Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, objets de culte et œuvres d'art

Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (mahJ) est un musée français dédié à l’art et à l’histoire des Juifs. Il est installé dans l’ancien hôtel de Saint-Aignan, dans le quartier du Marais, dans le 3e arrondissement de Paris.

Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, le Marais et les Juifs
La France abrite la troisième plus grande communauté juive au monde, après Israël et les États-Unis. La présence des Juifs remonte à plus de 2 000 ans.
Le Marais, à Paris, est un quartier où les Juifs se sont installés dès le Moyen Âge. Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme présente l’une des plus belles collections au monde d’objets religieux et d’œuvres d’art, dans le cadre majestueux d’un hôtel particulier du XVIIe siècle.
L’exposition permanente retrace l’histoire des Juifs de France, d’Europe et d’Afrique du Nord à travers leur art et leur patrimoine.
Ses nombreuses expositions temporaires, ses événements dans l’auditorium et ses activités pédagogiques en font l’un des grands rendez-vous de la vie culturelle parisienne.
Le mahJ dispose également d’une médiathèque (bibliothèque, vidéothèque et photothèque) et d’une librairie ouvertes au public, ainsi que d’un auditorium de 198 places.

Les collections permanentes du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme
Chaque salle de l’exposition permanente est organisée selon une triple articulation chronologique, géographique et thématique. Cette présentation met en valeur à la fois la diversité et l’unité des communautés juives d’Europe et du Maghreb à travers leurs rites, leurs croyances, leurs productions artistiques et leur culture matérielle. Par ailleurs, la situation des Juifs de France est singulière, car les Juifs ashkénazes et séfarades cohabitent et leurs deux traditions s’entremêlent.

La présentation se divise en

une salle d’introduction,
Les Juifs en France au Moyen Âge,
Les Juifs en Italie de la Renaissance au XVIIIe siècle,
Hanouka,
Amsterdam, rencontre de deux diasporas,
L’an prochain à Jérusalem,
Le monde traditionnel ashkénaze,
Le monde traditionnel séfarade,
L’émancipation, le modèle français,
Mouvements intellectuels et politiques en Europe à la charnière des siècles,
Présences juives dans l’art du XXe siècle,
Être juif à Paris en 1939

Le fonds Dreyfus au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme
À l’occasion d’une exposition en 2006, Alfred Dreyfus, le combat pour la justice, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme a mis en ligne une présentation de l’affaire Dreyfus et de sa « collection exceptionnelle relative à l’Affaire et à la famille Dreyfus, permettant la consultation en ligne de plus de 3 000 documents, lettres, photographies et autres pièces composant le fonds ».

Au centre de la cour se dresse une grande statue moderne de Tim représentant Dreyfus tenant son épée brisée, une copie de Hommage au capitaine Dreyfus.
Acquisitions liées à l’affaire Dreyfus
Les croquis de la salle d’audience réalisés par le journaliste et dessinateur Maurice Feuillet lors des procès d’Émile Zola à Paris en 1898 et du second procès d’Alfred Dreyfus à Rennes en 1899 ont été mis aux enchères le 8 décembre 2020 à Nantes. Les lots de dessins ont été largement préemptés par les musées nationaux, afin d’enrichir les collections du musée.

Le Musée, le Marais et l’hôtel de Saint-Aignan
L’hôtel de Saint-Aignan fut construit entre 1644 et 1650 pour Claude de Mesmes. En 1688, l’hôtel fut acheté par Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, qui lui donna son nom. Il entreprit une campagne de rénovation et de modernisation. Il transforma le second étage en appartements et fit appel à André Le Nôtre pour redessiner un jardin à la française.

En 1792, l’hôtel de Saint-Aignan fut saisi et sequestré à la suite de la Révolution. Il devint le siège de la septième municipalité en 1795, puis du septième arrondissement jusqu’en 1823, avant d’être divisé en locaux commerciaux de toutes sortes. Après plusieurs ventes successives, l’hôtel fut consacré au commerce et à la petite industrie à partir de 1842. Les pages suivantes évoquent la vie de ce bâtiment où s’installèrent des artisans juifs venus de Pologne, de Roumanie et d’Ukraine. Lors des grandes rafles antisémites de 1942, plusieurs habitants de l’immeuble furent arrêtés et déportés. Treize des résidents juifs de l’hôtel périrent ainsi en camp de concentration.

La Ville de Paris acheta l’hôtel de Saint-Aignan en 1962 et le classa monument historique en 1963. Après une campagne de restauration, le bâtiment fut affecté aux archives de Paris. En 1998, à l’initiative de Jacques Chirac alors maire de Paris, l’hôtel de Saint-Aignan fut attribué à l’installation d’un musée dédié à la civilisation juive : le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme.