Les joyaux de la Couronne à l'École des Mines de Paris
Les Joyaux de la Couronne à l’École des Mines de Paris proviennent de la vente de 1887. À cette date, de nouvelles pierres précieuses appartenant à cette soi-disant Couronne ont été ajoutées aux collections. Pour la plupart, ces gemmes n’ont jamais été exposées depuis leur dépôt au musée en 1887. Par ailleurs, toutes ces pierres proviennent de gisements réputés et sont d’une qualité intrinsèque rare.
Le Musée de Minéralogie situé au 2ᵉ étage de l’École des Mines
Le Musée de Minéralogie se trouve au 60 boulevard Saint-Michel, dans le 6ᵉ arrondissement de Paris, à l’intérieur de l’École des Mines de Paris (MINES ParisTech – « grande école » française formant les ingénieurs des mines – niveau universitaire). Le musée à visiter se situe au deuxième étage de l’Hôtel de Vendôme, où l’École des Mines est installée depuis 1815. Vous y découvrirez l’entrée majestueuse des « Collections », en haut d’un escalier peint à fresque, dans un décor du milieu du XIXᵉ siècle.
Le Musée de Minéralogie et l’École des Mines à l’Hôtel de Vendôme
Lors de votre visite du musée, vous pourrez admirer l’escalier et les fresques exceptionnels. En effet, l’Hôtel de Vendôme remonte au début du XVIIIᵉ siècle. Les chartreux, propriétaires des lieux, y firent construire un hôtel donnant sur la rue d’Enfer, bien avant la création du boulevard Saint-Michel au XIXᵉ siècle. Mais le chanoine de la Porte, qui avait commandé les travaux, mourut en 1710. L’hôtel fut alors loué à la duchesse de Vendôme, petite-fille du Grand Condé, Louis II de Bourbon. Elle mourut à son tour alors que les travaux d’extension touchaient à leur fin. Avec l’arrivée du 4ᵉ duc de Chaulnes en 1733, puis de son fils Michel Ferdinand d’Albert d’Ailly, l’histoire scientifique de ce prestigieux bâtiment débuta, car ils y installèrent leurs cabinets de physique et de curiosités. Après la mort de Michel Ferdinand d’Albert d’Ailly en 1769, le bâtiment connut une succession d’occupants. Pendant la Révolution française, l’hôtel fut confisqué et mis en vente. Un marchand d’antiquités l’acheta et le dépouilla de ses meubles. Bien que l’École des Mines s’y installe en 1815, le bâtiment ne devint propriété de l’État qu’en 1837. Entre 1840 et 1855, une série de grands travaux de rénovation extérieure et intérieure eut lieu, donnant à la Bibliothèque et au Musée leur configuration actuelle. Ces deux entités furent peu affectées par les travaux d’extension ultérieurs, et surtout par la construction du boulevard Saint-Michel à partir de 1853, qui amputa la façade est du bâtiment. Le Musée conserve donc l’aspect qu’il avait acquis dans les années 1850.
Les fresques
Les peintures de Claude Hugard, réalisées en 1855, représentent le « spectacle de la nature ». Dufrénoy, directeur de l’École des Mines et coauteur avec Élie de Beaumont de la première carte géologique de France, écrivit au ministère en janvier 1855 : « Les peintures ne pourraient présenter d’intérêt que si elles alliaient une exécution artistique soignée à une grande exactitude géologique ».
Les plafonds peints
Les plafonds peints par Alexandre Denis Abel de Pujol datent de 1856. Ils furent installés en 1858 et 1859. Il s’agit d’une « apothéose des grands hommes qui se sont distingués en géologie et en minéralogie ». L’Allégorie de la Science, sous les traits d’une jeune femme ailée drapée à l’antique, couronne un cercle de savants disposés sur un nuage.
La collection de minéralogie de l’École des Mines de Paris
En réalité, la collection de minéralogie de l’École des Mines de Paris fut créée en 1794, soit deux ans après le vol des joyaux de la Couronne pendant la Révolution française, sans qu’il y ait de lien entre ces deux événements. Elle portait alors le nom de Cabinet des Mines. Aujourd’hui, elle compte parmi les plus complètes au monde, avec 100 000 échantillons dans ses réserves et 5 000 exposés, représentant plus de mille espèces minérales.
En 1887, des scientifiques retirèrent les pierres de leurs montures pour éviter leur vente en trompant les politiques ignorants de l’époque. Pour les dirigeants de la Troisième République, leur intérêt était purement minéralogique. Ces joyaux de la Couronne furent alors déposés au « Cabinet des Mines ». Depuis la vente des joyaux de la Couronne française en 1887, d’autres gemmes appartenant à la Couronne ont été ajoutés aux collections. Pour la plupart, ces pierres n’ont jamais été exposées depuis leur dépôt au musée.
Pourtant, la valeur historique de ces gemmes est évidente, même si elles sont présentées en tant que pierres libres. L’idée de l’éclat des joyaux de la Couronne que ces pierres évoquent suffit à nourrir l’imagination.
Depuis le 5 janvier 2016, le Musée de Minéralogie Mines ParisTech propose une nouvelle exposition consacrée aux gemmes taillées des joyaux de la Couronne. Dédié principalement à la minéralogie, le musée prend désormais une orientation patrimoniale et historique, en partenariat avec Riondet, spécialiste de la joaillerie ancienne. Comme ces pierres sont destinées à rester exposées, un troisième lieu pour découvrir les joyaux de la Couronne émerge à Paris, après le Louvre et le Muséum national d’Histoire naturelle. Cette initiative revêt une grande valeur historique. Elle permet au public de découvrir une collection d’une importance majeure.
Les Joyaux de la Couronne à l’École des Mines, exposés
Depuis plus de 200 ans, les collections minéralogiques de MINES ParisTech, abritées dans l’Hôtel de Vendôme, sont liées à la formation des ingénieurs des mines en France. Elles comptent parmi les plus complètes et spectaculaires au monde.
Parmi ces merveilles minérales, le musée conserve une collection d’environ 1 200 pierres taillées, dont environ 200 sont exposées. Parmi ces gemmes, le musée présente trois vitrines dédiées aux pierres des Joyaux de la Couronne française. Au total, plus de cent cinquante gemmes issues de ce trésor royal français sont exposées en permanence au Musée de Minéralogie de MINES ParisTech.
Les trois vitrines des Joyaux de la Couronne à l’École des Mines
La première vitrine est consacrée aux améthystes
Ces rares gemmes violettes du XIXᵉ siècle proviennent d’un ensemble de 235 améthystes réalisées par François-Regnault Nitot pour l’impératrice Marie-Louise (deuxième épouse de Napoléon Ier). Louis XVIII les avait fait dépouiller de leurs parures, et la plupart furent ainsi préservées dans les Joyaux de la Couronne. En 1887, la plupart des améthystes non montées furent données à l’École des Mines, tandis que douze furent déposées au Muséum national d’Histoire naturelle. Ces améthystes proviennent probablement de la région de l’Oural, en Russie.
La deuxième vitrine est dédiée aux émeraudes
Suites d’émeraudes
Ces séries d’émeraudes, taillées de deux manières différentes, ornaient la Couronne de sacre réalisée par Lemonnier pour Napoléon III en 1855. Quarante-deux émeraudes sont présentées dans l’exposition. Elles proviennent des célèbres mines de Muzo, en Colombie.
Le collier à boules d’émeraudes
Dans cette même vitrine figure une rangée de 47 boules d’émeraudes, totalisant 117 carats, remarquables par l’intensité de leur couleur et leur taille en boules, rare pour ce type de pierre. Aucun document d’acquisition n’est mentionné dans l’inventaire de 1791, mais elles apparaissent dans celui de 1811. Bernard Morel, auteur de l’anthologie sur les « Joyaux de la Couronne », suggère qu’il s’agirait d’une « pièce saisie aux émigrés pendant la Révolution ». Ce point reste cependant historiquement obscur.
La troisième vitrine présente les topazes roses, dites « Rubis du Brésil »
Une grande série de topazes fut acquise par Napoléon Ier pour créer le parure des « Rubis du Brésil » de l’impératrice Marie-Louise. Les pierres non montées furent inventoriées en 1811 et principalement données à l’École des Mines en 1887. Aujourd’hui, certaines de ces gemmes sont exposées au public à