36, quai des Orfèvres, la Direction régionale de la police judiciaire de Paris
Le 36, quai des Orfèvres évoque de nombreux souvenirs pour tous les amateurs de romans et films policiers français, voire étrangers. C’est l’adresse de la Police judiciaire parisienne, l’équivalent de Scotland Yard pour les Britanniques et les Londoniens.
Le « 36, quai des Orfèvres » et ses compétences
La Direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris (DRPJ Paris), souvent appelée « 36, quai des Orfèvres » ou simplement « le 36 » (trente-six) d’après l’adresse de son siège, n’est que l’une des divisions de la Police judiciaire à Paris. Ses 2 200 fonctionnaires enquêtent chaque année sur quelque 15 000 infractions et délits[1].
Mais le 36, quai des Orfèvres n’a jamais eu de compétence sur l’ensemble du territoire français, seulement sur Paris et sa proche banlieue, appelée petite couronne. Autrement dit, les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Sa mission, très étendue, se limite à la lutte contre la criminalité et la délinquance organisée ou spécialisée, à la mise en œuvre et au contrôle des moyens de police technique et scientifique, d’identité judiciaire, des outils informatiques et des documentations opérationnelles d’aide aux enquêtes.
La Direction centrale de la Police judiciaire, l’autorité nationale et non uniquement « parisienne » de la police criminelle, se trouve en réalité au 11, rue des Saussaies, dans les locaux du ministère de l’Intérieur. La Police judiciaire, abrégée PJ, est la division d’enquête criminelle de la Police nationale, avec des antennes dans chaque département français.
Le « 36, quai des Orfèvres », désormais au 36, rue du Bastion, Paris 75018
Depuis septembre 2017, la DRPJ a son nouveau siège au 36, rue du Bastion. Ce bâtiment regroupe désormais tous les services (qui étaient auparavant dispersés). Seul le Groupe de recherche et d’intervention reste au 36, quai des Orfèvres.
L’histoire du 36, quai des Orfèvres
La PJ est l’héritière directe de la Sûreté, créée en 1812 par Eugène François Vidocq comme bureau d’enquêtes criminelles de la police parisienne. Ancien forçat condamné à plusieurs reprises, Vidocq avait commencé par espionner ses codétenus en prison avant de devenir l’initiateur de la police en civil. Ce personnage a inspiré plusieurs livres et films retraçant sa vie.
La Sûreté a ensuite servi de modèle à Scotland Yard, au FBI et à d’autres services d’enquête criminelle dans le monde entier.
En 1907, Georges Clemenceau, surnommé « le Tigre », créa les douze « brigades régionales de police mobile », sur la proposition de Célestin Hennion, alors directeur de la Sûreté : Paris (« 1re »), Lille (« 2e »), Caen (« 3e »), Nantes (« 4e »), Tours (« 5e »), Limoges (« 6e »), Bordeaux (« 7e »), Toulouse (« 8e »), Marseille (« 9e »), Lyon (« 10e »), Dijon (« 11e ») et Châlons-sur-Marne (« 12e »).
En 1913, Célestin Hennion, nommé préfet de police, poursuivit les réformes de son prédécesseur en structurant la police en trois grands services : judiciaire, renseignement et politique, donnant ainsi à la PJ parisienne sa forme actuelle.
Depuis 2017, la majeure partie de la PJ parisienne a déménagé dans le quartier des Batignolles, dans un nouveau bâtiment partagé avec le tribunal de grande instance, principal tribunal de Paris. Ce projet a été critiqué en raison de son coût et du statut historique du 36
36, quai des Orfèvres dans la fiction et le cinéma
Ce bâtiment du 36, quai des Orfèvres n’hébergeait pas seulement le siège, le personnel et les services communs de la Direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris. En raison de son histoire et de son statut iconique au sein de la police française, le 36 et ses services ont souvent été décrits dans des romans, des films et des séries télévisées. De nombreux films policiers mentionnent cette adresse, qui est également le titre du film français réalisé par Olivier Marchal en 2004.
Le commissaire Maigret, détective de fiction créé par l’écrivain belge Georges Simenon, avait son bureau au quai des Orfèvres.
Le 36, quai des Orfèvres apparaît dans le roman *Long Lost* de Harlan Coben.
*Quai des Orfèvres* est un film de 1947 réalisé par Henri-Georges Clouzot, avec Louis Jouvet, Simone Renant, Bernard Blier et Suzy Delair, adapté d’un roman de Stanislas-André Steeman.
Le 36, quai des Orfèvres est un film de 2004 réalisé par Olivier Marchal, avec Daniel Auteuil, Gérard Depardieu et André Dussollier, centré sur la rivalité entre la BRB et la BRI. Il s’inspire en partie d’événements réels survenus dans les années 1980.
La série policière *Engrenages* suit, entre autres acteurs du palais de justice, le travail et la vie de trois officiers de la 2ᵉ DPJ.
Dans le roman *Da Vinci Code*, la DCPJ est mentionnée comme le groupe ayant découvert la mort de Jacques Saunière et comme l’unité à laquelle appartiennent Sophie Neveu et Bezu Fache.
Le film *Polisse* met en scène la Brigade de protection des mineurs (BPM) et un photographe chargé de couvrir cette unité. Le film a remporté le prix du Jury au Festival de Cannes 2011.
Quel avenir pour le 36, quai des Orfèvres ?
Aucune destination officielle n’a été programmée pour le bâtiment. D’importants travaux de mise aux normes seront nécessaires – mais aucune programmation ni destination n’a été avancée pour fin 2021.