Jardin des Tuileries, 4 siècles d’histoire, 80 statues de maîtres à découvrir
Le jardin des Tuileries sépare le jardin du Carrousel et le musée du Louvre de la place de la Concorde. Ils constituent un lieu de promenade et de culture fréquenté par les Parisiens et les touristes.
Le jardin des Tuileries fut « commencé » en 1564, en même temps que le palais des Tuileries. À l’origine, ils étaient « à l’italienne » (compartiments rectangulaires avec différentes plantations, massifs d’arbres, quinconces, pelouses, parterres de fleurs, etc.). La commande en revint à Catherine de Médicis, elle aussi d’origine italienne.
L’évolution du jardin des Tuileries
À partir de 1664, le jardin des Tuileries fut entièrement repensé par André Le Nôtre, le célèbre jardinier du roi Louis XIV, qui s’était déjà distingué au château de Vaux-le-Vicomte pour Fouquet. Il leur donna l’aspect actuel d’un jardin à la française. Une fontaine, une ménagerie et une grotte décorée par le célèbre céramiste Bernard Palissy ornaient alors le jardin. Dans les années 1605-1625, on y ajouta une orangerie et une magnanerie.
En 1716, un pont de passage pour piétons fut installé pour relier la place Louis XV (aujourd’hui place de la Concorde), en enjambant le fossé de l’enceinte de Louis XIII. Il fut démoli en 1817.
C’est en 1783 que se déroula la première ascension de personnes en ballon à gaz. Une plaque, située aujourd’hui à droite en entrant dans le jardin, commémore cet événement.
Pendant la Révolution, le jardin des Tuileries fut le témoin des grands événements dont le palais fut lui-même le théâtre, notamment la prise des Tuileries le 10 août 1792.
Le bassin rond servit également à la cérémonie de l’Être suprême le 8 juin 1794. Des effigies représentant l’Athéisme entourées d’Ambition, d’Égoïsme, de Discorde et de Fausse Simplicité y furent placées. Maximilien de Robespierre y mit le feu, dans une apothéose de cris et d’applaudissements. Le 10 octobre de la même année, ce même bassin accueillit le cercueil de Jean-Jacques Rousseau, drapé d’un linceul constellé d’étoiles (exhumé d’Ermenonville pour être transféré au Panthéon).
La rue de Rivoli fut tracée au début du XIXe siècle entre la rue de Rohan et la rue Saint-Florentin sur l’emplacement de l’impasse du Manège et des terrains occupés par les Dames-de-l’Assomption. Le jardin des Tuileries fut alors étendu vers le nord-ouest. Lors de l’aménagement du quai des Tuileries, un mur de soutènement fut construit le long de la terrasse riveraine, avec des pierres extraites des carrières de Châtillon. Aux angles ouest du jardin, Napoléon III fit édifier deux bâtiments identiques :
un jeu de paume au nord-ouest, qui abrite aujourd’hui un musée d’art contemporain et de photographie, la Galerie nationale du Jeu de Paume. Cette salle du Jeu de Paume n’a rien à voir avec le « serment du Jeu de Paume » de l’histoire de France, qui eut lieu dans le château de Versailles ;
une orangerie au sud-ouest. Elle abrite aujourd’hui un musée d’art moderne, le musée de l’Orangerie, où l’on peut admirer les Nymphéas de Claude Monet, ainsi que des œuvres de la collection Jean Walter et Paul Guillaume. Voir la fiche (Note : ouvert de 9 h à 18 h, fermé le mardi – Tél. : 33 (01) 44 77 80 07 ou 33 (01) 44 50 43 00).
L’histoire en marche du jardin des Tuileries
Au fil des années, de nombreux autres événements se sont déroulés dans le jardin des Tuileries.
Le palais des Tuileries fut détruit par un incendie pendant la Commune de Paris en 1871.
En 1877, la rue des Tuileries, actuelle avenue du Général-Lemonnier, fut ouverte sur l’emplacement de la terrasse de l’ancien palais des Tuileries.
En 1883, les ruines du palais des Tuileries sont rasées, ce qui rend aujourd’hui difficile, pour les visiteurs non avertis, de comprendre les lignes et l’esthétique du jardin des Tuileries. Le jardin du Carrousel est en partie aménagé sur l’emplacement de l’ancien palais disparu (en direction du palais du Louvre). Ainsi, le jardin des Tuileries est désormais visible depuis la grande cour du palais du Louvre. L’avenue du Général-Lemonnier ayant été partiellement enterrée, les deux jardins forment désormais un ensemble continu.
À l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, Henri Giffard fit voler des milliers de personnes dans un ballon captif géant.
Le 23 mars 1918, pendant la Première Guerre mondiale, un obus tiré par le canon allemand Grosse Bertha explosa dans le jardin des Tuileries. Le 28 mai 1918, un autre obus explosa près de la terrasse de l’Orangerie.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie des jardins des Tuileries fut transformée en potager.
Le 25 août 1944, le général von Choltitz, commandant du « Groß-Paris », reçut un ultimatum de reddition du colonel Pierre Billotte, de la 2e DB. Après de violents combats, le capitaine Branet prit l’hôtel Meurice voisin, rue de Rivoli, qui abritait également le quartier général des forces d’occupation allemandes.
Le capitaine Julien prit la rue du Faubourg-Saint-Honoré, parallèle aux jardins des Tuileries, pour atteindre le siège de la Kommandantur, place de l’Opéra, tandis que le lieutenant Bricard nettoyait les jardins des Tuileries. Ces combats furent acharnés et les dix plaques commémoratives disposées le long du jardin des Tuileries, aux coins de la rue de Rivoli et de la place de la Concorde, témoignent du nombre de victimes.
De nos jours et depuis plusieurs années, une fête foraine s’installe dans le jardin des Tuileries entre la fin juin et la fin août. L’entrée est gratuite, les attractions sont payantes (plus de 80 manèges dont 20 attractions). Une grande exposition sur les jardins est également organisée chaque année au début du mois de juin.
Les sculptures exposées dans le jardin des Tuileries
Le jardin des Tuileries, notamment dans sa partie orientale, abrite une collection d’œuvres classiques de sculpteurs français :
Entrée ouest, l'hémicycle :
Buste de Le Nôtre (48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 22″ E).
La Loire et le Loiret, Corneille Van Clève (1703-1707 ; 48° 51′ 53″ N, 2° 19′ 24″ E)
Le Nil, Lorenzo Ottoni (1688-1692 ; 48° 51′ 52″ N, 2° 19′ 24″ E)
La Seine et la Marne, Nicolas Coustou (1704-1712 ; 48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 25″ E).
Le Tibre, Pierre Bourdict (1685-1690 ; 48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 26″ E).
À l'est du Grand Bassin Octogonal :
Agrippine, Robert Doisy (1658-1690 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 27″ E).
Annibal, François Girardon (1722 ; 48° 51′ 52″ N, 2° 19′ 30″ E)
L'Automne ou Vertumne, François Barois (1696 ; 48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 28″ E)
L'Été, Guillaume Coustou (1726 ; 48° 51′ 53″ N, 2° 19′ 29″ E)
L'Hiver, Jean Raon (1710-1712 ; 48° 51′ 53″ N, 2° 19′ 29″ E)
Jules César, Nicolas Coustou (1722 ; 48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 29″ E)
Le Printemps ou Pomone, François Barois (1696 ; 48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 27″ E)
Véturie, Pierre Le Gros le jeune (1695 ; 48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 29″ E).
Terrasse du Jeu-de-Paume :
Lion, Giuseppe Franchi (48° 51′ 58″ N, 2° 19′ 24″ E).
Terrasse de l'Orangerie :
Le Baiser, Auguste Rodin (1886-1898 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 18″ E)
Ève, Auguste Rodin (1881 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 22″ E)
La Grande Ombre, Auguste Rodin (1880 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 22″ E)
Lion, Giuseppe Franchi (1806 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 18″ E)
Méditation, Auguste Rodin (1881 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 22″ E).
Terrasse des Feuillants :
Lion et lionne se disputant un sanglier, Auguste Cain (1882 ; 48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 38″ E)
Monument à Jules Ferry, Gustave Michel (1906-1910 ; 48° 51′ 49″ N, 2° 19′ 52″ E)
Monument à Waldeck-Rousseau, Laurent Marqueste (1909 ; 48° 51′ 56″ N, 2° 19′ 30″ E)
Retour de chasse, Antonin Carlès (1888 ; 48° 51′ 49″ N, 2° 19′ 53″ E)
Rhinocéros attaqué par des tigres, Auguste Cain (1882-1884 ; 48° 51′ 55″ N, 2° 19′ 37″ E).
Terrasse du Bord-de-l'Eau :
Les Fils de Caïn, Paul Landowski (1906, terrasse du Bord-de-l'Eau ; statue ; 48° 51′ 41″ N, 2° 19′ 45″ E)
Lion au serpent, Antoine-Louis Barye (1832 ; 48° 51′ 48″ N, 2° 19′ 24″ E).
Grand Couvert :
Apollon, Paul Belmondo (48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 31″ E)
Jeannette, Paul Belmondo (48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 31″ E)
Monument à Charles Perrault, Gabriel Pech (1908 ; 48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 33″ E).
Exèdre Nord :
Atalante, Pierre Lepautre (1703-1705 ; 48° 51′ 49″ N, 2° 19′ 41″ E)
Faune au chevreau, Pierre Lepautre (1685 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 40″ E)
Hippomène, Guillaume Coustou (1712 ; 48° 51′ 49″ N, 2° 19′ 41″ E).
Exèdre Sud :
Apollon poursuivant Daphné, Nicolas Coustou (1714 ; 48° 51′ 47″ N, 2° 19′ 40″ E)
Daphné poursuivie par Apollon, Nicolas Coustou (1714 ; 48° 51′ 47″ N, 2° 19′ 39″ E)
Vénus callipyge, François Barois et Jean Thierry (1683-1686 ; 48° 51′ 47″ N, 2° 19′ 38″ E).
Grand Carré :
Diane à la biche, Guillaume Coustou (48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 44″ E)
Diane chasseresse, Edmond Lévêque (1869 ; 48° 51′ 45″ N, 2° 19′ 49″ E)
Flore Farnèse, Antoine André (1676 ; 48° 51′ 44″ N, 2° 19′ 39″ E)
Hercule Farnèse, Giovanni Comino (1670 ; 48° 51′ 47″ N, 2° 19′ 42″ E)
Jules César, Ambrogio Parisi (1694 ou 1713 ? ; 48° 51′ 48″ N, 2° 19′ 42″ E)
La Mort de Laïs, Mathieu-Meusnier (1850 ; 48° 51′ 43″ N, 2° 19′ 44″ E)
Nymphe, Edmond Lévêque (1866 ; 48° 51′ 45″ N, 2° 19
La partie ouest du Jardin des Tuileries, la plus proche de la Place de la Concorde, abrite un ensemble d’œuvres contemporaines, principalement installées en 2000 sous la direction d’Alain Kirili :
L’Ami de personne, Erik Dietman (1992 ; 48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 40″ E).
Arbre des voyelles, Giuseppe Penone (1999 ; 48° 51′ 47″ N, 2° 19′ 34″ E).
Arcs de cercles complémentaires, François Morellet (2000, Jardin des Tuileries ; installation murale ; 48° 51′ 54″ N, 2° 19′ 22″ E).
Le Bel costumé, Jean Dubuffet (1973/1998 ; 48° 51′ 56″ N, 2° 19′ 25″ E)
Comptine, Anne Rochette (1999, groupe sculpté ; 48° 51′ 48″ N, 2° 19′ 31″ E)
Confidence, Daniel Dezeuze (2000, Jardin des Tuileries ; installation ; 48° 51′ 47″ N, 2° 19′ 39″ E)
Coup de chapeau II, Roy Lichtenstein (1996 ; 48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 42″ E)
L’Échiquier, grand, Germaine Richier (1959, groupe sculpté ; 48° 51′ 48″ N, 2° 19′ 35″ E)
Force et Tendresse, Eugène Dodeigne (1996 ; 48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 42″ E)
La Foule, Raymond Mason (1963-1967, groupe sculpté ; 48° 51′ 55″ N, 2° 19′ 29″ E)
Galatea, Roy Lichtenstein (1990 ; 48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 42″ E)
Grand Commandement blanc, Alain Kirili (1986, groupe sculpté ; 48° 51′ 51″ N, 2° 19′ 21″ E)
Grande Femme II, Alberto Giacometti (1959-60 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 29″ E)
La Grande Musicienne, Henri Laurens (1937 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 29″ E)
Manus Ultimus, Magdalena Abakanowicz (1997 ; 48° 51′ 49″ N, 2° 19′ 40″ E)
Microbe vu à travers un tempérament, Max Ernst (1964 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 29″ E).
Personnage III, Étienne Martin (1967, groupe sculpté ; 48° 51′ 52″ N, 2° 19′ 31″ E).
(Placé) sur un point fixe (Pris) depuis un point fixe. n° 717, Lawrence Weiner (2000, Jardin des Tuileries ; installation murale ; 48° 51′ 55″ N, 2° 19′ 30″ E).
Primo Piano II, David Smith (1962 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 29″ E)
Figure couchée, Henry Moore (1951 ; 48° 51′ 50″ N, 2° 19′ 25″ E)
Femme debout, Gaston Lachaise (1932 ; 48° 51′ 49″ N, 2° 19′ 40″ E)
Les Mains accueillantes, Louise Bourgeois (1996, groupe sculpté ; 48° 51′ 55″ N, 2° 19′ 22″ E).
Note : Certaines œuvres du Jardin des Tuileries ont été déplacées dans d’autres lieux :
Brushstroke Nude, Roy Lichtenstein (1993).
Le Cri, Chaim Jacob Lipchitz (1928-1929)
Sans titre, Ellsworth Kelly (1988)
Et pour vous rafraîchir au Jardin des Tuileries ?
6 restaurants ou cafés sont installés dans le Jardin des Tuileries :
Rosa Bonheur la Crêperie – en bordure de la Place de la Concorde
Petit Farmers – près du Grand Bassin – environ au centre des Tuileries
Café des Marronniers (ouvert du lundi au dimanche de 7h à 21h) – près du Grand Bassin
Petit Plisson des Tuileries – environ au centre des Tuileries
Terrasse de Pomone – environ au centre des Tuileries
Le Pavillon des Tuileries (Déjeuner 10h30-17h et Dîner 17h-19h) – près du Grand Bassin
La Terrasse de Pomone (ouverte toute l’année selon les horaires du Jardin des Tuileries) – environ au centre des Tuileries