Grèves en France le 18 septembre – Pourquoi ? Solution

Grèves en France le 18 septembre, huit jours après les grèves du 10 septembre et dix jours après la chute du gouvernement Bayrou, n’est-ce pas un peu excessif ? Cette fois, c’est la CFDT qui a lancé l’appel, immédiatement suivie par les autres syndicats des transports. Il s’agit donc d’une grève organisée par les syndicats, et non pas via les réseaux sociaux comme le 10 septembre. Ils appellent à une grève nationale accompagnée de manifestations le 18 septembre pour protester contre les mesures d’austérité budgétaire proposées par François Bayrou, alors même que son gouvernement n’est plus en place.

En tant que touriste, pour en savoir plus sur les grèves en France, cliquez sur « Grèves en France : impact sur les touristes & perturbations des voyages à Paris ».

Quelles sont les revendications ?

Les revendications restent les mêmes, notamment de la part des fonctionnaires et des salariés du secteur public, principaux organisateurs de cette mobilisation : charge de travail excessive pour les agents publics, augmentation des salaires, reconnaissance, retraite à 60 ou 62 ans, etc. À titre d’exemple, voici les revendications du syndicat CGT-Services publics :

Quels secteurs seront les plus touchés par les grèves en France le 18 septembre ?

Il s’agit d’un appel unifié des syndicats, coordonné par l’intersyndicale nationale regroupant la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU et Solidaires, représentant 70 % des salariés syndiqués. Cela signifie avant tout que l’ensemble du pays et la journée du 18 septembre s’annoncent comme un mouvement massif et unitaire organisé par les syndicats.

Grèves en France le 18 septembre – transports

Les secteurs les plus touchés : transports, énergie, éducation, avec des niveaux de participation variables et des actions imprévisibles, qui concernent directement ou indirectement des entreprises nationalisées ou quasi-nationalisées. Cela aura donc un impact sur l’ensemble des secteurs (public et privé), avec des répercussions massives dans les transports et la fonction publique. La crainte est donc une paralysie quasi totale et la gestion d’un taux d’absentéisme élevé dans les services publics.

Conseils pratiques en cas de grève en France le 18 septembre

Grèves en France le 18 septembre – RATP

La raison principale de ces grèves à répétition : les horaires de travail

Toutes ces grèves ont pour dénominateur commun des niveaux de revenus. Mais pour augmenter les revenus – la richesse nationale à l’échelle du pays –, il faut travailler davantage. La France accuse un retard important par rapport aux autres pays européens et aux nations au niveau économique comparable.

Il faut cependant souligner que si les salariés ne travaillent que 1 660 heures par an, les travailleurs indépendants en effectuent plus de 2 100, soit 25 % de plus, avec le risque de faire faillite sans grande aide de l’État-providence, souvent pour des revenus plus faibles. Mais combien sont-ils ?

La deuxième raison de ces grèves : un mode de vie tourné vers les loisirs

Strikes-in-france-on-september-18th-sncf-on-strike

La deuxième raison de ces grèves tient sans doute au mode de vie largement tourné vers les loisirs adopté par une majorité de Français, ainsi qu’à leur manque de rigueur au travail. Les longues vacances, les jours fériés et les week-ends incitent à voyager, ce qui peut conduire à des dépenses excessives sans capacité d’épargne. Cela se traduit par une faible assiduité au travail (absentéisme pour maladie, justifié ou non, ou l’esprit occupé à préparer le prochain week-end) et un besoin de revenus complémentaires.

La troisième raison à l’origine de ces grèves : un État-providence pour certains

Depuis 1945, les Français vivent dans un environnement protégé où tout semble leur être dû : des dizaines de formes d’aides différentes, des activités subventionnées sans contrôle réel sur leur utilité, une sécurité sociale sous ses diverses formes. Par exemple, aucun Français ne peut vous dire combien coûte une visite chez le médecin ou une hospitalisation : toutes les dépenses sont directement prises en charge et ils ne voient jamais les factures correspondantes – ce qui leur donne l’illusion que c’est presque gratuit et les dispense de toute retenue ! Combien de tonnes de médicaments inutilisés sont jetées chaque année ?
Ce sont des coûts directs, mais ils nécessitent aussi une administration pléthorique : 30 millions de personnes en activité, dont 25 % travaillent dans la fonction publique (5,7 millions), avec un temps de travail annuel moyen de 1 632 heures et des salaires (2 527 € en 2022) bien supérieurs à la moyenne du secteur privé. Toute cette structure a un coût qui n’est plus en phase avec la richesse produite annuellement par la France.

Il faut aussi mentionner les 2,3 millions de chômeurs (7,5 % de la population active en 2024), ce qui signifie que non pas 30 millions de Français contribuent à la création de richesse, mais seulement 27,7 millions.

Sur tous ces sujets, il ne semble pas que les Français ayant manifesté le 18 septembre aient compris les propos du Premier ministre Bayrou, qui a démissionné le 8 septembre, lorsqu’il a déclaré à la télévision que la France produit 50 milliards d’euros de richesse par an, mais emprunte 150 milliards pour couvrir ses dépenses. Pourtant, ce sont des calculs simples que chacun peut comprendre.

Après les grèves en France du 18 septembre : la France peut-elle éviter le désastre qui s’annonce ?

Ce sera difficile, car les organisations et leurs dirigeants impliqués dans ces troubles sont trop bien structurés et profitent du chaos, devenu au fil des années leur gagne-pain. Le monde politique n’ose pas s’attaquer au vrai problème, à savoir le volume de travail en France, car cela serait très impopulaire (n’était-ce pas l’une des raisons de la chute du gouvernement Bayrou, l’élimination de seulement deux jours fériés ?)
Pourtant, les chiffres ne mentent pas : supposons que chaque Français en âge de travailler passe 10 % de temps en plus au travail (39 heures au lieu de 35), un simple calcul montre que la richesse produite en sept ans serait deux fois plus importante. Extrapolons sur cinq ou dix ans, et vous serez surpris ! Plus de déficit, plus de raison de faire grève à répétition, et tous les Français seraient plus détendus.

Prenons l’exemple des Pays-Bas. En 1953, une inondation venue de la mer a ravagé une grande partie du pays : 1 800 morts, 70 000 personnes évacuées, 4 500 habitations détruites et 50 000 autres bâtiments endommagés, sans compter les 200 000 hectares de terres submergées par des eaux atteignant par endroits 4,5 mètres, et les milliers d’animaux morts.
En 2021, le niveau de vie médian annuel était de 29 500 € aux Pays-Bas, contre seulement 23 100 € en France – soit 22 % de moins –, avec des prestations et une couverture santé au moins équivalentes à celles de la France.
Mais les Néerlandais ont travaillé dur pour reconstruire leur pays. Aujourd’hui, l’âge de la retraite est fixé à 67 ans, avec des ajustements dès 65 ans. Il serait donc plus constructif pour les Français de s’inspirer de ce pays plutôt que de bloquer le pays et de croire aux miracles.