet, qui fit fortune dans les années 1630 et 1640 et devint un important financier parisien, conseiller et secrétaire du roi. La « ferme des gabelles » (impôt sur le sel) fut une réussite. Pierre Aubert de Fontenay percevait l’impôt sur le sel au nom du roi en échange d’une somme forfaitaire (bien sûr moindre), ce qui consolida encore sa position financière. Cette charge donna son nom habituel à l’hôtel, bientôt surnommé « l’Hôtel Salé », en référence au mot français « sel », dont l’adjectif se décline en « salé ».
Le futur propriétaire de l’Hôtel Salé était un riche « bourgeois gentilhomme » souhaitant afficher son ascension sociale récente. Il choisit un quartier encore peu saturé d’immeubles, que Henri IV avait voulu encourager en faisant construire la Place Royale (actuelle place des Vosges). Le 16 mai 1656, Pierre Aubert, seigneur de Fontenay, acheta aux religieuses de Saint-Anastase, pour 40 000 livres, un terrain de 3 700 mètres carrés situé au nord de la rue de la Perle. Trois ans plus tard, à la fin de l’année 1659, les travaux étaient achevés et Pierre Aubert pouvait emménager dans son nouvel hôtel. La décoration sculptée, dont l’escalier somptueux, fut confiée aux frères Gaspard et Balthazar Marsy ainsi qu’à Martin Desjardins.
Architecture du moment de construction dite « mazarine »
L’Hôtel Salé est un exemple typique de l’architecture mazarine, marquée par une profonde rénovation des formes architecturales. Le baroque italien, introduit par le cardinal Mazarin, était à la mode et poussa les architectes à imaginer de nouveaux volumes, qu’ils associèrent au legs de François Mansart. Ainsi, l’Hôtel Salé présente un double corps de logis et une double enfilade de pièces, une innovation qui permet d’agrandir la surface. Son plan est asymétrique : la façade de la cour est divisée en deux par une aile perpendiculaire séparant la cour principale de la cour basse. La cour elle-même reflète les innovations de l’époque : elle s’inscrit dans une courbe tendue qui dynamise la façade. Cette dernière est rythmée par sept travées d’ouvertures qui mettent en valeur l’avant-corps central sur trois niveaux.
Le fronton du petit avant-corps classique fait référence à Mansart ; au-dessus, l’immense fronton à motif héraldique, orné d’acanthes, de fruits et de fleurs, s’inscrit dans le baroque. L’abondance de la décoration sculptée (sphinx et amours) est aussi le signe du caractère baroque global de la façade, plus sobre côté jardin.
Enfin, l’escalier d’honneur est le chef-d’œuvre de la demeure. Il s’inspire de l’escalier de Michel-Ange à la bibliothèque Laurentienne de Florence. Pas de cage close, mais deux volées d’escaliers impériaux, surmontés d’un balcon en saillie et d’une galerie. Multipliant les effets de perspective et les vues plongeantes, l’escalier est un véritable salon. Quant à la décoration en stuc sculpté, elle a été qualifiée de « sorte de traduction plastique des peintures d’Hannibal Carrache dans la galerie Farnèse » (Jean-Pierre Babelon) : aigles tenant des foudres, génies aux guirlandes, pilastres corinthiens, divinités diverses font tourner la tête.
En 1660, Pierre Aubert de Fontenay acheta divers bâtiments qui gênaient l’accès à la rue Vieille-du-Temple par les jardins. Parmi eux se trouvait un « jeu de paume » qui abrita le Théâtre du Marais de 1634 à 1673, où Corneille écrivit ses premières pièces, Pierre Aubert ayant maintenu le bail aux comédiens de l’époque.
Comment l’Hôtel Salé devint le musée Picasso
L’Hôtel Salé est probablement, comme l’écrivait Bruno Foucart en 1985, « le plus grand, le plus extraordinaire, pour ne pas dire le plus extravagant des grands hôtels parisiens du XVIIe siècle ». Il a connu plusieurs occupants, et c’est même une caractéristique de ce lieu, qui, paradoxalement, jusqu’à son affectation comme musée, fut peu « habité », mais loué à divers particuliers, hôtes prestigieux et institutions.
Les successeurs de Pierre Aubert
Pierre Aubert ne fit qu’un passage de trois années à peine dans ce luxe. Il se brouilla avec Nicolas Fouquet en 1663 !
Après sa ruine, cet hôtel somptueux fait l’objet des convoitises de nombreux créanciers. Les procédures judiciaires durent soixante ans. Pendant ce temps, l’hôtel est loué à la République de Venise pour y abriter son ambassade, puis il est vendu en 1728. En 1790, pendant la Révolution et en tant que « bien d’émigré », il est séquestré et transformé en « dépôt littéraire national » pour inventorier et conserver les livres saisis dans les couvents du quartier. Revendu en 1797, il reste dans la même famille jusqu’en 1962. Durant cette période, il est loué à diverses institutions : le pensionnat Ganser et Beuzelin, fréquenté par Balzac, l’École d’ingénieurs de Centrale des arts et manufactures (1829-1884), puis un maître bronziers et serrurier, Henri Vian, remplacé par un consortium aux mêmes activités (jusqu’en 1941), et enfin, à partir de 1944, l’École des métiers d’art de la Ville de Paris.
La Ville de Paris achète l’hôtel en 1962 (après expropriation) et le classe monument historique le 29 octobre 1968. Rien ne subsiste de sa disposition d’origine. La Ville de Paris n’y installe pas le musée du costume comme prévu, mais, après la mort de Picasso (8 avril 1973), elle loue l’Hôtel Salé à l’État, qui y installe le musée consacré à l’artiste. C’est en 1974 que la rencontre entre les œuvres de Picasso et l’Hôtel Salé est décidée. En 1976, un concours désigne Roland Simounet pour concevoir le musée dans cet hôtel historique entièrement restauré. De 1974 à 1979, l’hôtel retrouve la plupart de ses volumes initiaux, avant d’être réaménagé par l’architecte Roland Simounet. Le musée ouvre au public en 1985.
La dernière période de rénovation et d’extension majeure du musée Picasso (septembre 2011 - octobre 2014)
Le musée national Picasso-Paris ferme ses portes pendant trois ans. Pendant cette période de travaux, un ensemble représentatif d’œuvres de la collection est présenté dans de grandes expositions internationales organisées par le musée sous le titre : « Chefs-d’œuvre du musée national Picasso-Paris ».
Ces expositions, qui ne sont pas des prêts mais des locations, ont rapporté 31 millions d’euros au musée entre 2008 et 2012. Ce programme a compté 14 étapes dans 11 pays différents.