Musée de l'Hôtel de la Marine, monument, exposition d'art et 200 ans d'histoire

L’Hôtel-de-la-Marine est le nouveau monument de la place de la Concorde, ouvert en juin 2021. Il s’agit d’un édifice unique, un palais du XVIIIe siècle en plein cœur de Paris. Vous y découvrirez ses appartements du XVIIIe siècle rénovés, ses salons d’apparat et ses restaurants, le tout dans un bâtiment entièrement restauré. Il abrite également la collection Al Thani du Qatar pour une durée de vingt ans.
Les débuts de l’histoire de ce qui deviendra l’Hôtel-de-la-Marine
En 1748 à Paris, les échevins de la ville décidèrent d’offrir au Souverain (Louis XV) un monument à sa gloire personnelle sous la forme d’une statue équestre représentant un imperator romain. Le projet fut ensuite élargi à la construction d’une esplanade monumentale dédiée à la gloire du Roi, sur le modèle des trois places royales existantes : la place des Conquêtes (place Vendôme), la place Royale (aujourd’hui place des Vosges) et la place Dauphine (aujourd’hui place des Victoires).
Plusieurs emplacements furent envisagés, et après bien des hésitations, le Roi choisit finalement la zone marécageuse au pied de la colline de Roule, entre le célèbre bois des Champs-Élysées et l’extrémité ouest du jardin des Tuileries. Au XVIIIe siècle, il s’agissait d’une esplanade entourée d’un fossé servant de dépôt de marbres et reliée par une barrière à un poste de gabelle et au port aux marbres. Deux grands égouts à ciel ouvert traversaient les deux extrémités de ce terrain, l’un se jetant dans le fossé des Tuileries, l’autre le long des Champs-Élysées. Ce n’est qu’en 1772 que la place Louis XV fut « presque » achevée.
L’aménagement de la place Louis XV (aujourd’hui place de la Concorde)
Au nord, on décida de construire deux palais jumeaux aux façades classiques monumentales. Ils devaient encadrer la rue Royale de part et d’autre. Cependant, ils restèrent inutilisés, si bien qu’en 1757, seules les façades de ces hôtels furent édifiées en guise de décoration fermant la place Louis XV au nord, sans qu’aucun bâtiment ne soit construit derrière elles.
La construction du bâtiment derrière les façades, conçu par Ange-Jacques Gabriel, s’étala de 1757 à 1774 sous la direction de l’architecte et contrôleur général des Bâtiments du Roi, Louis-François Trouard. Il restait cependant à attribuer une destination à ces édifices. Ce fut chose faite en 1767.
Deux palais, dont l’un destiné aux meubles du Roi : l’Hôtel-de-la-Marine d’aujourd’hui
Le palais occidental (aujourd’hui l’hôtel Crillon) devait abriter la Monnaie, mais, trop éloigné du centre des affaires, il fut finalement divisé en quatre lots dont les acquéreurs durent construire à leurs frais des maisons particulières.
Le palais oriental ou hôtel du Garde-Meuble (celui de droite lorsqu’on regarde depuis l’obélisque) était destiné au Garde-Meuble royal (l’administration chargée des meubles du Roi). Alors qu’il ne devait occuper qu’une partie du bâtiment, le Garde-Meuble en prit possession dans son intégralité en 1767. C’est ainsi que naquit ce que l’on appelle aujourd’hui l’Hôtel-de-la-Marine.

Précurseur du présent « Mobilier national », cette institution était chargée de la sélection, de l’achat et de la conservation des meubles et collections du Roi : armes et armures, cadeaux diplomatiques, tissus, tentures et tapisseries, vases en pierres dures, porcelaines, chinoiseries, bronzes, biscuits… mais aussi ustensiles de cuisine et linge de maison.

Enfin, le Garde-Meuble conserve les diamants de la Couronne de France, les bijoux personnels du roi et de la famille royale.
L’organisation du Garde-Meuble Royal avant l’Hôtel-de-la-Marine
Le Contrôleur général du Garde-Meuble et Intendant du roi, Pierre-Elisabeth de Fontanieu, installa son administration en répondant à ses besoins : entrepôts, ateliers, appartements, galeries d’exposition. Mais il rassembla aussi, avec un goût sûr et éclairé, l’essence des arts décoratifs les plus luxueux, raffinés et innovants du XVIIIe siècle. Il guida ainsi le goût français et européen et le porta à un niveau d’excellence inégalé. Marchands, artistes, artisans et mécènes se pressaient au Garde-Meuble et étaient reçus dans des salons parfois plus somptueux que les demeures royales.
L’intendance n’est pas oubliée au Garde-Meuble Royal
L’hôtel abrite également plusieurs appartements, dont celui de l’intendant du Garde-Meuble. On y trouve aussi la chapelle du cardinal de Richelieu, une buanderie, une bibliothèque, des ateliers et des écuries.
Ouverture du Garde-Meuble Royal au public
En 1777, Fontanieu inaugura aussi le principe de l’exposition et du musée en ouvrant des galeries accessibles au public chaque premier mardi du mois, de 9 heures à 13 heures, « de Quasimodo à la Saint-Martin » (du premier dimanche après Pâques jusqu’au 11 novembre).

Les expositions se répartissent en trois salles :

La « Salle d’Armes », qui présente une collection d’armures et d’armes des rois de France (aujourd’hui au musée de l’Armée et au Louvre) ;
La « Galerie des Grands Meubles », qui abrite une collection de tapisseries uniques au monde (aujourd’hui au Louvre, au Mobilier National et dans les Palais Nationaux) ;
La « Salle des Bijoux », qui renferme des vases en pierres colorées et en cristal de roche, des orfèvreries, des cadeaux diplomatiques ainsi que les joyaux de la Couronne, dont des diamants sertis dans des parures, exposés sous vitrines.

Marc-Antoine Thierry de Ville-d’Avray, premier valet de chambre du roi, succéda au marquis de Fontanieu en 1784. Dès le début de son administration, il établit des règlements pour la commande et le prêt de meubles ainsi que pour la gestion de l’établissement. Au lieu de commander des meubles à des artisans indépendants, il opta pour une régie placée sous la supervision du sculpteur Jean Hauré. Ce système lui permit d’économiser de l’argent, mais favorisa aussi certains clientélismes et favoritismes qui suscitèrent des jalousies.
La Révolution : un balcon sur l’Histoire et un changement de destination
13 juillet 1789 : la veille du 14 juillet, les émeutiers envahirent le Garde-Meuble Royal. Le responsable ce jour-là (Marc-Antoine Thierry de Ville-d’Avray, absent) orienta les manifestants vers la salle d’armes afin de les détourner de la salle des bijoux et des grands meubles. Les insurgés repartirent avec des pioches et des épées pour la parade, ainsi que des canons de cérémonie offerts à Louis XIV par le roi de Siam en 1684, montés sur des affûts damassés et de taille symbolique. Ils se révélèrent particulièrement inefficaces face à la Bastille.
Les joyaux de la Couronne de France
Le 17 juin 1791, l’Assemblée constituante décida de procéder à un inventaire complet du Garde-Meuble. Des soupçons infondés pesaient sur le financement des armées engagées contre la France après la disparition des joyaux de la Couronne. Cet inventaire montra qu’il n’y avait eu aucun vol.

Thierry de Ville-d’Avray, suspect, fut sommé « d’obéir aux ordres des commissaires ». Placé sous surveillance, il fit aménager un cabinet pour y cacher neuf caisses contenant les trois quarts des joyaux.

Après la prise du palais des Tuileries lors des massacres de septembre 1792, le ministre de l’Intérieur Roland fit arrêter Thierry de Ville d’Avray et nomma Jean-Bernard Restout à sa place comme directeur du Garde-Meuble. Alexandre Lemoine-Crécy, beau-frère de Ville d’Avray et garde général de la Couronne, remit les écrins de bijoux à Roland et Restout. Le procès-verbal d’inventaire mentionne qu’ils n’avaient pas été ouverts et avaient été placés dans la salle des bijoux, immédiatement scellée, comme le reste du dépôt de meubles, en présence de Roland et Restout.

Le trésor, amassé depuis le XVIe siècle par les rois de France, était composé de plus de 10 000 pierres, dont des pièces uniques comme le « Grand Saphir » de Louis XIV, le diamant « Sancy », le « Régent », des perles, des rubis, des émeraudes, des topazes et d’autres saphirs. Sa valeur était alors estimée à 23 millions de livres.
Le casse du siècle des 11-16 septembre 1792
Dans la nuit du 11 au 12 septembre 1792, une quarantaine de voleurs, menés par un certain Paul Miette, escaladèrent la façade du Garde-Meuble à l’aide de cordes, s’appuyant sur les réverbères de l’actuelle place de la Révolution.
Pendant quatre jours et quatre nuits, ils s’en donnèrent à cœur joie, organisant des fêtes bruyantes et ivres, faisant monter des prostituées, sans qu’aucun garde n’entende quoi que ce soit. Le 16, une patrouille constata que les scellés avaient été brisés. Quelques diamants furent retrouvés à terre, mais les dégâts s’élevaient à près de 30 millions de francs.

La plupart des voleurs furent arrêtés dans la soirée et le lendemain. Incarcérés, huit d’entre eux furent reconnus coupables de « complot pour dépouiller la République » et condamnés immédiatement à la guillotine.

Ville d’Avray fut retrouvé assassiné dans la prison de l’abbaye où il était enfermé.
Qui a profité de ce crime ?
Les historiens, bien sûr, se sont interrogés.

Les détenus bénéficièrent d’une remise de peine irrégulière, sous prétexte de maladies ultérieurement jugées inexistantes ou de permissions imposées.
Les bijoux retrouvés immédiatement étaient les moins précieux, exigeant des connaissances et une expertise, ainsi qu’un choix préalable que les voleurs arrêtés ne possédaient pas.

Alors, qui se cachait derrière ce vol ? Plusieurs hypothèses sont possibles :

Thierry de Ville d’Avray aurait-il, après la fuite du roi à Varennes (Louis XVI), fait évacuer les pierres les plus importantes vers des diamantaires flamands pour financer une éventuelle armée contre-révolutionnaire, sous prétexte de recoupes ou de réparations ?
Ou Lemoine-Crécy aurait-il vidé les écrins avant de les remettre à Roland et Restout ?
Une dernière hypothèse avance que, face à une défaite certaine à la bataille de Valmy le 20 septembre 1792, pour des armées révolutionnaires pauvres, affamées, mal équipées, inexpérimentées et en infériorité numérique face aux Prussiens et aux Autrichiens marchant sur Paris, Danton aurait récupéré les bijoux et les aurait offerts au duc de Brunswick à la tête des troupes ennemies.
Il semble que les généraux des anciennes armées royales, Lafayette, Rochambeau et Luckner, aient été remplacés au dernier moment par des généraux ralliés à la Convention (Kellermann et Dumouriez). La bataille fut interrompue après quelques heures de faible résistance prussienne et un repli inexpliqué et « miraculeux » de Brunswick. Ce dernier ne patienta pas l’arrivée de ses renforts autrichiens, pourtant proches.

La plupart des bijoux furent retrouvés deux ans plus tard et rejoignirent les collections du Muséum d’histoire naturelle en 1795. Aujourd’hui, ils sont déposés au Louvre et peuvent être admirés dans la Galerie d’Apollon. Le « Bleu de France » réapparut en Angleterre en 1812, mais fut entièrement retravaillé, ce qui lui fit perdre à jamais son éclat initial. Il est désormais connu sous le nom de « Hope Diamond » et exposé à la Smithsonian Institution à Washington DC.
L’exécution de Louis XVI et Marie-Antoinette vue depuis le balcon du Garde-Meuble Le 21 janvier 1793, le roi Louis XVI fut exécuté place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Gaspard Monge, ministre de la Marine depuis 1792, assista à l’exécution du roi depuis son bureau et contre-signa l’acte de décès du souverain. La reine Marie-Antoinette fut exécutée place de la Révolution le 16 octobre 1793. Son procès-verbal d’exécution et son acte de décès furent rédigés et signés le 24 octobre 1793, dans le Salon des Bijoux du Garde-Meuble. L’original de l’acte disparut lors de la destruction des archives de Paris en 1871, mais il en avait été fait une copie par les archivistes.
La fin du Garde-Meuble et l’arrivée de la Marine en 1798 Le 6 octobre 1789, Louis XVI fut « ramené » de Versailles à Paris. Toutes les administrations du royaume durent suivre le même chemin et trouver un lieu pour s’installer dans la capitale. Le comte César Henri de La Luzerne et Jean-Baptiste Berthier, respectivement secrétaire d’État à la Marine et cartographe-gouverneur général des Hôtels-Ministères de la Marine, de la Guerre et des Colonies, occupèrent les espaces des deuxième et dernier étages de l’hôtel du Garde-Meuble. Symbole de l’Ancien Régime, le Garde-Meuble fut purement et simplement supprimé en 1793. Une partie des meubles et objets d’art furent alors vendus aux enchères ou brûlés, notamment pour récupérer les métaux précieux, jusqu’en 1798. En 1800, il fut recréé sous le nom de Garde-Meuble des Consuls, puis devint le Mobilier Impérial avant de prendre celui de Mobilier National en 1870. Le Mobilier National gère toujours les meubles des différents palais nationaux comme l’Élysée. Il s’installa quai d’Orsay, puis rue Berbier-du-Mets (13e arrondissement de Paris) et ne revint jamais à son emplacement d’origine. La Marine s’installa dans l’intégralité du bâtiment en 1799 et, de l’état-major au salon des grandes préfectures de la Marine, aménagea les lieux selon ses besoins. Au cœur de la diplomatie économique, commerciale et militaire, les murs du salon diplomatique de l’Hôtel-de-la-Marine ont désormais des oreilles, au sens propre. En effet, en réutilisant un passage de service du XVIIIe siècle derrière la cheminée, une cache exiguë permet d’écouter et de noter les débats qui s’y tenaient.
Le retour à la normale après la Révolution : le 27 février 1802 et le Bal de l’Europe à l’Hôtel-de-la-Marine Premier bal organisé depuis la Terreur, le Bal de l’Europe marqua le renouveau de la vie sociale parisienne. Organisé par le ministre de la Marine Denis Decrès à la demande du Premier Consul Bonaparte, il rassembla les ambassadeurs des puissances étrangères pour signifier le retour de la France dans le concert des nations.
Un autre bal mémorable à l’Hôtel-de-la-Marine : celui du sacre de Charles X le 29 mai 1825 Le ministre de la Marine, acteur clé de la diplomatie et de l’économie, ne dérogea pas à la tradition et organisa un bal à thème maritime. La soirée resta dans les annales, les témoins de l’époque furent impressionnés par l’éclat de cette réception qui brillait de mille feux. L’éclairage de l’Hôtel-de-la-Marine fut assuré par des lampes à verre bleu ornées d’ancres marines.

De nombreux bals (moins somptueux) sont donnés à Paris dans les semaines qui suivent.
L’obélisque de Louxor fut érigé le 25 octobre 1836.
Le 25 octobre 1836, Louis-Philippe Ier effectua sa première sortie publique depuis l’attentat d’Alibaud du 25 juin 1836. Il ne voulait pas risquer le ridicule en cas d’échec de l’opération – à l’image des politiques de notre époque. Il s’était donc discrètement installé, avec sa famille royale, aux fenêtres des salons de l’Hôtel de la Marine. Au moment précis où l’obélisque se dressait sur son socle, le roi et sa famille apparurent sur le balcon dans une mise en scène parfaitement orchestrée pour recueillir l’ovation de la foule venue assister à l’événement.
Abolition de l’esclavage le 27 avril 1848, dans le salon diplomatique C’est dans ce même salon diplomatique que Victor Schœlcher, sous-secrétaire d’État à la Marine au sein du gouvernement provisoire, signa le décret abolissant l’esclavage le 27 avril 1848. Le bureau sur lequel ce décret fut signé est encore visible aujourd’hui.

En avril 2018, le président Emmanuel Macron annonça la création de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, présidée par Jean-Marc Ayrault, et indiqua qu’elle aurait son siège à l’Hôtel de la Marine.
Le cortège des Nations, le 12 février 1866 : tout se passe à l’Hôtel de la Marine Autre bal : le ministre de la Marine de Napoléon III (le marquis de Chasseloup-Laubat) organisa un célèbre bal costumé le 12 février 1866, dans les murs de l’Hôtel de la Marine. Trois mille invités furent conviés dans les 18 pièces des nouveaux appartements du deuxième étage, lorsque, à vingt-trois heures, l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie firent leur entrée, également masqués. Un dîner raffiné de vingt convives fut servi dans un salon privé.

La soirée fut marquée par le « cortège des Nations » : des femmes en costume, entourées d’une procession, défilèrent dans les salons pour symboliser la France et les différentes parties du monde : l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique. La France était vêtue d’une longue robe blanche et d’un foulard tricolore. Elle tenait à la main une branche d’olivier, symbole de paix.

Cette mise en scène, voulue par le ministre lui-même, avait pour but de montrer la puissance de la Marine française et la politique coloniale de l’Empire.
18 octobre 1893 : un bal cette fois en l’honneur de l’escadre russe Après la signature d’un accord militaire franco-russe en 1892, le ministre de la Marine donna un grand dîner à l’Hôtel de la Marine, suivi d’un bal en l’honneur de la Marine russe.

Les invités étaient si nombreux que la loggia surplombant la place de la Concorde fut transformée en salle de bal, offrant aux convives l’opportunité de saluer la foule massée sur la place.
La Seconde Guerre mondiale à l’Hôtel de la Marine Pendant l’Occupation nazie, le personnel de la Kriegsmarine (marine de guerre allemande) s’installa dans les lieux, abandonnés en hâte en 1940.

Lors de la Libération de Paris en août 1944, les derniers combats se concentrèrent autour de la place de la Concorde et lors de la remontée de la 2e DB par la rue de Rivoli. Cette artère abritait plusieurs états-majors allemands, et de nombreux soldats nazis se réfugièrent à l’Hôtel de la Marine. Les derniers commandos se retranchèrent sur les toits de l’Hôtel de la Marine avant de se rendre, non sans avoir tiré quelques coups de feu lorsque le général de Gaulle descendit les Champs-Élysées.
Le départ progressif de la Marine entre 1947 et 2015 Tous les services civils furent peu à peu rattachés à d’autres administrations et quittèrent l’Hôtel de la Marine de la place de la Concorde.

La première restauration des salons Napoléon III et de la colonnade a été entreprise par la Marine en 2009. En 2015, le haut commandement de la Marine a déménagé vers le Centre de commandement de l’armée de Terre dans le 15e arrondissement, destiné à regrouper l’ensemble des services civils et militaires de la défense nationale.
Bicentenaire de la Révolution en 1989 depuis la loggia de l’Hôtel de la Marine
Les 13 et 14 juillet 1989, les invités du président de la République François Mitterrand peuvent suivre, depuis la loggia de l’Hôtel de la Marine, le défilé commémoratif du bicentenaire de la Révolution française conçu par Jean-Paul Goude.
2016-2020 : le projet innovant du Centre des monuments nationaux
En 2011, le président Sarkozy a confié à la commission présidée par Valéry Giscard d’Estaing la mission de définir l’avenir de l’Hôtel de la Marine. Leurs réflexions aboutissent à un projet confié au Centre des monuments nationaux (CMN).

Le CMN mène une restauration complète du bâtiment entre 2017 et 2021, à l’issue de laquelle 6 000 m² seront ouverts au public (incluant les salons d’apparat et les appartements du XVIIIe siècle) et 6 000 m² seront loués à des entreprises (parmi les locataires figure la Fédération internationale de football association (FIFA), qui occupe le troisième étage du bâtiment).

Un passage est ouvert au premier étage entre la rue Royale et la place de la Concorde, offrant un accès à des boutiques, une librairie et trois restaurants.

L’ouverture des salons au public permet d’accéder à la colonnade, aux salons d’apparat et aux espaces liés à l’histoire de la Marine. L’Hôtel de la Marine a également abrité pendant vingt ans la collection Al Thani du Qatar.

Une brasserie nommée Mimosa, évoquant une « atmosphère méditerranéenne », a été confiée au chef Jean-François Piège.
Les résultats de la rénovation
3 ans de travaux
1 200 m² de décors à déblayer
130 M€ de budget
+ 40 entreprises mobilisées
500 éléments de menuiserie restaurés
330 m² de verrière créés pour couvrir la cour intérieure
12 700 m² de surface totale rénovée, dont 6 200 m² d’espaces ouverts aux visiteurs
Ce que l’on peut voir à l’Hôtel de la Marine
Le monument a été inauguré par le président de la République Emmanuel Macron le 10 juin 2021 et ouvert au public le 12 juin 2021, après quatre ans de travaux et une année de pandémie.

Le bâtiment s’étend sur une surface totale de 12 000 m², dont 4 000 m² de surface construite, et compte pas moins de 553 pièces, dont le célèbre « Salon des Amiraux » 21.
La façade a été conçue par Ange-Jacques Gabriel, premier architecte du roi, auteur des plans de la place Louis-XV (actuelle place de la Concorde).
Ses deux frontons sont ornés de bas-reliefs représentant des allégories de la Magnificence publique et du Bonheur, œuvres de Guillaume II Coustou et de Michel-Ange Slodtz. En 1976, le tympan de Michel-Ange Slodtz a été retiré et remplacé par une copie du sculpteur André Lavaysse. En raison d’un manque de coordination entre les services de l’État, l’œuvre de Slodtz, déjà en mauvais état, a été brisée et envoyée à la décharge publique.
L’Hôtel-de-la-Marine lui-même a été construit selon les plans de Gabriel sous la direction de Jacques-Germain Soufflot.
Ses décors intérieurs, d’une grande magnificence, sont l’œuvre de l’architecte Jacques Gondouin, inspiré par Piranèse, et constituent une étape importante dans l’évolution du goût au XVIIIe siècle. « Bien que remaniés sous le Second Empire, les grands salons de réception et notamment la Galerie d’Or conservent encore des éléments du décor d’origine.
L’hôtel dispose de quatre cours intérieures : la cour des Ateliers, la basse-cour, la cour d’honneur et la cour de l’Intendant, cette dernière recouverte d’une spectaculaire verrière de 300 m², conçue par l’architecte britannique Hugh Dutton.
La loggia de l’Hôtel-de-la-Marine, attenante au Salon des Amiraux et surnommée le « Balcon de l’État », offre une vue imprenable sur la place de la Concorde.

Les visites libres en 9 langues se font avec un audioguide, et les visiteurs « Confidents » découvrent des salons de réception somptueux ainsi qu’une loggia exceptionnelle offrant une vue exceptionnelle sur la place de la Concorde.

Le bâtiment abrite toujours un pavillon naval.
Une réplique de l’Hôtel de la Marine aux États-Unis
Une réplique de l’Hôtel de la Marine se trouve à Philadelphie, aux États-Unis, à l’emplacement de l’ancien tribunal familial de Philadelphie. On notera également que la Free Library de Philadelphie est une réplique de l’hôtel de Coislin.